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Incontournable
dans les entreprises, le chef de projet
maîtrise d’ouvrage doit
avoir une aptitude au management et
posséder des compétences
métier et informatique.
Parce que l’embellie se précise
autour des projets et parce qu’il
va continuer d’assurer l’interface
entre les donneurs d’ordres
et la maîtrise d’œuvre
(MOE), le chef de projet maîtrise
d’ouvrage (MOA) a encore de
belles heures devant lui. «
Dans les entreprises, il constitue
une valeur sûre », s’accordent
à dire Frédéric
Lau, chargé de mission au Cigref,
et Régis Granarolo, président
du Munci. « La maîtrise
d’œuvre du système
d’information est généralement
externalisée – du moins,
en partie. Par contre, le pilotage
et la maîtrise d’ouvrage
sont conservés en interne.
Le chef de projet MOA devrait donc
perdurer, mais pas forcément
sous ce nom », indique Michèle
Laidet, consultante chez Solic Carrières.
« Provenant surtout de recrutements
internes, ces profils sont issus soit
des métiers, quand la MOA est
rattachée aux directions opérationnelles,
soit de l’informatique, quand
elle est rattachée à
la DSI », ajoute René
Lefebvre, directeur du cabinet qui
porte son nom. « Il est important
que le chef de projet MOA ait acquis
cette double compétence : métier,
pour être crédible vis-à-vis
du commanditaire du projet et des
utilisateurs, et informatique, pour
faire le lien avec le chef de projet
MOE ou avec les prestataires... Il
doit connaître parfaitement
la gestion de projet et, si possible,
avoir des notions de programmation
», poursuit René Lefebvre.
Et de conclure : « Reste que
leur nombre dépendra de l’importance
des budgets, voire de facteurs externes
comme les fusions entre les entreprises,
qui apportent leur lot de nouveaux
projets. »
Comment l’Unedic a fait évoluer
des profils internes
A l’Unedic, l’équipe
de chefs de projet MOA – une
cinquantaine de personnes à
ce jour – s’est étoffée
ces dernières années.
« De l’ordre de 4 à
5 % par an », précise
Jean-Louis Bringer, directeur de la
maîtrise d’ouvrage déléguée
et des projets, une entité
intégrée à la
DSI. Les profils sont très
divers, l’Unedic fait d’ailleurs
un peu figure d’exception. Ses
chefs de projet MOA sont d’abord
issus des métiers. Ils étaient
auparavant comptables, statisticiens
ou agents des Assedic. Seuls quelques
informaticiens se sont glissés
dans le nombre. Les trois quarts d’entre
eux préparent la réalisation
des nouveaux applicatifs, du cahier
des charges au recettage en passant
par le plan de tests. Les autres suivent
les équipes de déploiement
dans les trente agences Assedic.
« Les premiers ont un rôle
important. Gérer un projet
et une équipe est l’une
de leurs qualités principales
», dit Jean-Louis Bringer, responsable
de la MOA déléguée.
A ceux qui ne possèdent pas
cette aptitude, des formations à
la direction de projet sont proposées.
De leur côté, les chefs
de projet MOA affectés au déploiement
sont surtout censés bien connaître
le métier concerné par
l’applicatif. Reste que, pour
compléter la mise à
niveau de tous, des séminaires
et des transferts de compétences
– reposant sur des consultants
qui viennent épauler les chefs
de projet internes – sont aussi
mis en place. |