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Les préceptes
de Jean
TARN & GARONNE : Elaguer un arbre
exige un réel savoir-faire
C'est en se promenant avec ses parents
dans les bois du côté
de Bruniquel et Saint-Antonin que
le jeune Jean Gautier de Montauban
tombe en arrêt devant le panneau
Chasse gardée. « Qu'est-ce
que ça signifie ? » questionne-t-il.
On lui explique que des personnes
sont payées pour surveiller
la forêt. Il décide dès
lors qu'il ferait toute la semaine
ce que beaucoup ne peuvent faire que
le week-end... Jean intègre
l'Ecole forestière de Meymac
en Corrèze où il prépare
le BTA forestier; un diplôme
qui apprend la sylviculture, l'écologie
forestière. « Quand je
suis sorti de là, dit-il, j'ai
travaillé chez des exploitants
forestiers en tant que bûcheron.
Mais le métier est délicat
et mal payé. Je me suis orienté
vers une clientèle de particuliers.
»
Jean Gautier a appris le métier
de façon empirique avec tous
les risques que cela comporte. «
L'Ecole forestière ne m'avait
pas donné cette formation d'élagueur
alors qu'aujourd'hui, il existe pléthore
de filières. Les métiers
de l'environnement sont en vogue.
Près de nous, l'école
de Nérac en Lot-et-Garonne
donne cet enseignement. »
Les aptitudes sportives de Jean Gautier
et son goût pour la varappe
l'ont sans doute beaucoup aidé.
« Quand j'ai débuté,
je savais couper un arbre au pied
mais je ne savais pas effectuer les
travaux en hauteur. A l'époque,
il y avait beaucoup d'ormes malades.
J'opérais au juger. Ça
passait ou ça cassait... Je
ne maîtrisais pas le métier.
»
En 1978, lorsqu'il s'est installé
à son compte, Jean Gauthier
avait 21 ans. « Il y avait un
élagueur sur Montauban, le
fils Bonotto dont le père exploitait
une scierie à Sapiac. Victime
d'un accident, j'ai pris sa place
sur la ville. »
L'EXPERIENCE
FAIT LA DIFFERENCE
Le métier s'est réellement
professionnalisé dans les années
80 au niveau sécurité
et santé de l'arbre. Je travaille
seul avec les inconvénients
que cela induit. J'avais pris un stagiaire.
Il s'est fait rouler une bille sur
le genou... Un bon élagueur
est un vieil élagueur.
Depuis décembre 1999, année
de la tempête, les gens ont
très peur de l'arbre. Nous
sommes pas mal sollicités.
Ce métier, on en vit bien mais
il faut faire le parallèle
avec le danger que l'on côtoie
au quotidien. Tout peut basculer à
tout moment. Il m'est arrivé
un jour où j'étais fatigué
de couper la corde qui me tenait.
Je n'ai pas eu d'accident tout au
plus de grosses frayeurs comme cette
fois où j'avais sectionné
une ligne EDF...
En contrepartie, l'avantage est d'être
autonome, de changer de client chaque
jour, de bénéficier
d'une perception de la ville tout
à fait originale. Méthode,
sang froid, rigueur et bonne forme
physique me semblent indispensables
pour ne pas céder à
la panique.
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Saint-Girons.
Un élagueur agile comme un
écureuil
Stéphane Alozy, arboriste grimpeur,
taille les arbres en ménageant
leur état psychologique, pour
ne pas les mutiler à la tronçonneuse.
Stéphane Alozy à plus
de 10 m du sol pour un élagage
raisonné et adapté.
Photo DDM, A. A.« Lorsque je
vois tous ces arbres massacrés
par des coupes drastiques, comme l'étêtage,
je souffre car élaguer un arbre
ce n'est pas couper du bois, c'est
travailler sur un être vivant
qu'il faut respecter. L'arbre n'a
pas besoin de l'homme et mon travail
consiste à faire cohabiter
les deux en respectant l'un et l'autre.
On taille un arbre lorsqu'il y a des
risques pour les habitations voisines
ou quand ils ont été
fragilisés mais il y a une
grande différence entre élagueur
et coupeur de branches. »
Stéphane a appris ce métier
hors du commun, qui demande une grande
condition physique, en suivant des
stages à Nérac, près
d'Agen, et en travaillant dans des
entreprises spécialisées
à Pau. En 2003, il a créé
son entreprise dans la région
toulousaine et puis sa compagne Mylène,
professeur d'espagnol, étant
nommée en Haute-Loire, ils
se sont installés dans un hameau
près du Puy-en-Velay.
Métier
passion
En juillet 2009, c'est le retour en
Couserans dans la maison des grands-parents,
à La Tuilerie, sur les collines
au-dessus de La Bastide-de-Sérou
car Mylène a obtenu sa mutation
pour l'Ariège. Stéphane
taille tous les arbres en grimpant
avec des cordes, c'est ce qu'il a
appris et qu'il aime ; il sait qu'il
devra cesser cette activité
relativement tôt, même
si avec l'expérience il grimpe
plus intelligemment et même
s'il connaît des collègues
qui à 50 ans pratiquent encore
ce métier.
Mais aujourd'hui ce métier
est sa passion : la taille raisonnée,
l'haubanage (maintien des grosses
branches et renforcement des points
fragiles avec un cordage spécial),
l'abattage et le démontage,
à l'aide de techniques de cordes,
d'arbres dangereux n'ont plus de secrets
pour lui et il travaille avec enthousiasme
car il aime le patrimoine naturel,
surtout celui du Couserans.
Contact : 05 61 64 53 17.
Fiche métier
du Grimpeur
élagueur - Ehouppeur
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