Jean-François
Chelbowski (23 ans)
Cycle d’Ingénierie informatique,
EPSI (Ecole Supérieure en Ingénierie
Informatique), Arras
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Peux-tu retracer ton parcours depuis le
bac ?
- Après mon bac S, je me suis orienté
vers un DEUG MIAS (Mathématiques
et Informatiques Appliqués aux Sciences).
Cette formation, je l’ai trouvé
bien trop théorique et l’université
ne correspondait pas à ma vision
de la vie étudiante. Le DUT Informatique
de gestion (de Lille 1) m’a séduit
car l’informatique était le
seul domaine scientifique qui m’attirait.
Ensuite, je me suis inscrit, un peu par
hasard, à l’EPSI (Ecole privée
des sciences informatiques) à Arras.
Après des tests et un entretien,
ma candidature a été retenue.
L’ EPSI est une école d’ingénieur
spécialisée dans le domaine
de l’informatique.
> Pourquoi as-tu décidé
de t’orienter vers les métiers
de l’informatique ?
- Je n’ai pas forcément choisi
de m’orienter vers un métier
de l’informatique, mais vers une formation.
Après le DEUG MIAS, je cherchais
une formation scientifique pas trop théorique,
l’informatique s’est trouvée
être l’orientation qui me convenait
le mieux. En même temps, j’ai
toujours eu quelques atomes crochus avec
le domaine (sans pour autant être
plus doué qu’un autre). Lorsque
je suis rentré en DUT, puis en école
d’ingénieur, je ne savais pas
encore vraiment vers quel métier
j’allais m’orienter. Je ne connaissais
pas le cœur du métier et l’éventail
de professions possibles dans ce secteur
très vaste.
> Comment fait-on
pour intégrer une école d’ingénieur
après un IUT ?
- Il faut avoir une moyenne générale
convenable, autour de 13 à l’époque
de mon admission.
Il faut savoir que l’on donne une
importance à la moyenne de mathématiques.
Si les conditions sont réunies, on
peut alors passer des tests de logiques
et un entretien de motivation.
> Au cours de
tes études, as-tu eu des stages à
effectuer ?
- En deuxième année d’IUT,
j’ai fait un stage d’analyse
programmeur. Il m’a permis de travailler
sur un premier projet concret. J’ai
réalisé une application PHP
permettant de mesurer l’activité
de recherche, au CERIM (Centre d’étude
et de recherche en informatique médicale
de l’université de Lille 2).
J’y ai aussi appris le travail en
équipe.
En première année d’école
d’ingénieur, j’ai eu
du mal à trouver un stage intéressant.
J’ai donc pris ce que j’ai trouvé
! C’était à nouveau
un stage d’analyste programmeur.
Je me suis retrouvé seul pour développer
un intranet (PHP) de gestion des stocks
et de statistiques de vente pour la chaîne
de restauration qui est un milieu non informatique.
Ce stage m’a surtout permis de savoir
travailler de manière autonome
En deuxième année d’école
d’ingénieur, j’ai eu
la chance de trouver un stage intéressant.
Je l’ai fait chez Effect Software
pour l’environnement net. J’étais
chargé d’étude, conception
et développement d’un outil
pour des développeurs. Cet outil
était très technique pour
la gestion des bases de données.
J’ai acquis des connaissances à
tous les niveaux : technique, gestion de
projet et humain. Ce stage a été
bénéfique car mon maître
de stage était compétent et
connaissait bien son métier et les
contraintes de production. Mais aussi, car
l’autre stagiaire présent dans
la structure a su m’aider à
m’intégrer plus facilement
dans le projet.
> Comment se
présentent tes cours cette année
?
- L’année passe très
vite. Pas mal de cours et un gros projet
transversal à réaliser pour
une entreprise. Bref, on ne s’ennuie
jamais. En même temps, il faut trouver
des moments de libres à consacrer
à la recherche de stage, tâche
qui s’avère toujours très
difficile.
On a une formation très généraliste
en informatique. On touche à tous
les domaines : management de projet en informatique,
le génie logiciel (méthode
(RUP,XP), normes ( ISO, CMM), architecture
et conception logicielle (étude des
design patterns), etc.), les réseaux
(télécommunication, Wifi,
Framerelay), le marketing informatique,
le système (SAS), l’intelligence
artificielle (réseaux neuronaux).
A côté de ces cours, on fait
également du droit (généraliste
et lié à l’informatique)
et de l’anglais (préparation
au TOEIC : Test Of English for International
Communication)
> Quelles sont
tes perspectives d’avenir ?
- Au début, je serai certainement
Ingénieur d’étude (développeur)
mais ensuite, j’aimerai être
architecte-concepteur logiciel et pour finir
chef de projet en informatique.
J’aimerais intégrer une entreprise
me permettant d’atteindre un bon niveau
technique en travaillant sur des plateformes
de développement différentes
pour mes premières années
(2 à 5 ans).
Par la suite, un poste de chef de projet
junior m’intéresserait fortement,
mais pour cela, il me faudra avoir une certaine
expérience, des compétences
en gestion de projet et en management. Un
savoir-faire et un savoir-être sont
indispensables pour progresser au sein de
l’entreprise, j’espère
pouvoir développer cet ensemble grâce
à mes premières expériences
professionnelles.
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Julien
Rogeau (22 ans)
Etudiant ingénieur l’ISEN,
à Lille, en quatrième année.
> Quel est ton
cursus scolaire jusqu’à présent
?
- Après avoir obtenu mon BAC S, j’ai
intégré le cycle prépa
de l’ISEN. Pour y entrer, mon dossier
a été examiné et j’ai
dû passer le concours FESIC (Fédérations
d’Ecoles Supérieures d’Ingénieurs
et de Cadres).
> Combien de
temps doit durer ta formation ?
- Toute formation d’ingénieur
présuppose 5 ans d’études
après le BAC. Après, si on
le souhaite, on peut rédiger une
thèse, et valider un BAC +7…
Je laisse ça aux autres !
> Comment se présentent tes cours
cette année ?
- Tout d’abord, des cours magistraux
abordent des matières comme l’informatique,
la physique quantique ou la transmission
de signal ; ils ont lieu en amphi pour toute
la promo...
Ces matières font l’objet d’exercices
pendant des TD, en petits groupes (une grosse
vingtaine d’étudiants).
Dès la quatrième année,
on peut choisir une « unité
d’ouverture », qui équivaut
à une option.
Le choix est plutôt varié,
de la réalisation d’un court-métrage
à la relativité restreinte
et générale, ou le network
programming… On opte également
pour plusieurs unités d’approfondissement
qui peuvent s’apparenter à
une spécialisation. Au premier semestre
de cette année, nous avions le choix
entre électronique et informatique.
Après, le nombre de matières
s’élargit.
La quatrième année est aussi
l’occasion de mener un projet d’envergure,
dont on choisit le sujet et auquel on consacre
pas moins de 300 h de travail. Le projet
de notre équipe est le suivant :
réaliser un annuaire suivant le protocole
LDAP pour le campus numérique de
l’ISEN. La finalité de ces
projets est qu’ils soient bel et bien
utilisés et non pas conçus
pour les oubliettes.
Niveau horaires, les semaines varient entre
35 et 40 h de cours. La difficulté
générale est, il est vrai,
assez élevée et la somme de
travail conséquente. Toutefois, ça
ne doit pas empêcher une personne
motivée de se lancer. Tout ce qu’il
faut, c’est se donner les moyens.
> Pourquoi avoir
choisi cette voie ?
- En terminale, je n’avais pas vraiment
d’idée particulière.
Je trouve qu’on était très
mal renseigné niveau orientation.
A l’époque, je me suis dit
qu’après un BAC S, les deux
voies les plus courantes qui s’ouvraient
à moi étaient soit la médecine,
soit la prépa ingénieur. Et
comme j’étais certain de ne
pas vouloir me lancer dans la médecine…
Il me restait maintenant à trouver
une école.
J’ai envoyé plusieurs dossiers
de candidatures : à l’ICAM,
à l’ISEN et à HEI. J’ai
été accepté dans les
trois. Si j’ai choisi l’ISEN,
c’est pour sa prépa intégrée.
Les profs connaissent les points sur lesquels
ils doivent insister et ceux sur lesquels
il n’est pas forcément idoine
de s’attarder plus que de raison.
De plus, les spécialisations de l’ISEN
(informatique et électronique) correspondaient
à mes goûts et mes envies.
> Dois-tu effectuer
des stages durant ta formation ?
- Oui, il y en 4 en tout, inclus dans la
formation mais à effectuer en dehors
des cours…c’est-à-dire
pendant les vacances d’été...
Le premier stage est un « stage d’encadrement
». Il a lieu durant la première
année et la plupart des étudiants
occupent un poste d’animateur dans
un centre aéré pendant une
quinzaine de jours. C’est un bon moyen
d’apprendre à se faire respecter.
Le deuxième stage clôt le cycle
prépa.
Il s’agit d’un stage ouvrier
d’une durée d’un mois.
J’ai pour ma part travaillé
à la chaîne dans une entreprise
de meuble en kits où j’étais
chargé de mettre les différentes
planches et autres paquets de vis dans les
cartons. On traitait jusqu’à
2 000 cartons par jour et les planches pouvaient
peser 5 kilos ou plus…Ce stage m’a
permis de me rendre compte de la difficulté
des tâches : ce fut une expérience
douloureuse pour mes bras ! En quatrième
année, on passe au « stage
d’application » qui en théorie
doit nous permettre d’appliquer durant
3 à 4 mois nos connaissances dans
le monde du travail. Le dernier stage correspond
à un stage d’ingénieur
d’une durée de 6 mois (il remplace
cette les cours du second semestre, ouf
!) et débouche souvent sur la première
embauche.
> As-tu déjà des cours
liés à ton métier ?
Es-tu déjà spécialisé
?
- Oui, les cours d’informatiques sont
logiquement liés avec ce que je pourrais
rencontrer plus tard, mais il est certain
que je ne me servirai pas de tout ce que
j’ai appris et que je ne connais pas
tout ce qu’on peut trouver dans une
entreprise. Quant à la spécialisation,
je dirais que oui également. En effet,
les options et les unités d’approfondissements
que j’ai pu suivre au cours de mon
cursus ne font pas de moi un ingénieur
généraliste. Cependant, malgré
la spécificité de mon parcours
basé sur l’informatique, je
dois être, en théorie, capable
d’être opérationnel en
électronique.
> Quels conseils
donnerais-tu à un jeune lycéen
qui souhaite se lancer dans le cycle ingénieur
?
- Je lui dirai de ne pas se fier à
sa moyenne de maths ou de physique du lycée.
Même si on a 13, il ne faut pas se
dire qu’on ne réussira pas
en école d’ingénieur,
puisque tout est abordé sous un angle
différent et de façon plus
approfondie. Par ailleurs, je le préviendrais
qu’il doit être prêt à
travailler, travailler et travailler. En
prépa, il est très fréquent
d’inaugurer sa moyenne par une note
calamiteuse (4/20 en ce qui me concerne)
en DS de maths. Ca fait un choc par rapport
au lycée où sans bosser excessivement
on peut obtenir de bons résultats.
Là, on comprend vite qu’il
va falloir se donner à fond. Mais
je pense que le jeu en vaut la chandelle
et que plus tard, je ne regretterai pas
mon investissement.
> Quelles sont les qualités nécessaires
pour exercer le poste d’ingénieur
?
- Faculté d’adaptation, culture
et intérêt scientifique, autonomie,
bonne connaissance de l’anglais, ambition
et confiance et soi.
> Quelles sont
tes perspectives d’avenir ?
- Très difficile à dire !
L’ingénieur est une personne
amenée à changer de poste
voire d’entreprise au moins 5 fois
durant sa carrière. Quand on ajoute
à cette mobilité le fait que,
dans l’univers informatique, tout
évolue extrêmement rapidement,
je suis incapable de vous dire où
je serai dans 20 ans. Wait and see.
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