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GRUYÈRE Les bastions mâles
tombent
Une peintre en carrosserie
| Orienta,
le symposium pour choisir un métier,
est l’occasion pour les adolescentes
de découvrir cette semaine des
métiers exercés jusqu’ici
par des hommes. L’exemple de Jessica
G., apprentie peintre en carrosserie. |
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«Etre habile de ses doigts, sûre
de soi, avoir de la finesse pour assurer
les travaux de ponçage, masti-cage
et le giclage de la peinture. Et, tout de
même, un peu de force.» C’est
ainsi que Jessica Guillaume définit
les qualités indispensables pour
décrocher un CFC de peintre en carrosserie.
Pour la Bulloise, aux yeux gris-bleu-vert,
cette formation s’est imposée
à elle deux semaines avant la fin
de sa scolarité obligatoire.
«J’ai déposé plusieurs
fois ma candidature pour faire un apprentissage
d’employée de commerce, mais
je n’ai jamais reçu de réponse!
Cela dit, je ne me voyais pas vraiment dans
un bureau, travailler avec d’autres
femmes», explique l’ado de 1,68
m qui a les ongles soignés et n’a
pas peur de se salir les mains. «Pourvu
qu’elles soient propres quand je sors
le soir ou le week-end», dit la jeune
femme qui aime faire du vélo, de
la nage ou du ping-pong.
«Jess», comme la surnomment
les cinq autres employés de la carrosserie
Berset, à La Tour-de-Trême,
assure bien son choix: «Comme je suis
trilingue (je parle le français,
le suisse allemand et l’espagnol),
maman voulait que je fasse autre chose.
Mon papa, qui est ingénieur en informatique
à l’aérodrome de Payerne,
m’a laissé choisir. C’est
important pour lui que j’apprécie
ce que je fais.»
A 16 ans, Jessica fait preuve d’une
grande maturité, s’enthousiasme
son patron Didier Berset. Elle est la première
jeune femme qu’il engage comme apprentie:
«Je n’ai pas hésité
une seconde. Je la trouve très propre
dans son travail. Elle est fignoleuse. Elle
m’a présenté de bonnes
notes. Ce qui est rare dans le métier,
même si ça change. La profession
de peintre en carrosserie a évolué
depuis vingt ans. Il faut travailler avec
l’informatique, mais aussi avec des
produits complexes, car le nombre des couleurs
a considérablement augmenté.»
Avoir une carrosserie
L’introduction de machines a aussi
rendu le travail moins physique, dit encore
Didier B. qui, pour la première fois
cette année, a dû refuser la
candidature de cinq écoliers qui
voulaient faire un apprentissage chez lui:
«On peut commencer à faire
la fine bouche. C’est nouveau dans
notre profession.»
La passion de Jessica G. pour cette profession
n’est de loin pas une rareté:
elle suit les cours tous les mercredis,
à l’Ecole professionnelle de
Fribourg, avec trois autres jeunes femmes.
L’une de ses collègues vient
de Charmey.
«Jess» a bien roulé sa
bosse jusqu’ici: après avoir
vécu deux ans en Suisse alémanique
avec sa maman Ellena et quelques années
en Argentine, elle a terminé son
école primaire à Yverdon-les-Bains
et accompli son école secondaire
à Bulle. Ce petit bout de femme a
un rêve: rester en Suisse pour reprendre
la carrosserie de son oncle Patrick, installé
à Villaz-St-Pierre. Quand? «Dans
quelques années», lâche-t-elle,
déterminée.
Ce jeudi, à 20 h, aula du CO de la
Gruyère, à Bulle, débat
public organisé dans le cadre d’Orienta
sur «La formation professionnelle
aujourd’hui». Avec la participation
de représentants des milieux économiques,
politiques et de l’enseignement
Christophe Schaller
Fiche métier
du Peintre
en carrosserie |