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Interview
Sébastien Debrauwere
Consultant junior en Système
d'information
Promotion 2004-2005
Peux-tu évoquer ton parcours
universitaire et comment tu en es
venu à vouloir faire IDEMM
?
Au départ, j’ai fait
deux ans de classes préparatoires
littéraires, hypokhâgne
et khâgne, à Lille, puis
une licence de lettres modernes et
une maîtrise Français
Langue Etrangère. De là,
je me suis dit que FLE c’était
bien mais très spécialisé.
Je me suis demandé ce qu’il
me resterait si je voulais arrêter
: pas grand-chose. J’ai donc
voulu m’ouvrir à autre
chose. J’ai fait une maîtrise
de lettres modernes professionnalisante
mais ce n’était pas assez
orienté marché du travail.
Donc j’ai voulu aller vers autre
chose. J’ai alors vu IDEMM :
il y avait au départ du FLE,
parce que c’était à
l’époque MSM (Médiation
des Savoirs et Multilinguisme), plutôt
axé langues, qui est devenu
par la suite plus orienté édition
multimédia. C’était
encore la période transitoire
entre l’ancien MSM et l’IDEMM
actuel.
Quel a été
ton stage et comment t’y es-tu
pris pour le trouver ?
J’ai fait un stage très
axé FLE, chez Télélangues
qui travaille sur le e-learning. Je
travaillais sur des supports de cours,
pour des gens qui apprennent le français.
En fait, une étudiante de l’année
précédente avait été
embauchée chez eux et elle
recherchait quelqu’un pour un
stage avec le même profil. Ca
m’a intéressé.
Maintenant
tu travailles. Que fais-tu et comment
en es-tu arrivé là ?
Après la fin de mon stage,
j’ai mis cinq mois avant de
trouver du travail. Je suis arrivé
dans une boîte qui est un peu
spéciale, qui fait du «
design d’informations ».
Les gens voient bien ce qu’est
le design et ce qu’est l’information,
mais on voit très mal comment
les deux peuvent fonctionner ensemble.
En fait, c’est tout simplement
travailler à la lisibilité
de l’information, à l’ergonomie
- comment adapter le contenu à
un support - et tout ce qui relève
de la structuration de l’information.
Ca peut passer par du son, par du
multimédia, en fait par tous
les supports. C’est comme ça
que j’en suis venu à
ce métier-là : ils cherchaient
un chef de projet multimédia.
Quand j’ai passé l’entretien,
ils voulaient quelqu’un du domaine
du multimédia mais plutôt
généraliste, pas forcément
du web-développement parce
qu’ils avaient déjà
des gens qui faisaient ça.
Ils développaient des sites
web mais travaillaient beaucoup plus
sur les interfaces, sur la structuration
de l’information et je n’intervenais
pas du tout sur le contenu. Ils cherchaient
quelqu’un qui travaillait dans
l’information, qui sache structurer.
Ce poste était un CDD. J’ai
arrêté au mois d’octobre
et à peine deux semaines plus
tard, j’ai été
embauché chez « Aaltran
systèmes d’informations
», qui relève plus de
l’organisation, l’analyse
et la gestion des besoins en matière
de systèmes d’information.
En ce moment, je travaille sur tout
ce qui relève de la gestion
de l’informatique au sein la
direction de Gaz de France : de la
gestion du parc informatique jusqu’à
la gestion des logiciels, des équipements,
etc. Et c’est une sacrée
question d’organisation : avant
d’intégrer un logiciel,
il faut se demander si tout le monde
va en avoir besoin parce que derrière
il y a une question d’outils
et d’environnement informatique
très spécial. Il faut
donc déterminer combien de
temps cela va prendre, si cela vaut
le coup, étant donné
que c’est toute une opération
pour 4 personnes. La question principale
est celle-ci et c’est ce sur
quoi je travaille : avez-vous vraiment
besoin de cela et que peut-on mettre
derrière ? Voilà les
questions qui se posent aujourd’hui.
Les gens ont des besoins et savent
les exprimer en disant « j’ai
besoin de tel logiciel ». Mais
un logiciel, ça coûte
cher. Est-ce que tel choix d’outil
est pertinent derrière ?
Quelles sont
tes compétences professionnelles
?
C’est avant tout la qualité
d’analyse, très importante
: savoir analyser les besoins de son
client, se dire « j’ai
cela comme besoin, il faut que je
le traduise en pages, en actions futures
». Cela demande des compétences
d’organisation, comme par exemple
réfléchir à quelle
rubrique il faut mettre avant, de
même que cela nécessite
des compétences de structuration,
d’analyse, pour parvenir à
bien s’adresser à l’utilisateur,
tout cela non seulement d’un
point de vue rédactionnel mais
aussi graphique. Aujourd’hui,
c’est en train de devenir stratégique
: tout le monde a de l’information,
mais le problème est de savoir
comment faire pour s’y retrouver.
Dès lors, il s’agit de
vraiment travailler sur l’ergonomie
et de répondre à la
question des moyens pour aller rechercher
l’information.
Quelle est
la place de l’autoformation
et la veille dans ton travail ?
C’est aller voir les sites,
faire de la recherche. Pour tout ce
qui relève du domaine de l’édition
multimédia, je recommande d’aller
voir le site d’Apple, qui est
extraordinaire. Ils font des tutoriels,
ils proposent plein de choses…
En ce qui concerne les logiciels c’est
aussi très intéressant,
ils sont en avance.
Peux-tu nous
parler de ton salaire ?
Il faut savoir que sur cette question,
j’ai fait une erreur de jeunesse
: on a souvent l’impression
de ne pas pouvoir trop demander. Pour
mon premier salaire, j’ai demandé
22-23 K, ce qui fait à peu
près un salaire de 1 900 euros
brut. Pour le deuxième emploi
que j’ai eu, j’ai demandé
un peu plus, et on m’a dit «
vous ne demandez que ça comme
salaire ?! » Moi je ne savais
pas trop ce que je pouvais demander.
Le recruteur a dit que cela traduisait
un manque de confiance en soi, d’où
une hésitation de leur part,
en me disant ensuite que normalement,
chez eux un jeune débutant
commence à 30 000 euros par
an, c’est à dire 2 500
euros brut. Cela montre bien qu’il
ne faut pas hésiter non plus
à demander un salaire fort,
mais pas non plus à 3000 euros
pour un junior ! Entre 2 400 et 2
500 brut c’est très honnête.
Après, il est vrai que cela
dépend des secteurs aussi.
L’ANPE et l’APEC organisent
des sessions pour les jeunes diplômés,
qui permettent de savoir comment faire
un bon CV et de s’entraîner
à un entretien, entre autre.
Et avec l’entretien est abordée
la question du salaire : il y a des
fiches métiers à l’apec
avec la grille des salaires donc allez
les regarder. C’est vrai que
si on est dans le secteur de l’information,
demander 2500 euros brut est peut-être
un peu élevé.. Mais
chez Aaltran c’est comme ça.
Ce ne serait pas pareil dans le domaine
associatif… De même dans
le e-learning, ils ont moins de moyens
donc on demandera 23 Ko maximum. Cela
dépend, il faut se documenter,
voir si c’est une grande ou
petite entreprise.
Comment envisages-tu
ton évolution de carrière
?
A long terme, j’ai une évolution
de carrière possible au sein
d’Aaltran : pour le moment,
je suis consultant junior, je vais
pouvoir sortir consultant, ensuite
consultant senior ou manager. Moi
ce que j’aimerais c’est
avoir une expérience à
l’étranger, être
manager là-bas et revenir ensuite
pour être consultant en management
interculturel, qui consiste à
manager tous les gens qui partent
à l’étranger,
qui se confrontent à des problématiques
dites d’interculturalité.
Pour cela, il faut avoir eu une formation,
avoir été entraîné.
Il y a plein de boites actuelles qui
se cassent la figure parce qu’ils
sont passés au-dessus des problématiques
interculturelles. Ce projet s’inscrit
sur le long terme, 15-20 ans. Il faut
être crédible pour s’imposer,
et avoir eu une expérience
de management.
As-tu des
conseils à donner aux étudiants
en IDEMM ?
Pendant l’année d’études,
se renseigner sur le secteur. Il faut
déjà se poser les questions
sur son projet personnel : savoir
si on préfère travailler
dans le secteur publique ou privé,
parce que ce n’est pas du tout
les même recherches et démarches
quand on veut travailler.
Est-ce qu’on veut faire de l’associatif
, de l’entreprise, de la fonction
publique et des concours ?
Il faut aussi savoir cibler son secteur
parce que de plus en plus d’entreprises
proposent un CDI à partir du
stage : ils ont vu pendant 6 mois
le stagiaire, ils savent comment il
travaille. Même si la personne
est jeune, ils l’ont vue à
l’oeuvre et vont donc l’embaucher
derrière.
Un deuxième conseil : profiter
de l’ANPE et de ses sessions
organisées pour les jeunes
diplômés. Il est important
de savoir se vendre. Le diplôme
n’est pas forcément tout
de suite parlant. Personnellement,
j’utilise le terme générique
« information – communication
– documentation » plutôt
qu’Idemm, c’est plus parlant
pour l’entreprise, pour les
RH qui font le premier tri.
Il faut également savoir se
vendre face au recruteur : quand on
le rencontre, il essaie de nous imaginer
en train de travailler dans son équipe.
Il va demander ce qu’on est
capable de faire pour eux et là,
il faut parler le même langage
que lui. Ce n’est pas évident
au début. Mon défaut
c’était de parler d’expériences
en e-learning alors que je me retrouvais
avec des gens plus ancrés dans
la communication.
Il faut dégager ses savoirs-faire.
Ce qui est bien avant de faire son
CV c’est de regrouper ses compétences,
à mettre en lien avec les expériences
qu’on a eues. Cela permet de
dire « pour telle expérience
on a développé telle
compétence ». Les recruteurs
peuvent se dire « cette personne
n’a pas du tout travaillé
dans mon domaine, par exemple la communication,
mais elle a des compétences
rédactionnelles, pour l’analyse
et au niveau informatique, donc je
peux l’intégrer dans
un projet de développement
d’un site Web ou de communication
intranet ».
Pour ceux qui sont dans la communication,
il faut faire un CV original, qui
sorte un peu du lot parce que j’ai
été dans la communication
à un moment donné et
on reçoit 300 CV par poste.
Soit il s’agit de gens qui viennent
de la communication pure, soit de
gens qui ont un profil plus technique.
Et les entreprises n’ont pas
forcément des gens comme nous
qui savent faire le lien entre le
côté communication et
le côté technique. Il
faut plus mettre en avant un profil
de chef de projet en se disant «
moi je sais faire le lien entre ça
et ça » puisqu’on
sait parler aux personnes travaillant
plus dans le technique. Quand je parle
de CV original, ça peut être
faire un CV en Flash par exemple,
qui soit bien organisé. Ce
n’est pas la peine non plus
de faire un truc très joli,
ça ne sert à rien. Il
faut avant tout un CV qui soit parlant
sur nous-mêmes, où on
voit les compétences, le but
étant que le recruteur se dise
« je vois qu’il a telles
compétences et je vois qui
il est ». Cela prend du temps
pour arriver à un CV un peu
personnalisé.
Mon autre conseil : il faut s’accrocher
! Parce que cela prend du temps, on
s’imagine qu’on ne va
pas trouver. Moi j’ai envoyé
plus de 300-400 candidatures. Il ne
faut pas se démoraliser : les
premiers temps on n’a pas de
réponse, j’ai mis 2 mois
avant d’avoir des entretiens.
J’ai fait des salons, qui sont
très bien parce qu’on
peut se présenter avec son
CV et sa carte de visite pour créer
un lien dès le début.
J’ai aussi bien sûr répondu
à des offres d’emploi,
fait des candidatures spontanées,
et ça marche. C’est surtout
difficile parce qu’on demande
à des jeunes de 24-25 ans d’avoir
des contacts, et le réseau
social et professionnel on ne l’a
pas à 25 ans. Mais on a de
la motivation, des compétences
et un bagage derrière ; on
a fait des stages consistants, on
n’est donc pas vierge professionnellement.
Enfin, au niveau d’IDEMM, il
faut en profiter pour en apprendre
le plus possible !
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