Géraldine W. est traductrice
sur Freelang, modératrice sur
le forum et sur le chat (pseudo didine),
et elle a également contribué
à plusieurs dictionnaires, notamment
en prêtant sa voix pour l'enregistrement
des mots. Pour vous, elle retrace aujourd'hui
son parcours, nous parle des langues
qu'elle affectionne, du métier
d'interprète et de ses projets.
Pour beaucoup
de personnes qui te connaissent par Freelang,
tu restes associée au finnois et à
la Finlande. D'où vient cette relation
avec la Finlande ?
Entre la Finlande
et moi, c'est une véritable histoire
d'amour ! Tout a commencé en Hongrie
en 2000. J'ai pris des cours dans une université
d'été où j'ai rencontré
des Finlandais.
En les entendant parler finnois, j'ai tout
de suite trouvé cette langue tellement
belle que je me suis dit que je devais l'apprendre.
Un an plus tard, je partais pour Tampere,
où j'ai fait ma licence dans le cadre
du programme d'échanges européen
Socrates-Erasmus. J'ai pris des cours intensifs
de finnois, rencontré mon petit ami,
commencé à travailler comme
traductrice tout en suivant des cours... et
prolongé mon séjour !
Les langues,
tu es tombée dedans petite, n'est-ce
pas ?
Exactement ! Ma mère est polonaise
et mon père né en France de
parents polonais. J'ai donc appris le polonais
étant toute petite.
Au
collège et au lycée, en as-tu
appris d'autres ?
Oui, j'ai eu la chance de pouvoir étudier
le russe en LV1, ce qui est assez rare en
France.
J'ai ensuite pris l'anglais en LV2. J'aurais
aimé étudier une troisième
langue au lycée, mais cela n'était
malheureusement pas possible dans mon établissement.
J'ai tout de même pu prendre le polonais
en option au bac, comme LV3.
Tu
es polyglotte mais également globe-trotteuse
! Tu as voyagé pour le plaisir ? Pour
tes études ?
Un peu des deux ! Lors de séjours longs,
j'essaie de concilier les deux. Par exemple
quand je suis allée rendre visite à
ma famille en Afrique du Sud, j'en ai profité
pour suivre des cours à l'Université
de Johannesbourg. Et quand j'ai obtenu des
bourses pour aller étudier en Hongrie
et en Russie, j'en ai profité pour
faire du tourisme. Mais j'ai aussi fait pas
mal de séjours courts simplement pour
le plaisir : Europe de l'Est, pays baltes,
pays scandinaves, Chypre... On met souvent
dans le même sac la Finlande, la Suède,
la Norvège, le Danemark... J'imagine
que chaque pays a ses particularités
? Qu'est-ce qui fait la particularité
de la Finlande et des Finlandais, par exemple
?
Ces quatres pays, ainsi que l'Islande, forment
un groupe très soudé avec des
relations tant politiques, commerciales que
culturelles très développées.
Le cur de ce groupe, ce sont les trois
pays scandinaves (Norvège, Suède
et Danemark), à cause de leur proximité
géographique, historique, culturelle
et linguistique. L'Islande est un peu en retrait
à cause de son éloignement géographique
et la Finlande à cause de sa langue.
Alors que les Scandinaves peuvent se comprendre
entre eux tant leurs langues sont proches,
le finnois leur reste complètement
hermétique... et pour cause, ce n'est
même pas une langue indo-européenne
mais ouralienne !
La chose la plus paradoxale chez les Finlandais,
c'est qu'ils aiment beaucoup leur pays (et
je les comprends !) tout en ayant une sorte
de complexe d'infériorité. Lorsque
des étrangers viennent visiter la Finlande
ou s'y installer, les Finlandais se demandent
pourquoi ils sont venus dans ce "trou
perdu". Les Finlandais peuvent paraître
froids et distants au premier abord : il sont
très diplomates et s'ouvrent peu en
société, mais il sont en fait
extrêmement disponibles, accueillants
et altruistes. Ils sont aussi très
respectueux de la nature et des règles...
ce qui est un peu déconcertant pour
les Français par moments. ;) . Tu es impliquée
dans Freelang à plusieurs niveaux,
tu fais beaucoup de traductions, tu as enregistré
des dictionnaires entiers (finnois et polonais),
tu es également modératrice
sur le forum et sur le chat. Qu'est-ce que
cela t'apporte, à titre personnel ?
Sur mon chemin, j'ai toujours rencontré
des gens prêts à m'aider. Mon
activité sur Freelang me permet en
quelque sorte de rendre la pareille, en aidant
les autres dans les domaines dans lesquels
je suis compétente. Cela me permet
de joindre l'utile à l'agréable
! Le forum et le chat me permettent aussi
de faire la connaissance de personnes un peu
partout dans le monde partageant mon amour
pour les langues.
Aujourd'hui
à quel métier te destines-tu
?
Au métier d'interprète de conférence.
Je suis actuellement en DESS d'interprétation
de conférence à l'ESIT (École
Supérieure d'Interprètes et
de Traducteurs), à Paris.
Les gens ne connaissent
pas toujours la différence entre un
traducteur et un interprète, peux-tu
nous éclairer sur ce point ?
Un traducteur traduit des textes écrits,
un interprète travaille à l'oral.
Ce sont deux spécialités distinctes.
Beaucoup d'interprètes font de la traduction,
mais l'inverse n'est pas vrai.
Y a-t-il différents types d'interprétation
?
Oui, il y a deux grands types d'interprétation
: l'interprétation consécutive
et l'interprétation simultanée.
En quoi consiste
exactement l'interprétion de conférence
?
En interprétation consécutive,
l'interprète est assis parmi les participants
de la réunion.
Il écoute l'intervention de l'orateur,
en général jusqu'à quinze
minutes, avant de la retransmettre dans une
autre langue à l'aide de notes qu'il
aura prises. Ce type d'interprétation
est de nos jours utilisé presque exclusivement
pour les réunions en petit comité
ou les réunions très techniques.
En interprétation simultanée,
l'interprète travaille en cabine avec
au moins un collègue.
L'interprète écoute le discours
de l'orateur à l'aide d'un casque et
restitue le message presque instantanément
dans une autre langue. Compte tenu du haut
niveau de concentration requis pour interpréter
le discours d'un intervenant pendant qu'il
parle, les interprètes se relaient
environ toutes les trente minutes. Pendant
qu'un interprète travaille, l'autre
suit attentivement le fil du débat
et se tient prêt à aider son
collègue si besoin est. C'est l'interprétation
simultanée qui est la plus utilisée
aujourd'hui.
Je suppose
que cette activité nécessite
des qualités assez particulières.
Il faut être rapide, mais on n'a pas
le droit à l'erreur, est-ce que c'est
un peu ça ?
Exactement. De plus, il ne suffit pas d'être
bon en langues pour devenir interprète.
Il faut certes avoir une excellente maîtrise
de ses langues de travail, langue maternelle
comprise, mais aussi une très grande
capacité d'analyse et de concentration,
une grande curiosité intellectuelle
et une connaissance parfaite de la culture
et de l'actualité des pays où
ses langues de travail sont parlées,
surtout pour comprendre l'implicite. Il faut
également être rigoureux dans
tous les aspects de son travail : cela va
de la ponctualité au respect du secret
professionnel.
Quel type d'études faut-il faire pour
se diriger vers cette voie ?
Il faut bien évidemment passer par
une école spécialisée
pour apprendre les techniques d'interprétation.
L'interprétation de conférence
est une profession qui réclame des
aptitudes et un savoir-faire qu'on ne peut
acquérir en autodidacte. La formation
en interprétation correspond au niveau
bac +4/5 à l'ESIT. Contrairement aux
idées reçues, il ne faut pas
forcément avoir fait des études
en fac de langues auparavant. En ce qui me
concerne, je suis passée par la filière
LEA (Langues Étrangères Appliquées),
mais les étudiants de l'ESIT viennent
d'horizons très différents.
Peux-tu
nous dire quelques mots sur l'ESIT ? Je crois
que c'est tout simplement la meilleure école
en France ?
Il y a actuellement quatre écoles en
France qui forment à l'interprétation
de conférence.
L'AIIC (Association Internationale des Interprètes
de Conférence) classe les écoles
d'interprètes selon un certain nombre
de critètes, et l'ESIT est au troisième
rang mondial de ce classement. Un des plus
grands avantages de cette école est
que les enseignants sont des interprètes
de conférence en activité, qui
connaissent donc très bien la réalité
du métier. Est-ce que
l'interprétation, plus que la traduction
ou l'enseignement, est une voie à conseiller
pour des étudiants en langues ?
Je ne pense pas qu'on puisse conseiller une
profession particulière à une
personne souhaitant travailler dans le domaine
des langues. Être enseignant, traducteur
ou interprète requiert des qualités
très différentes. Le plus important
est d'informer sur les possibilités
existantes, puis reste à chacun de
voir quelle est la voie qui l'attire et lui
conviendrait le mieux. Quand on parle de métiers
dans les langues aujourd'hui, on pense souvent
à l'ensiegnement et la traduction,
mais très rarement de l'interprétation.
C'est une activité encore peu connue.
La rémunération
est-elle attractive ? Est-ce qu'on a l'occasion
de voyager ?
Si l'on regarde la rémunération
par jour de travail d'un interprète,
on peut dire qu'elle est élevée.
On oublie toutefois souvent qu'il y a beaucoup
de préparation en amont de chaque réunion.
Il faut se familiariser non seulement avec
la terminologie du sujet de la réunion,
mais aussi avec ses tenants et aboutissants.
Il faut également faire des recherches
sur les participants à la réunion,
connaître leur position, etc.
En ce qui concerne les voyages, il semble
que les interprètes sont moins amenés
à en faire de nos jours. Toutefois,
un interprète basé en Europe
a de grandes chances de voyager plus ou moins
fréquemment dans le continent, surtout
s'il est interprète auxiliaire de conférence
(c'est-à-dire accrédité)
auprès des institutions européennes.
Aujourd'hui
as-tu encore envie d'apprendre d'autres langues,
ou préfères-tu perfectionner
celles que tu connais ?
J'ai bien évidemment envie d'apprendre
d'autres langues, mais je ne peux pas me le
permettre pour le moment. Le niveau de langue
exigé en interprétation est
tel que pour l'instant, je dois me concentrer
sur mes langues de travail... non seulement
celles que j'ai à l'ESIT, mais aussi
le finnois, que j'espère pouvoir ajouter
à temps pour la présidence finlandaise
de l'Union Européenne au second semestre
2006. Une fois cet objectif atteint, je pourrai
recommencer à penser à d'autres
langues !
Pour
en revenir à Freelang, je crois que
tu prépares un dictionnaire same, peux-tu
nous en dire plus sur cette langue ? Est-ce
la même chose que le lapon ?
Oui, c'est la même chose. On utilise
le terme "same" de nos jours car
"lapon" n'est plus considéré
comme étant politiquement correct.
Les Sames vivent dans l'extrême nord
de la Norvège, de la Suède,
de la Finlande ainsi que dans péninsule
de Kola, en Russie. Le same est une langue
finno-ougrienne, donc apparentée au
finnois, et parlé par 35 000 locuteurs.
Il compte dix dialectes. Le dictionnaire que
je prépare est un dictionnaire de same
du nord, parlé par environ 80% des
locuteurs de same. As-tu d'autres
projets concernant Freelang ?
Oui. Dans l'immédiat, terminer le dictionnaire
de same et enregistrer les fichiers sons du
dictionnaire de russe si l'on ne trouve pas
de locuteur natif prêt à le faire.
Je pense ensuite réviser les dictionnaires
de polonais et de finnois, ce que je n'ai
pas eu le temps de faire pendant que j'enregistrais
les fichiers sons pour ces langues. Éventuellement
réviser le dictionnaire de russe aussi.
Et si Freelang lance de nouveaux projets,
je serai bien évidemment prête
à aider à les mettre en uvre
!
En dehors
de Freelang, as-tu d'autres projets ? Je pense
par exemple à des voyages ?
Pour le moment, mes projets sont plutôt
d'ordre professionnel : sortir de l'ESIT diplômée
(il faut avoir une moyenne de 16/20 pour obtenir
le diplôme, ce qui explique que la plupart
des étudiants qui sortent diplômés
de l'ESIT font l'école en trois ans
et non en deux), puis passer l'examen d'agrément
auprès des institutions européennes.
Je compte aussi passer l'examen permettant
de devenir traducteur assermenté de
finnois. Je traduis déjà depuis
le finnois, mais être assermenté
permet de traduire des documents officiels,
mais aussi et surtout de se faire connaître.
Les grands voyages devront donc attendre un
peu, mais pourquoi pas quelques petits voyages
entre temps ? J'aimerais retourner en Lettonie
l'année prochaine par exemple...
Merci Géraldine.
Etes-vous
fait pour le métier de
Traductrice
Atout Métier
vous aide à définir l'orientation
qui vous convient le mieux. Cet outil
est destiné aux étudiants,
aux jeunes diplômés, aux
demandeurs d'emploi, ainsi qu'à
tout individu en poste qui souhaite
faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle. En
savoir plus ...
Patrizia
M.
Traductrice Interpréte domiciliée
à Lille (depuis 5 ans )
Société: Italien Traduction
>
Pourriez-vous nous raconter votre parcours
scolaire, si vous avez étudié
en France ou en Italie ?
- En France j’ai l’équivalent
d’un DEA. J’ai fait une partie
de mes études en Italie où
j’ai étudié la littérature
étrangère, avec une spécialité
en Espagnol. Cependant, j’ai commencé
à voyager et dès l’âge
de 16 ans je partais déjà
aux Etats-Unis. Puis pendant mes études,
j’ai commencé à travailler
à l’aéroport de Milan,
j’ai également travaillé
pour des agences de voyage en Italie.
Puis dans le cadre d’un programme
similaire à Erasmus en Italie,
je suis partie en Espagne 1 ans à
l’université de Salamanque
pour ma dernière année.
En ce qui concerne mon parcours professionnel
qui était déjà bien
entamé, je suis partie en Angleterre,
à l’âge de 34 ans pour
travailler. J’ai commencé
par des petits boulots puis j’ai
donné des cours d’espagnol
à la Fac. De retour en Italie j’ai
poursuivi en donnant des cours de géographie
et d’anglais en seconde année
de Fac. En parallèle, j’ai
passé de nombreux concours, notamment
en littérature italienne, ce qui
me permettait d’enseigner l’italien
en tant que langue étrangère.
> Depuis combien
de temps êtes-vous basée
sur Lille ? Quand avez-vous commencé
votre activité de traduction-interprétariat
?
- Je suis arrivée à Lille,
il y a 5 ans mais je n’ai pas commencé
tout de suite. J’ai d’abord
travaillé pour les Chambre de commerce
pour qui j’ai fait diverses traductions.
J’ai éprouvé le besoin
de lier communication et création
en créant une micro entreprise,
en juin 2005. Aujourd’hui je travaille
seule, en tant qu’indépendante.
J’aime lire, écrire et communiquer
les langues étrangères.
Aussi, j’ai ressenti le besoin de
mêler tout ça pour en faire
un métier.
> En quoi consiste votre travail au
quotidien ?
- Je fais des traductions de textes anglais,
espagnol et français vers l’italien,
des relectures italiennes, je propose
un service interprétariat vers
l’Italie et des formations entreprises
pour les langues étrangères.
C’est un métier très
varié, cela peut aller de la traduction
d’articles de presse ou de catalogue,
en passant par des traductions commerciales
jusqu’aux courriers et pages Internet.
Je fais de tout sauf du médical
car trop spécifique.
> Quels sont
pour vous et votre société
les projets d’avenir ?
- La prochaine étape du développement
de mon entreprise est de créer
un site Internet où je pourrais
proposer mes services comme une vitrine.
Par la suite, le site pourra proposer
un service de traduction en ligne ou encore
des cours sous forme de e-learning. J’aimerais
également créer une collaboration
littéraire avec une maison d’édition.
Il faut sans cesse se renouveler pour
élargir ses horizons et éviter
de stagner dans un milieu où la
concurrence est rude.
> Etant donné
la vive concurrence qui existe, quels
sont selon vous les avantages et les inconvénients
de votre métier ?
- L’inconvénient majeur est
le manque de travail étant donné
qu’avec mon statut de travailleur
libéral, je dois sans cesse démarcher
pour trouver des prestations. Néanmoins,
ce statut apporte une liberté d’exercice
non négligeable. Je travaille pour
moi et je gère moi-même.
Je vois également un autre avantage
à ce métier c’est
que je suis en apprentissage continuel.
On ne connaît jamais une langue
parfaitement et la diversité des
textes à traduire offre la possibilité
d’apprendre toujours plus sur une
langue et sa culture. Comme je l’ai
dit, c’est un métier où
l’on apprend toujours et on se sent
enrichit en fin de journée. Cependant,
nous avons une responsabilité vis-à-vis
de nos clients. Le monde est petit, il
est important d’être professionnel.
> Quels conseils
pourriez-vous donner à un étudiant
qui voudrait se diriger dans la traduction
et l’interprétariat ?
- Au départ, il est important d’avoir
un métier à côté
comme un mi-temps. Cela permet le développement
professionnel dans le domaine de la traduction.
Il faut aimer lire et écrire pour
s’ouvrir et apprendre le plus possible.
Il est important de savoir écouter
pour être sûr de faire une
traduction précise.
> Quelles sont selon vous les qualités
nécessaires pour travailler en
tant que traducteur- interprète
?
- Il est évident qu’il faut
être doué en langue et surtout
éprouver un intérêt
pour les langues. Il est important d’avoir
une autre formation en marketing, relation
presse ou communication, ce qui donne
un plus.
JxS 29 Juillet 2006
Test
de recrutement
Ce test vous
permet de vous placer en situation
réelle d'embauche et de mieux
préparer vos entretiens...Ce test s'adresse
en priorité aux jeunes diplômé(e)s
et aux demandeurs d'emploi (si vous
êtes employé(e), cadre
ou dirigeant, nous vous conseillons
le Profil
PRO ). En
savoir plus ...
Interview
de Christine S., Traductrice indépendante
Pourriez-vous nous décrire,
en quelques mots, votre parcours professionnel
?
J’ai commencé à
travailler comme traductrice indépendante
en février 2006. Je suis également
traductrice assermentée près
la Cour supérieure de Justice
de Luxembourg depuis juin 2008. Je
travaille pour des agences de traduction
et de communication dans toute l’Europe
et parfois au-delà, ainsi que
pour des institutions diverses, des
entreprises et des clients privés
au Luxembourg. Mes principaux domaines
de spécialisation sont le droit,
le commerce, le marketing et le tourisme.
Quelles sont
selon vous les qualités requises
pour l’exercer ?
Un traducteur doit :
• être passionné
par les langues, cela va de soi, et
avoir des connaissances très
approfondies des langues étrangères
qu’il traduit ainsi que de la
culture des pays où ces langues
sont parlées ;
• maîtriser à la
perfection tous les aspects de sa
langue maternelle et être capable
de s’adapter à des styles
d’écriture et des types
de textes différents ;
• avoir une bonne culture générale,
s’intéresser à
de multiples domaines et, de préférence,
être spécialisé
dans un ou plusieurs domaines (ex.
droit, médecine, informatique,
marketing, etc.) ;
• être disposé
à continuer de se former et
se perfectionner tout au long de la
vie ;
• avoir de bonnes connaissances
informatiques ;
• avoir un esprit d’entrepreneur
s’il veut travailler en tant
qu’indépendant.
Quel a été votre parcours
de formation et pourquoi avoir choisi
ce pays et cette/ces institution(s)
? Quels commentaires voudriez-vous
faire au sujet de ce parcours ?
J’ai obtenu une licence en traduction
(4 ans d’études) à
l’École de Traduction
et d’Interprétation (ETI)
de l’Université de Genève,
en Suisse. J’ai choisi cette
institution, parce qu’il s’agit
d’une des plus anciennes écoles
de traduction au monde et d’une
des plus prestigieuses. J’y
ai également obtenu un DESS
en terminologie. Durant mes études,
j’ai découvert que la
traduction juridique était
le domaine qui m’intéressait
le plus, je me suis donc inscrite
en licence en droit par formation
à distance à la Sorbonne
de Paris afin de me spécialiser
davantage dans ce domaine.
A quelles
difficultés majeures avez-vous
dû faire face pour démarrer
dans la vie professionnelle ?
Pour un traducteur indépendant
débutant, la principale difficulté
est celle de trouver des clients.
Il faut frapper à beaucoup
de portes, contacter des centaines
de clients potentiels et faire beaucoup
de publicité. Le démarrage
est généralement lent,
la plupart des traducteurs indépendants
mettent environ 6 mois à 1
an, parfois plus, à pouvoir
vivre de la traduction et avoir des
clients réguliers. Un traducteur
indépendant est en réalité
une petite entreprise, il ne peut
pas se contenter de traduire, il doit
également trouver des clients,
faire de la publicité, négocier
les tarifs et les conditions, gérer
les projets, facturer, relancer les
clients en retard de paiement, faire
la comptabilité, etc. Ce sont
des choses qu’on n’apprend
généralement pas à
l’université et qui peuvent
être difficiles au début.
Quels sont
les secteurs au Luxembourg susceptibles
d’embaucher des traducteurs
à plein temps ou free lance
?
Traducteurs internes :
• L’Union européenne,
puisque la Direction générale
de la traduction de la Commission
européenne et le Centre de
traduction des organes de l’Union
européenne sont tous les deux
situés au Luxembourg.
• Certaines grandes entreprises,
des banques et de grands cabinets
d’avocats embauchent des traducteurs
internes, mais ces postes sont plutôt
rares.
• Les agences de traduction,
dont il convient de souligner Euroscript,
qui est une des plus grandes agences
de traduction au monde.
Traducteurs indépendants :
• L’Union européenne
recrute périodiquement des
traducteurs indépendants par
voie d’appels d’offres.
• Vu le grand nombre d’étrangers
qui résident ou travaillent
au Luxembourg, il y a beaucoup de
demande pour les traductions assermentées
(traductions de tous types de documents
officiels, tels qu’actes de
naissance ou de mariage, diplômes,
certificats, etc.).
• Les agences de traduction
et de communication, les entreprises
de tous secteurs, les banques, les
cabinets d’avocats, les ONG,
etc., non seulement au Luxembourg,
mais aussi à l’étranger,
puisque rien n’oblige un traducteur
indépendant établi au
Luxembourg de travailler exclusivement
pour des clients au Luxembourg.
La Traduction
, un métier pour la vie ? Peut-on
éventuellement travailler dans
un autre secteur après des
études de traduction ?
Certainement, puisqu’un traducteur
est obligé d’être
polyvalent. Il ne suffit pas de maîtriser
les langues, il faut aussi connaître
les domaines que l’on traduit.
Dans beaucoup de métiers, les
connaissances linguistiques sont de
plus en plus importantes, des études
de traduction peuvent donc s’avérer
utiles dans d’autres domaines
aussi. Certains de mes amis de l’université,
licenciés en traduction, travaillent
maintenant comme journalistes, assistants
juridiques, rédacteurs…