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Thomas M.
Archéologue dans l’âme
Jeune Bullois
de 25 ans, Thomas M. va publier son
mémoire de licence en archéologie
classique dans une maison d’édition
allemande réputée. Rencontre
avec un gars ambitieux et profondément
passionné par un métier
mal connu.
| De
politique, de football, de peinture
ou de philosophie, Thomas M. n’attend
pas la première question
pour parler ou provoquer son voisin!
Aujourd’hui, ce passionné
du monde s’apprête
à publier son mémoire
de licence dans une maison d’édition
allemande réputée.
Depuis sa tendre enfance, il est
passionné d’archéologie.
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Un métier
difficile et complexe que le jeune
Gruérien vit au quotidien,
sur le terrain, contre vents et marées.
«Pour moi, l’archéologie
est plus qu’un métier,
c’est un état d’esprit
qui anime mon être depuis fort
longtemps.»
La barbe de cinq jours, les cheveux
longs, les vêtements résolument
noirs: un look qui lui sied à
merveille. «Mon éveil
à l’archéologie
date de l’école primaire,
lorsque j’ai vu pour la première
fois la page de garde du livre d’histoire,
qui illustrait une fouille. L’intérêt
est devenu certitude dès la
sixième, après une visite
du service archéologique cantonal.»
Depuis, il sait qu’il sera archéologue.
C’est alors l’école
secondaire, puis le collège
en section latin-grec, à Bulle,
enfin, la Faculté des lettres
de l’Université de Genève.
«J’ai choisi l’archéologie
classique en branche principale, puis
l’histoire de l’art et
une langue ancienne, l’akkadien,
qui complétait le latin et
le grec étudiés au collège.»
Les vacances
en grattant !
Alors que certains passent leurs vacances
à la poste ou à la Migros,
Thomas M., lui, travaille sur les
chantiers archéologiques. «J’ai
commencé à fouiller
l’été de mes seize
ans, à Arconciel, dans une
nécropole gallo-romaine. Je
devais y travailler trois semaines
et j’y suis resté durant
toutes les vacances!» Cette
expérience sera la première
d’une longue série qui
le confortera dans une idée
bien à lui: «L’archéologie
ne peut révéler son
véritable visage que dans la
pratique respectueuse de la fouille
sur le terrain et de la recherche
en bibliothèque. Malheureusement,
la tradition exige souvent que l’on
méprise l’un au profit
de l’autre.» Durant ses
années-collège, il passe
son temps sur des sites fribourgeois
(Bösingen, Villaz-Saint-Pierre,
Grandvillard notamment). Puis, des
bancs de l’Université,
il est catapulté sur le pourtour
méditerranéen. «Grâce
à certaines connaissances et
au bouche à oreille, j’ai
eu l’opportunité de travailler
à plusieurs reprises pour les
prestigieuses Surintendances de Naples
et Caserta, Pompei et Ostie, sans
oublier une saison en Carie, sur la
côte occidentale de la Turquie.»
Après cinq années d’université,
le Bullois couronne sa passion par
un mémoire de licence sur «l’étude
d’une tombe et de son matériel
funéraire exhumés lors
d’une fouille d’urgence
dans une nécropole de Métaponte
en Italie méridionale. Un accent
tout particulier a été
posé sur une vingtaine de fragments
de céramique qui composaient
jadis un cratère monumental,
utilisé comme marqueur de tombe
et décoré d’une
scène mythologique exceptionnelle».
Mais que cherche-t-il au fond d’un
vase ancien? «L’énigme
sans cesse posée par les “vieux
cailloux” et les beaux objets
excite toujours mon intérêt
d’archéologue, mais c’est
avant tout la quête de la connaissance
de l’homme dans son milieu qui
attise ma passion.»
Thomas M. avoue qu’il «regrette
un peu le manque d’initiative
à l’échelle nationale
pour la recherche archéologique»,
lui qui revient toujours avec enthousiasme
dans la Gruyère de sa jeunesse.
Pour preuve, il aime «autant
connaître l’impact des
échanges commerciaux dans la
vallée de l’Intyamon
durant le premier millénaire
av. J.-C., que la rurbanisation de
la colonie d’Ostie». Le
jeune archéologue constate
que la Gruyère cache autant
de richesses que les grands pays de
l’Histoire. Mais «face
à l’explosion urbanistique
et la puissance des machines de chantier,
il est indispensable de prendre une
décision: sauvegarder notre
exceptionnel patrimoine archéologique
ou le perdre à jamais».
Nicolas Wyssmüller
Fiche métier
de l' Archéologue
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