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Jacqueline Cohen à vécu
au Canada où elle a fait
des études, puis du théâtre.
Elle a suivi un cours de deux
ans sur Shakespeare, dont six
mois sur " Hamlet ".
Elle a fait ensuite quatre versions
de " Hamlet ". Après
ces années d'études
elle est rentrée à
Paris en étant bilingue,
et littéraire, ce qui
l'a mené par hasard vers
la traduction de films.
Objectif
Cinéma : Quelle est
votre première expérience
dans ce domaine ?
Jacqueline Cohen : Oh j'ai
fait des westerns, des machins
comme ça ! Puis j'ai
un ami qui m'a appris la
technique, parce que je
savais juste écrire.
Et petit à petit
j'ai travaillé dans
une boîte où
je jouais des rôles.
Je me débrouille
aussi en italien, en espagnol,
je parle un peu allemand.
Mais le tout premier film,
je ne me rappelle plus vraiment
lequel c'était... |
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Objectif
Cinéma : Et dans votre
métier, quels sont les
films qui vous ont le plus marqués
?
Jacqueline Cohen : Les Woody
Allen bien sûr, mais les
Branagh aussi, les Shakespeare
de Branagh, ainsi que des films
de Wajda. Certains films de
Carlos Saura également.
Mais les films qui m'ont le
plus donné de mal et
davantage marqué, ce
sont les Branagh, c'est sûr.
Objectif
Cinéma : Le " Hamlet
" peut-être ?
Jacqueline Cohen : Oui, ça
me fait rire parce que je viens
de faire les sous-titres d'une
série anglaise qui passe
à la télé,
une histoire de personnages
qui remontent le temps. Et dans
un épisode, ils se retrouvent
à la cour du Roi et devant
Shakespeare, qui les attaque
en disant : " ça,
c'est pour l'interminable version
de quatre heures de Kenneth
Branagh ! ". Cela dit je
ne sais pas si vous avez vu
cette version de quatre heures,
mais qu'est-ce que c'était
beau ! Cela dit, c'est "Beaucoup
de bruit pour rien" qui
m'a le plus impressionné.
Et
le travail sur les films de
Woody Allen ? Comment le suivre
d'époque en époque
?
Jacqueline Cohen : Je n'ai pas
eu à faire les films
les plus difficiles de Woddy
Allen, notamment ceux où
il y a plein de jeux de mots,
qui représentent ce qu'il
y a de plus difficile à
traduire. Il y en a un dans
le dernier (" Escrocs mais
pas trop ") qui m'a empêché
de dormir : il raconte une histoire
pendant une réception,
et dit " Mom back "
("Hé, r'cule !"),
je me disais que je n'y arriverais
jamais ! C'est un jeu de mots
très mauvais, c'est pour
ça qu'il est bon, "
Mom back ", c'est une déformation
de " Move back ",
on le voit d'après le
geste ! En sous-titrage, ça
va, " Hé, r'cule
! ", mais pour le synchronisme
du doublage, ça ne marche
plus vraiment ! Mais mon film
favori c'est " Coups de
feu sur Brodway ", j'aime
aussi "Maris et femmes"
".
Objectif
Cinéma : Comment on vient
à travailler sur les
films de Woody Allen ? Y a-t-il
eu des rencontres ?
Jacqueline Cohen : A l'origine,
c'est Georges Duterque, un superviseur
pour les versions françaises,
qui s'occupait des Allen. Après
un problème indépendant
de son talent de traducteur,
on m'a demandé de reprendre
la relève. Puis quelques
années plus tard, on
m'a suggéré de
rencontrer Allen. Je répondais
"plus tard, plus tard"
! Et un jour, j'étais
dans les bureaux de la Columbia,
et quelqu'un est venu me voir
en me disant que Woody Allen
voulait rencontrer la Woody
Allen française !
Entretien réalisé
par Richard DALLA ROSA, suite
de l'interview ...
Fiche
métier du
Traducteur
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