Youcef
B. (24 ans)
Etudiant en STAPS (depuis 2000)
Société: Faculté
des Sports de Lille 2 |
 |
> Jusqu’à maintenant,
quel cursus as-tu suivi ?
- Et bien, j’ai obtenu un Bac
scientifique, puis, je suis parti un
an en DUT de chimie. Cette année
ne m’a pas plu et j’ai donc
décidé de ne pas continuer
et de me réorienter. Je me suis
donc inscrit à la Fac des Sports,
à Lille 2, en DEUG de STAPS.
J’ai obtenu le DEUG, la Licence
et cette année, j’étais
en Master. En même temps, j’ai
passé le concours pour devenir
professeur d’EPS (CAPEPS). Malheureusement,
je n’ai pas eu la moyenne requise
aux écrits pour pouvoir me présenter
aux oraux. |
 |
>
Pourquoi ce choix d’aller en STAPS,
après un DUT de chimie ?
- Comme je l’ai déjà
dit, le DUT ne me plaisait pas. Si j’ai
choisi d’aller en STAPS, c’était
avant tout pour arrêter cette formation
scientifique. En Fac des Sports, j’ai
eu ma première année de DEUG,
sans me tuer au travail. Petit à
petit, je m’y suis senti bien, donc,
j’ai continué. Les stages ont
confirmé le fait que j’avais
fait le choix d’une filière
qui me correspondait. De plus, faisant de
l’animation, depuis un certain temps,
les facilités que j’ai avec
le public adolescent ont peut-être
contribué à la confirmation
de mon choix d’orientation.
> Quels stages
as-tu eu à effectuer ?
- Depuis ma première année,
j’ai dû faire cinq stages, tous
obligatoires et inscrits dans le cursus.
Pour chaque, nous étions deux, avec
une classe à notre charge, et, chacun
notre tour, nous dispensions les cours d’EPS
aux élèves.
En première année de DEUG,
j’ai donc enseigné l’escrime
à une classe de primaire pendant
4 séances. En deuxième année,
j’avais les classes de CM1 et CM2
d’une école primaire de Templemars.
En Licence, j’ai effectué deux
stages. D’abord, durant un semestre,
à l’école primaire Viala,
dans le quartier de Wazemmes. Avec mon binôme,
nous avons dispensé des cours de
hockey en salle à une classe de CM2.
Mon autre stage avait lieu au collège
Debeyre, à Loos, où j’étais
chargé des cycles lutte et rugby,
pour une classe de 6e. Enfin, cette année
(en Master – 1re année), j’étais
au collège Carnot, à Lille,
et pendant 4 mois, j’ai fait faire
de la course de durée (NDLR : endurance),
à des classes de 4e et de 5e.
> Et, au niveau
de ton emploi du temps, comment se présentait-il,
cette année ?
- Nous avions toute liberté dans
le choix de notre stage. Celui-ci avait
lieu un après-midi par semaine, au
sein de l’établissement que
nous avions choisi. Sinon, toute la première
partie de l’année était
consacrée à la préparation
aux écrits de CAPEPS. D’une
part, avec des cours magistraux à
la Fac, et d’autre part avec des TD,
le mercredi (écrit 2 le matin et
écrit 1 l’après-midi).
En plus de cela, nous avions également
6 cours d’IUFM (Institut Universitaire
de Formation des Maîtres), où
tous les STAPS de la région étaient
rassemblés. Ces cours se déroulaient
alternativement au sein des sites de formation
de l’IUFM du Nord Pas-De-Calais (Arras,
Lille, Douai, Calais…).
Après les écrits (en février),
nous avons eu des cours pour nous préparer
aux oraux. De plus, comme les épreuves
pratiques du CAPEPS se font aussi durant
les oraux, nous avons, de nouveau, eu des
cours de pratique sportive, en foot, lutte,
natation, gym (sol) et athlétisme
(lancé de poids).
> Quelles sont,
pour toi, les qualités requises pour
être un bon prof d’EPS ?
- Aujourd’hui, en Fac, on favorise
l’apprentissage théorique.
Mais il faut bien avoir conscience que,
dans cette profession, la pratique est très
importante. Pour moi, un bon prof doit avoir
de la présence. Il doit savoir poser
des limites, se faire respecter et montrer
qu’il n’est pas le copain des
élèves, même si ceux-ci
ont l’impression que, quand ils vont
en EPS, ils ne vont pas à un vrai
cours. Bien sûr, en tant que prof,
on doit également faire preuve de
pédagogie, pour savoir montrer que
le sport n’est pas qu’un loisir.
On doit en montrer l’utilité,
pour que l’élève, ensuite,
puisse pratiquer sans la présence
d’un prof.
Je ferais également un cas particulier
pour ceux qui seraient amenés à
enseigner en ZEP (Zone d’Education
Prioritaire). Le sport va être, là,
un moyen de travailler sur la citoyenneté,
sur soi.
Par la pratique d’une discipline comme
la boxe, on va leur apprendre à se
contrôler, à connaître
les limites. On va aussi travailler sur
la sécurité et l’intégrité
physique, en montrant les risques encourus
lorsqu’on pratique un sport n’importe
comment.
> Et que conseillerais-tu
aux étudiants qui voudraient aller
en STAPS ?
- Il faut de la volonté… surtout
maintenant. Avant, le plus dur c’était
d’y entrer, car il y avait un concours
qui était vraiment difficile. Aujourd’hui,
il n’y a plus aucun problème
pour intégrer la filière STAPS,
mais ce qui est compliqué, c’est
d’en sortir en ayant le CAPEPS. Il
faut donc se donner à fond, car on
ne prend que les meilleurs. Il faut faire
attention aussi en entrant à la Fac,
on peut rapidement dévier, car on
est tenté de sécher certains
cours qui paraissent barbants et inutiles
pour l’année en cours.
C’est une erreur. Il est très
important de prendre tous les cours, car
ils servent tous lorsqu’on passe le
CAPEPS. Cependant, il faut savoir que STAPS
ne mène pas qu’à une
carrière de prof d’EPS. Il
existe d’autres filières, comme
éducateur sportif travaillant avec
des handicapés ou encore, management
du sport et événementiel sportif.
Les stages sont aussi là pour t’aider
à te décider sur ton orientation.
Et la dernière chose que j’ai
envie de dire, c’est qu’il ne
faut pas croire qu’être prof
de sport, ça se limite à lancer
un ballon aux élèves et à
les regarder jouer. C’est très
compliqué, car, à la différence
des autres carrières professorales,
à la théorie s’ajoute
la pratique.
> Comment envisages-tu l’avenir
?
- Etant donné mon échec, cette
année aux écrits du CAPEPS,
je compte repasser le concours l’an
prochain. Cette fois, je passerai le CAPEPS
externe, mais aussi l’interne, car
mes années en tant qu’animateur
en mairie me donnent le droit de passer
les deux. Ainsi, je double mes chances de
réussite à l’examen
et de devenir prof. Si je ne réussis
pas, malgré tout, alors je pense
que je me lancerai dans une carrière
sociale.
Avec mon BAFD (Brevet d’Aptitude à
la Fonction de Directeur), je peux travailler
au sein d’un service jeunesse de mairie.
> Pour terminer, peux-tu nous dire ce
que tu penses des réformes actuelles
de l’Education nationale ?
- Je pense que tout ça est une question
d’argent. Aujourd’hui, l’Etat
cherche à réduire ses dépenses,
or l’Education nationale est son deuxième
plus important budget. Pour diminuer les
coûts, ils veulent supprimer des postes
et les remplacer par des maîtres auxiliaires
et des éducateurs sportifs. Ces derniers
font plus d’heures, n’ont pas
les vacances comptabilisées et sont
donc payés moins.
Fiche métier
du Professeur
d' EPS
--------------------------------------------------------------------------------------------------
Sébastien
L. (21 ans)
Etudiant en STAPS (Licence)
Société: Faculté des
Sciences et Techniques des Activités
Physiques et Sportives (STAPS), Liévin
> Quel est ton cursus scolaire depuis
l’obtention du Bac ?
- Après le Bac, je suis entré
directement en première année
de Deug car c’est une orientation
que j’ai toujours voulu faire, la
question ne s’est donc pas posée.
Puis, j’ai poursuivi en deuxième
année de Deug. Actuellement, j’attends
les résultats de licence pour accéder,
l’année prochaine, en PLC 1
et préparer le CAPEPS (concours de
professorat d’EPS).
> Comment se
sont présentées tes trois
années universitaires ?
- En Deug, j’ai étudié
des matières généralistes
et d’autres plus spécialisées
telles que la sociologie du sport, la biomécanique,
la condition physique, la physiologie, l’anatomie,
l’apprentissage moteur ou encore la
psychologie de l’enfant et de l’adolescent.
En deuxième année de Deug,
on a le choix entre deux modules d’orientation
: gestion et management du sport ou éducation
motricité.
Cette spécialisation est intéressante
car elle permet d’étendre et
d’enrichir ses compétences
dans un domaine précis. Personnellement,
j’ai opté pour la licence éducation
motricité car c’est la spécialisation
qui répond le mieux à mes
aspirations professionnelles.
> Plus particulièrement,
comment se passe l’année de
la Licence ? Quelles ont été
les différentes matières enseignées
?
- Cette année, j’ai eu des
cours d’histoire et de sociologie
du système éducatif, de psychologie,
d’anglais, d’info, de physio
et d’autres matières plus concrètes
telles que l’apprentissage moteur,
la pédagogie didactique ou encore
l’éducation physique scolaire.
La licence commence aussi à nous
préparer au CAPEPS par des cours
de méthodologie des écrits
et d’épistémologie (étude
critique sur l’histoire de l’EPS).
> As-tu eu des stages ou des expériences
sur le terrain qui ont pu te permettre de
découvrir réellement le métier
?
- Dans le cadre de la formation, j’ai
effectué deux stages de 50 heures,
l’un en deuxième année
et l’autre en licence. J’ai
réalisé mon premier stage
à l’école primaire Jean
Macé de Liévin.
J’étais chargé d’encadrer
une classe de CP (enfants de six, sept ans)
dans le cadre d’interventions ponctuelles
en GRS. Mon second stage s’est déroulé
au collège Jean Zay de Lens. C’était
un stage d’observation qui m’a
beaucoup enrichi car il m’a appris
les bases de la relation enseignant/enseigné.
J’ai donc pu analyser les divers comportements
des élèves d’un point
de vue moteur, affectif et relationnel.
J’ai également appris à
inculquer des principes aux enfants tels
que l’entraide, la solidarité
et le respect pour les faire progresser
et arriver aux finalités pédagogiques
et éducatives.
> Hormis ces
stages, as-tu eu d’autres expériences
professionnelles au contact d’enfants
?
- En juillet 2003, j’ai eu l’opportunité
par mon club d’athlétisme,
d’encadrer des jeunes de 6 à
15 ans du centre de loisirs de Liévin.
J’étais chargé d’organiser
des minis compétitions (60 m, 400
m, lancé de poids, triple bond et
une course de relais) au parc de Rollencourt.
Sinon au mois de février j’ai
fait un stage pour acquérir le diplôme
d’animateur régional et pour
avoir une première expérience.
Je suis intervenu en centre de loisirs pour
encadrer des jeunes de six à treize
ans.
> D’après
ton expérience, quels sont les avantages
et les inconvénients du métier
de professeur d’EPS ?
- Les avantages sont quand même bien
nombreux ! C’est un travail non stressant
car il se déroule à l’extérieur,
c’est aussi un métier qui procure
une certaine liberté, avec des horaires
souples même si le prof d’EPS
est toujours moins reconnu que les autres
profs. Mais ce qui me plaît avant
tout c’est d’avoir une certaine
liberté professionnelle et d’être
au contact d’enfants. C’est
également valorisant de mesurer les
progrès des élèves
au fil des semaines et d’arriver à
atteindre ses objectifs.
> Quels conseils pourrais-tu apporter
à un étudiant qui souhaiterait
suivre ta voie ?
- D’être bien sûr d’aimer
les enfants et de pouvoir s’adapter
constamment à chaque personnalité.
Je lui dirais aussi que c’est un métier
qui nécessite un minimum d’autorité
pour recadrer les élèves.
> Quelles sont
les principales qualités à
avoir pour être un « bon »
professeur d’EPS ?
- Il est évident qu’il faut
avant toute chose avoir une certaine endurance
physique et être sportif. De toute
façon, en Deug il y a environ une
dizaine d’heures de sport par semaine
et une obligation d’être inscrit
en club.
Sinon, professionnellement, il faut savoir
maîtriser ses émotions, avoir
du sang froid et ne pas se laisser déstabiliser
par les imprévus. De plus, il est
nécessaire d’être très
patient, attentif et pédagogue pour
savoir adapter les exercices à chaque
élève.
> Quelles sont
tes perspectives d’avenir si tu n’arrives
pas à avoir le concours dès
la première année ?
- Je recommence pour le retenter ! Cela
fait maintenant dix ans que je souhaite
être professeur d’EPS, ce n’est
pas si près du but qu’il faut
abandonner ! Mais au cas échéant,
avec la réduction des postes, je
pourrais déjà enseigner avec
la licence dans le privé et au bout
de trois ans, je pourrai passer le concours
en interne.
|