Marion
D.
Doctorante en psychologie (Lille III)
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> Comment as-tu
décidé de t’orienter
vers la psychologie ?
- Je viens d’un bac scientifique.
Je ne voulais travailler ni dans le commerce,
ni dans l’économie. Concrètement,
j’avais eux choix en sortant du lycée
: médecine ou psycho. J’étais
un peu réticente à l’idée
de faire des études de psychologie,
mais lors de la pré-rentrée,
les professeurs nous ont expliqué
que la démarche scientifique avait
une grande importance dans ce cursus, alors
je me suis lancée. Ensuite, c’est
en troisième année de licence,
quand j’ai dû rédiger
mon premier mémoire, que j’ai
eu un déclic pour la recherche.
> Comment se
passe le quotidien d’un doctorant
?
- Quand on est doctorant, on appartient
à un laboratoire de recherche. Pour
moi, c’est Ureca (Unité de
recherche sur l’évolution du
comportement et l’apprentissage).
Dans ce laboratoire, les doctorants doivent
venir travailler à l’université.
Bien sûr, je n’ai aucune obligation
de présence, mais je m’oblige
à une certaine discipline et j’y
suis du lundi au vendredi.
Le travail de recherche procède par
étapes. D’abord on prépare
et on mène les expériences,
puis on analyse les résultats. Parallèlement,
on prépare les colloques et on rédige
des articles. Mais c’est aussi beaucoup
de tâches administratives.
Pour ce qui est des colloques, qu’ils
soient nationaux ou internationaux, on soumet
son projet de recherche et s’il correspond
au thème étudié, on
s’y rend. Sinon, il y a aussi des
réunions d’équipes,
des séminaires de laboratoire…
> Certains doctorants
ont une charge de cours, c’est ton
cas ?
- Oui, j’assure des cours de psychologie
de l’enfant à des étudiants
en langue qui suivent le parcours EPL (enseignement
précoce des langues). Je donne également
des cours de statistiques aux étudiants
de psychologie. L’enseignement me
plaît, j’ai envie de transmettre
quelque chose de bien aux étudiants.
> Comment vis-tu
ton doctorat ?
- Mon point de vue est subjectif, bien sûr.
En fait, je le vis comme une épreuve
supplémentaire dans ma vie. Faire
une thèse, ça apporte à
la fois une rigueur méthodologique
et un esprit de synthèse. Je n’ai
pas d’objectifs précis pour
l’ « après-thèse
». Je cherche avant tout à
m’enrichir d’un point de vue
personnel, à acquérir une
certaine crédibilité dans
ce domaine.
Les doctorants d’aujourd’hui
doivent bien comprendre que ce ne sera pas
simple. Quand tu sors de trois ans de thèse,
il faut encore passer des « qualifs
», des « post-docs » et
enchaîner sur des petits contrats
et des postes d’ATER. Notre génération
n’est pas dans la bonne mouvance.
Heureusement que je ne mise pas tout sur
la recherche, parce que je serais malheureuse.
Il ne faut pas avoir de faux espoir…
Pour être un thésard heureux,
il faut prendre du recul.
> Justement,
quelles sont les qualités essentielles
pour se lancer dans une thèse ?
- Une bonne capacité à pouvoir
travailler seul, être dynamique et
avoir un esprit ouvert. Il est également
important d’être très
consciencieux parce qu’on est véritablement
livré à soi-même. Et
puis je dirais aussi qu’il faut être
spontané dans ses rapports aux autres,
ne pas faire trop de calculs.
> Que dirais-tu
à quelqu’un qui voudrait, comme
toi, se lancer dans une thèse ?
- D’être sûr d’avoir
les reins assez solides. La thèse,
c’est quelque chose que tu as tout
le temps à l’esprit. Tu ne
peux jamais couper réellement. C’est
comme être un chevalier qui part dans
une quête de trois ans. Le doctorat,
c’est notre Graal.
A côté de ça, il ne
faut pas hésiter à s’informer
sur les possibilités de bourses publiques
ou privées. Il y a des entreprises
qui financent certains sujets. Quand je
dis qu’il faut prendre du recul pour
bien vivre sa thèse, c’est
aussi parce que je bénéficie
d’une allocation. C’est beaucoup
plus compliqué de prendre de la distance
quand on se finance seul.
Et, pour finir : l’anglais, l’anglais,
l’anglais ! Même pour quelqu’un
qui a toujours été bon en
cours, ce n’est pas assez. N’hésitez
pas à faire un stage ou passer une
année à l’étranger
!
M.I
Fiche métier
du Psycholoque
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