Marion
Loyer (23 ans)
Etudiante en design (depuis 3 ans)
Société: Ecole Saint Luc
Belgique
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Peux-tu nous expliquer tes études
?
- « Je suis actuellement en 3e année
de stylisme d’objet à l’école
Saint Luc à Tournai, en Belgique.
Je me destine à un métier
de designer d’objet. A la fin de l’année,
je serai diplômée comme styliste
d’objet. Je devrai alors effectuer
une spécialisation de deux ans pour
obtenir le statut de designer. Dans cette
profession, il existe de nombreux domaines.
Pour ne citer que quelques exemples, on
peut créer des jouets d’enfants,
des chaises, des lampes… »
> Pourquoi as-tu
choisi de faire tes études en Belgique
plutôt qu’en France ?
- « En fait, je suis mes études
en Belgique pour plusieurs raisons. Tout
d’abord, même si Saint Luc est
une école privée, je ne paye
que 800 € par an alors qu’en
France la scolarité s’élève
minimum à 5 000 € et peut monter
jusque 30 000 € par an. Ensuite, même
s’il existe une école similaire
à Roubaix, les études sont
sensiblement différentes puisque
surtout ciblées sur l’aménagement.
Saint Luc reste également une école
réputée pour sa créativité.
On est amené à développer
notre imagination et à travailler
sur de nombreux projets alors qu’en
France, les études sont davantage
axées sur le design industriel.
Enfin, le rapport avec les professeurs n’est
pas le même qu’en France. On
crée plus facilement des liens, ce
qui nous permet de pousser davantage nos
recherches et de discuter de sujets différents.
Je pense qu’on a plus de conseils
qu’en France de la part des professeurs.
»
> Quels sont,
selon toi, les inconvénients de suivre
ses études en Belgique ?
- « Sans hésiter, la route.
J’habite à Lille et j’ai
une heure de trajet aller retour en voiture
tous les jours. Les frais d’essence
ne sont pas donnés sans compter les
embouteillages et le parking. Pour la petite
anecdote, à passer son temps en Belgique,
on attrape les expressions et l’accent
belge. »
> Où
comptes-tu exercer quand tu auras décroché
ton diplôme ? Rencontres-tu des problèmes
pour obtenir des équivalences en
France ?
- « Le problème ne va pas se
poser pour l’instant car je souhaite
rester en Belgique. Je ne demanderai donc
pas mon équivalence en France. En
fait, je souhaite devenir professeur. Pourquoi
pas commencer ma carrière à
Saint Luc. J’aime beaucoup l’ambiance
que je ne pense pas trouver ailleurs. J’entamerai
peut-être plus tard les deux ans de
spécialisation.
Néanmoins, pour les équivalences,
je ne devrais pas rencontrer de problèmes.
Avec la réforme LMD et la renommée
de l’école, je suis pratiquement
certaine de les décrocher. De toute
manière, ce n’est pas le diplôme
qui compte mais la renommée de l’école.
Je trouverai plus facilement du travail
en jouant la carte de Saint Luc que celle
du diplôme. »
> Depuis la
rentrée, une nouvelle loi a été
mise en place. Elle limite notamment le
nombre d’étudiants français
dans les écoles et les facultés
belges par un système de tirage au
sort. Est-ce que la nouvelle réforme
s’est appliquée à Saint
Luc ?
- « Non. Pour le moment, le système
n’a pas été mis en place
dans les écoles artistiques. La réforme
se limite aux écoles d’infirmiers,
aux kinésithérapeutes, à
l’école normale. »
> Comment ce
changement de loi est perçu par les
professeurs et les étudiants ?
- « Ce qui attire les étudiants
en Belgique, c’est l’absence
de concours d’entrée. S’ils
n’obtenaient pas le concours en France,
ils pouvaient se rabattre vers la Belgique
et obtenir les mêmes cours et la même
qualification qu’en France. Aujourd’hui,
s’ils ne sont pas tirés au
sort, ils n’ont plus de roue de secours.
Vous imaginez que cette réforme est
très mal perçue par les étudiants
français. Elle est également
mal perçue par le corps professoral
et les directeurs d’établissements.
A Tournai, 90 % des étudiants viennent
de France. Si on limite les Français,
Tournai devient une ville morte. Les établissements
comme l’économie locale vont
en pâtir. »
SL Le 30 novembre 2006
Fiche métier
du Designer,
le Designer
industriel
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