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La LSF, comme toute autre langue, est soumise
aux phénomènes de création
lexicale, mais la naissance d'un signe en
LSF ne suit pas le même cheminement
qu'un néologisme en langue écrite.
L'arrivée de la télévision,
de l'Internet et de la vidéo bouleverse
l'évolution et accélère
le développement de ces nouveaux
signes.
La Cité des sciences et de l'industrie,
à Paris, est un lieu emblématique
pour les sourds. Depuis presque vingt ans,
de tous âges et de toutes classes
sociales, ils s'y rendent pour découvrir
tous les aspects de la vie. Ils y sont accueillis
par des animateurs sourds qui leur transmettent,
dans leur langue, des savoirs et des concepts
nouveaux pour eux.
C'est dans ce lieu qu'ont émergés
des centaines de signes, fruit d'un long
travail d'assimilation, de préparation
et de restitution. Afin de rendre accessible
les expositions de la Cité des sciences,
Claire et Olivier, chargés de l'accessibilité
pour le public sourd, doivent s'adapter
à des publics très divers.
Nous assistons aux séances de travail
pendant lesquelles ils cherchent la meilleure
façon d'exprimer de nouveaux concepts
en langue des signes, cette fois autour
du thème du développement
durable.
Pour préparer les animations qui
seront proposées aux visiteurs, ils
réfléchissent aux moyens de
vulgariser certaines notions et cherchent
de nouveaux signes cohérents, respectant
les paramètres de la langue des signes
et le sens du français. Au cours
des visites, Claire et Olivier échangent
également avec le public autour des
signes utilisés par chacun et leur
en propose de nouveaux qu'ils ont élaborés.
Leur travail s'inscrit dans la continuité
de celui de Guy Bouchauveau qui, pendant
dix-huit ans, a créé un lexique
colossal de signes scientifiques à
La Villette. Il y avait, à l'époque,
une véritable urgence et de vraies
carences. Avec Claire et Olivier, il revient
sur la prudence nécessaire lorsqu'on
est en charge de créer des néologismes
en LSF et sur les stratégies de transmission
auprès du public.
Nicolas Médin, lui, est linguiste
sourd, en première année de
doctorat. Il enseigne la LSF aux entendants
et a participé pendant quatre ans
à la création de signes à
La Villette.
Il explique que les créations lexicales
répondent à des besoins :
pour qu'elles résistent au temps,
soient adoptées et diffusées,
il faut qu'elles répondent à
des critères linguistiques mais aussi
sociologiques, car le nouveau signe doit
être compris par l'ensemble des locuteurs
et être reconnu comme référence
par eux.
La création de lexique en LSF sur
Internet lui paraît être une
ressource intéressante pour répondre
aux besoins de nouveaux signes, notamment
pour les enfants et les jeunes sourds.
Propos recueillis
par Isabelle Voiseux et Daniel Abbou pour
France5
Crédit France
Télévisions Interactive
Temoignage d'une Interprete
en langue des signes
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