Lara
A. (22 ans )
Etudiante en Licence 1 Mention Italien
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C’est après son service dans
un restaurant du centre de Lille que j’ai
retrouvé cette étudiante italienne,
qui travaille pour payer ses études.
Encore dans le vif de sa journée
de travail, elle me raconte et m’explique
son parcours, de SON Italie natale à
la France pays d’adoption temporaire.
> Peux-tu dans
un premier temps nous expliquer ton parcours
depuis l’obtention de ton Bac, car
j’imagine qu’en Italie aussi
on passe le Bac ?
- Même si le système en Italie
n’est pas tout à fait le même
concernant les filières, nous avons
un diplôme équivalent au Bac
français. J’ai passé
un Bac L spécialisé psychologie,
sociologie et pédagogie, à
Pordenone, la ville où j’ai
grandi près de Venise. Dans ce cursus
nous avons les mêmes matières
littéraires qu’en France d’où
l’équivalence, néanmoins
nous avons une spécialisation qui
représente près de 60 % des
cours en psychologie, en sociologie et en
pédagogie.
Après l’obtention de mon Bac,
je me suis inscrite à la fac de Venise
en première année de Langue
Orientale où j’ai étudié
l’hindi et le persan la langue parlée
en Iran. Cependant, j’ai arrêté
mon parcours après l’obtention
de mes examens du premier semestre. Je travaillais
pour payer toutes mes études et je
me suis rendu compte que cela ne correspondait
pas à mon désir de travailler
sur des langues plus courantes. Les deux
langues que je préparais était
très spécifique et, excepté
si on a un intérêt particulier
pour le pays, on ne se sert que très
rarement de ces langues. Après cela,
il ne m’a pas fallu longtemps pour
partir en France où j’ai appris
la langue sur le tas. J’avais fait
un peu de français pendant mon premier
semestre de langue Orientale et cette langue
me plaisait beaucoup.
Aussi, au bout de 2 ans passés dans
le pays, je me suis inscrite à la
rentrée 2005/2006 en Licence 1 mention
Italien. Ce cursus me convient beaucoup
mieux que celui que j’avais commencé
en Italie mais il n’est pas pour les
débutants, il est nécessaire
d’avoir des bases solides en italien
pour pouvoir suivre au-delà du premier
semestre. En effet, certains cours sont
dispensés en français d’autres
sont en italien. Nous avons des examens
de français tels que des analyses
de textes et des dissertations, cela pour
valider notre maîtrise de la langue
française. En seconde année
les cours ne sont dispensés qu’en
italien d’où l’intérêt
de maîtriser déjà la
langue avant l’entrée en première
année.
> Tu as pu connaître
le système universitaire italien
et le système français, peux-tu
nous expliquer quels seront les avantages
et les inconvénients de ta formation
?
- Le gros inconvénient de mon cursus,
c’est qu’après la licence
on est obligé de continuer les études
quel que soit le métier voulu. La
seule solution est de passer le CAPES pour
pouvoir enseigner. Si on veut se diriger
vers la traduction ou l’interprétariat,
nous sommes dans l’obligation de faire
une école spécialisée
qui rallonge les études de 2 ans.
En effet, dans les 3 ans de cursus, à
aucun moment on ne nous propose de nous
spécialiser pour un métier
ou une direction professionnelle. Par exemple
à Paris, la Sorbonne propose à
ses étudiants de se spécialiser
à partir de la deuxième année
ce qui leur permet d’avoir 2 ans de
spécialisation et de prendre de l’avance
quant aux autres cursus. Un autre inconvénient
de la licence italien est que c’est
le seul cursus fermé à d’autres
langues. Par exemple si l’on suit
un cursus de licence en anglais ou espagnol,
l’université donne la possibilité
de choisir l’italien si on le souhaite,
alors que dans le cursus italien nous nous
cantonnons uniquement à l’italien.
Puis le dernier inconvénient de la
fac mais qui est le même pour tous
les cours de langues en France, c’est
qu’on nous apprend beaucoup mais on
nous offre très peu la possibilité
de mettre notre apprentissage à l’épreuve.
Ainsi, on nous parle beaucoup mais nous,
nous parlons peu.
En revanche, à côté
de ça, le fait que l’enseignement
soit très spécialisé
en Italien nous donne une réelle
maîtrise de deux langues et cela oblige
à la perfection et à la précision
en orthographe et en grammaire. D’autre
part, la fac possède un accord avec
le département culturel italien en
France ce qui nous permet d’être
au courant de l’actualité italienne
et nous offre la possibilité de participer
à des événements d’échanges
culturels entre les deux pays. Par exemple,
le cinéma de la fac propose des projections
de film italien ou de voir des pièces
de théâtre.
> Quelles sont
pour toi les qualités nécessaires
pour pouvoir entreprendre ce genre de cursus
?
- Ce qui pour moi est primordial, c’est
d’avoir le sens de la communication.
On ne peut pas apprendre une langue étrangère
sans réel désir de communiquer,
sinon on apprend sur un livre et on reste
chez soi. Il faut se forcer à parler
aux gens, à aller vers eux pour pouvoir
pratiquer. Et il ne faut pas avoir honte
de parler une langue étrangère
même en débutant car c’est
comme ça qu’on apprend et on
ne peut pas maîtriser une langues
sans s’exercer.
Il faut être courageux car cette formation
demande beaucoup d’investissement
personnel par le travail et la pratique.
Enfin, je pense qu’il faut être
méthodique pour pouvoir assumer la
somme de travail sans perdre de temps car
les cours avancent vite. Il faut bien suivre
toutes les étapes d’apprentissages
pour pouvoir prendre la langue au mieux.
> Aussi, après
les qualités, quels conseils pourrais-tu
donner à un étudiant voulant
se diriger vers cette voie ?
- Le gros conseil est qu’avant d’entamer
un cursus linguistique, il faut passer du
temps dans le pays pour apprendre la langue.
Cela permet de la digérer et ainsi
de suivre les cours plus facilement par
la suite car comme je vous ai dit le programme
avance vite et certains cours étant
donnés en italien ou en français,
cela nous oblige à maîtriser
déjà un peu la langue. Je
dirais que passer un an dans le pays pour
apprendre la langue est une bonne solution.
Après, quelques mois suffisent pour
prendre des habitudes d’écoute
et de langage. Plusieurs solutions sont
possibles : soit partir un an, soit partir
pendant une longue période comme
quelques mois, ou encore de partir en Erasmus
pendant le cursus lui-même. Autres
conseils ; il faut travailler seul en lisant
des livres dans la langues ou encore voir
des films mais différents que ceux
inclus dans le programme.
Puis pour finir, je déconseille à
toute personne voulant juste valider un
Bac + 3 pour pouvoir passer le CAPES, de
choisir ce cursus car il est très
dur et d’autres formations moins spécialisées
et plus accessibles à tous sont possibles
pour arriver à ce but. Dans ces conditions,
on ne pourra pas suivre les cours.
> Quels sont tes projets d’avenir,
tes ambitions futures ?
- Dans un premier temps je vais finir mon
cursus et valider mon Bac + 3 en italien
puis je continuerai une formation de spécialisation
pour pouvoir me lancer un jour en tant qu’indépendante.
J’aimerais faire de la traduction
littéraire.
JxS 29 Aout 2006.
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