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> Interviews de Chefs de projets informatique





  Interviews de Chefs de projets informatique (3 interviews)
Interview d' un Chef de projet informatique vu par L4m

Eric D. (42 ans)
Ingénieur, chef de projet informatique
Société: La Redoute


> Pouvez-vous décrire votre parcours?


- J’ai fait un bac C (bac S), obtenu en 1980. Après deux ans de classes préparatoires en Maths à Lyon, j'ai intégré directement l'Institut industriel Du Nord (IDN, ancien nom de l’école Centrale de Lille). J’ai été un peu déçu de rater Centrale Lyon (pour 8 points seulement !). Je me suis laissé porter par mes études ou par ce que mes profs me suggéraient.

> Comment se sont passées vos études ?

- En 1ère année d'IDN, j'ai été un élève plutôt médiocre, d’une assiduité constante aux cours (durant tout l'IDN) mais révisant peu, voire pas, avant les examens. Ma 2ème année a été bien meilleure, ce qui m’a permis de choisir mon option dans les premiers. À l'époque, on réunissait tous les 150 élèves de fin de 2ème année dans l'amphi, et on remplissait les options en fonction du classement (les moins bons étant servis en derniers). Personnellement, j’ai choisi la mécanique et j’en garde d’excellents souvenirs.

> Avez-vous effectué des stages durant vos études ?

- En fin de 1ère année, j’ai fait un stage "ouvrier" : gardien en 3/8 chez Ilford, près de Lyon. En fin de 2ème année, je suis retourné en stage chez Ilford pour mettre en place un outil statistique de contrôle de la fabrication. Merci aux cours de statistiques de l'école qui m'ont été bien précieux !
En fin de 3ème année, suite à un désistement, je me suis retrouvé bloqué à l'école.
J'y ai mené deux projets en parallèle : construction d'un robot hydraulique, et développement du logiciel MEDEBAO, destiné à la construction de charpentes en bois. J'ai repris une première version très light écrite par Degallaix (le "DE" de MEDEBAO) et mis en place des fonctions graphiques fortran pour développer la structure de 2 D en 3D, avec calcul des intersections.

> Que vous ont-ils apporté ?

- Ces stages ne m'ont pas apporté grand-chose, puisque étant issu d’une famille ouvrière, je connaissais déjà ce monde. J’ai pu toutefois le découvrir sous un autre angle, celui d’un agent de maîtrise, durant mon stage de fin de 2ème année.
Mais le stage sur MEDEBAO a complètement orienté ma carrière puisque je suis parti ensuite dans l’informatique.

> Quels sont vos regrets par rapport à votre formation ?

- Ce que je regrette le plus, c'est l'improductivité des TP. La prise de note étant impossible, je n'ai rien retenu et je le regrette. La pédagogie autour de ces TP n'était vraiment pas idéale.

> Qu’avez-vous fait en sortant de l’IDN ?


- En sortant de L'IDN, j'ai fait mon service national (en 1985) comme Volontaire Formateur en Informatique. Après 1 mois de classe à Arras, j'ai suivi 3 semaines de cours sur le campus de Lille, puis j'ai été affecté durant 10 mois au GRETA (GRoupement d’ETAblissements publics locaux d’enseignement) de Saint-Dizier.
Ma mission était de donner des cours d'informatique mais ça a vite dévié en maths à cause du manque de personnel au GRETA.
J'animais aussi un petit club d'informatique lors des premiers balbutiements du PC domestiques. Le 286 avait alors encore la côte et je donnais aussi un coup de main à certains profs en programmant en assembleur sur Apple II dans le lycée qui accueillait le GRETA.

> Qu’avez-vous fait ensuite ?

- J'ai ensuite passé deux entretiens, un pour EDF, où je n’ai pas été retenu, et, un pour la SNECMA (entreprise en équipements aéronautiques et spatiaux), où là, j’ai été embauché. Mon premier poste était chef de projet et j'étais en charge du développement informatique d'un outil de modélisation de comportement des matériaux. Mes connaissances en mécanique ont directement influencé mon embauche dans la mesure où des compétences dans ce domaine étaient nécessaires pour comprendre les besoins des utilisateurs.
J'ai passé 9 ans à la SNECMA en suivant régulièrement des formations techniques (bases de données, qualité) et humaines (conduite de réunion, stratégie et tactique, etc.).
Je suis toujours resté chef de projet à la direction Informatique mais sans aucune responsabilité hiérarchique, refusant même un poste de responsable de secteur à la direction technique car je ne me sentais "pas prêt". Peut-être une grosse erreur ! J'ai mis au point un système de gestion de fichiers de CFAO Catia et Computervision, puis Autocad, encore utilisé en 2002, lors du dernier contact que j'ai eu avec la Snecma. Vers la fin, au sein d'une structure de maintenance, j'avais la responsabilité d'une douzaine d'applications informatiques à caractères techniques (les SGDT systèmes de gestion de la document technique), dont les principaux référentiels techniques SNECMA des moteurs, et je participais aux réflexions pour la mise en oeuvre d'un outil de GED (gestion électronique de documents). J'ai fini avec un pilotage fonctionnel sur 2 personnes, une technicienne et un prestataire. En 1995, nous étions en pleine crise aéronautique, la 1ère que vivait la Snecma.

> Après votre expérience à la Snecma, avez-vous changé de voie ?


- Temporairement, oui. J'ai de décidé de participer à la mission "Ingénieurs" pour l'Ecole. Nous étions 200 ingénieurs de sociétés aéronautiques et spatiales de France détachés auprès de l'Education Nationale par le biais d'une association. Mon objectif avait été clairement défini : profiter des deux années de détachement pour trouver un emploi ailleurs !
Je suis revenu sur la région Nord, pour suivre ma femme qui avait changé de travail, et j'ai travaillé avec deux autres ingénieurs (1 SNECMA + 1 française de mécanique) pour le Rectorat du Nord- Pas-de-Calais sur des missions de développements technologiques et innovants pour faire du partenariat entre les sections des BTS et les PME-PMI. Nous dépendions directement de l’adjoint du recteur. Mon rôle a consisté à représenter le Rectorat dans les structures qui se mettaient en place sur l'académie pour gérer la manne de Bruxelles (réseaux de technologie, DATAR, Conseils Généraux, Conseil Régional, Anvar) et à parcourir la région pour définir les besoins des entreprises et l'offre que pouvait apporter le tissu d'enseignement (lycées, école d'ingénieurs généralistes (IDN) ou techniques (EUDIL, EIPdC, ...).

> Vous avez donc été en contact avec votre ancienne école.

- J'ai été déçu par Centrale Lille, intéressée seulement par des gros projets de recherche, peu en rapport avec les besoins des artisans et des PME-PMI que j'avais rencontré. Par contre, j’ai été très bien accueilli par l'EUDIL qui a pris en charge un projet technique de pointe sur le forage dirigé.

> Avez-vous encore changé d’entreprise par la suite ?

- Après 15 mois dans cette mission, en 1996, j'ai été contacté par une société de service, GFI Informatique, qui recrutait pour préparer en fait l'an 2000 et l'euro. J'ai accepté ce poste sans attendre d'autres offres que j'ai reçues par la suite et j'ai quitté à regret ma mission Ingénieurs pour l’Ecole, mais j'avais atteint mon objectif !

> Que faites-vous actuellement ?

- J'ai été mis en poste à La Redoute, en octobre 1996, où je suis reparti du plus bas de l'échelle, banal analyste-programmeur. J’ai commencé dans un secteur financier où j’ai fini par travailler (comme adjoint au chef de projet Redoute) sur un projet stratégique du groupe Pinault Printemps Redoute.
Après, je suis passé dans un secteur gérant des applications de stocks. J’ai dû refaire mes preuves et me suis retrouvé analyste-programmeur encore une fois. Durant deux ans, j'ai travaillé sur des missions de plus en plus conséquentes avec de plus en plus de responsabilités. Mes analyses techniques semblaient assez pertinentes et j'ai eu à ma charge, en conception et/ou développement les modules les plus importants de différents projets de gestion de stocks.
En octobre 2002, on m'a proposé de prendre en charge la maintenance et les petits développements des applications de fabrication des colis Redoute. Mon équipe s'est vite étoffée et je dirige depuis début 2003, fonctionnellement, un autre prestataire et un interne et, de temps en temps, selon mes besoins, une autre personne. Suite à différents changements de politique de la DSI (Direction des Systèmes d’Informations) Redoute vis-à-vis des prestataires, je suis aussi redevenu chef de projet sur des petits projets et le plus ancien prestataire encore en place.

> Avez-vous des conseils à donner aux plus jeunes ?

- Tout d'abord, ne pas manquer une occasion et ne jamais refuser une proposition d'évolution de poste. Ensuite, le choix est très personnel. Moi, je suis plus collaboratif et technique que directif. Une responsabilité hiérarchique pure ne m'intéresse pas du tout. J'ai aussi privilégié ma vie de famille à mon travail, refusant de faire des heures au delà de ce que j'estime raisonnable. Travailler dans un bureau au delà de 18h (sauf exception) est pour moi une hérésie. Surtout quand on arrive à 7h30. Une chose est certaine, en début de carrière, les fonctions sont souvent techniques et on est facilement "copain" avec ses collègues. Mais elles évoluent vite et dès qu'on a une responsabilité, même faible, on subit les critiques faites au "chef" et on se fait déconnecter petit à petit de la base "ouvrière". Ca surprend, mais c'est comme ça. Enfin, il est important de garder contact avec les anciens élèves de son école (à travers les associations d’anciens) pour se constituer un réseau.

> Quelles compétences faut-il avoir pour exercer votre métier ?


- En terme de compétence, il faut savoir écouter et se taire ! L'esprit d'analyse est très important. C'est lui qui permet de remonter vers la hiérarchie les informations principales, sans superflu. La technique, ça s'apprend. On peut faire des formations complémentaires, mais il est bon d'avoir des bases. Et il ne faut pas négliger les formations "humaines" : commercial, langues…
Elles aident à mieux comprendre la stratégie d'une entreprise. Un peu de psychologie ne peut pas faire de mal non plus. Enfin, pour progresser, il est bon d'avoir des objectifs. Je vis sans depuis 20 ans et ce n'est pas évident de se situer. Coté langue, je ne pratique pas. Je me suis mis au grec moderne, c'est amusant et ça aide pour les vacances. Et je me remets à l'anglais avec pour objectif de m'évaluer d'ici un an. Je pense passer le TOEIC (Test Of English for International Communication). C’est une initiative personnelle et non exigée par La Redoute.


Fiche métier du Chef de projet informatique





  Test de recrutement

Ce test vous permet de vous placer en situation réelle d'embauche et de mieux préparer vos entretiens... Ce test s'adresse en priorité aux jeunes diplômé(e)s et aux demandeurs d'emploi (si vous êtes employé(e), cadre ou dirigeant, nous vous conseillons le Profil PRO ).
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Portrait d'un Chef de projet informatique vu par 1metierquimeplait


Adapter les outils informatiques aux besoins Si Stéphane Rapp a des connaissances techniques en matière informatique, il ne programme pas. Sa mission chez Steelcase est de gérer des projets informatiques pour adapter le système d’information aux besoins des salariés. Il mettra ensuite en œuvre de nouvelles solutions informatiques qui aideront les salariés à atteindre leur but.

Stéphane Rapp est informaticien ! Mais vous l’avez sans doute compris, il ne fait plus de la technique comme à ses débuts, il gère des projets informatiques dans sa globalité. Il est devenu chef de projet. Il traduit les besoins des utilisateurs en solutions informatiques, constitue et coordonne une équipe pour les développer. Il vérifie leur validité et leur fonctionnement, puis les installe. Enfin, il organise la formation des utilisateurs et l’assistance en cas de problème. Il est également garant de l’intégration des nouvelles solutions qu’il met en place dans le système d’information existant. Ce qui lui plaît avant tout, c’est de pouvoir travailler avec tous les services de l’entreprise.



Interview d'un Chef de projet informatique vu par l' Apecita


Philippe – Chef de projet informatique dans une entreprise laitière de l’ouest de la France

Quelles sont les particularités du métier dans l’entreprise laitière ?

“Il y a plusieurs filières au sein du groupe. La gestion informatique n’obéit pas du tout aux mêmes impératifs pour le beurre, le fromage ou la crème fraîche. Dans chaque secteur, nous devons développer des logiciels spécifiques car les process et les durées de conservation demandent des réponses à la carte. Étant peu nombreux au service informatique, nous avons plutôt tendance à faire appel à des solutions logicielles existantes mais nous examinons chaque situation au cas par cas.”

Un exemple de projet ?

“Aujourd’hui, par exemple, nous avons installé une GMAO (Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur), qui permet de suivre l’équipe de 45 personnes chargée de la maintenance des machines. Cela permet de mesurer précisément le coût de maintenance de chaque machine, en temps et en pièces détachées, et ainsi de savoir si ça vaut le coup de la garder ou s’il vaut mieux la remplacer.”

Des contraintes ?

“Difficile de maîtriser les horaires. Un système en panne, le blocage d’un ordinateur réclame des réponses sans délais. L’astreinte téléphonique, parfois contraignante, permet néanmoins de régler certaines questions à distance, d’autant que j’ai un poste à domicile, relié au réseau de l’entreprise.”



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