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La 3D au
Maroc, une jeune industrie en plein essor
Les jeunes artistes 3D du Maroc sont très
optimistes quant à l'avenir du métier.
Un secteur en pleine expansion, qui se voit
contraint de faire appel à des compétences
étrangères pour répondre
à la demande.
L'animation en trois dimensions, ou simplement
la 3D pour les initiés, existe au
Maroc. Déjà plusieurs publicités
en 3D réalisées par des firmes
marocaines défilent sur le petit
écran. Parmi leurs productions, on
note également des séquences
en 3D destinées à des séries
comme c'est le cas dans «Al Kadia»
de Nourredine Lakhmari, des films cinématographiques
(«Les bandits?» de Said Naciri),
des clips vidéo (Hoba Hoba Spirit
et Najat Aâtabou). Il y a même
une commande de dessins animés faite
par la chaîne Al Jazeera Children.
Toute fois, même si le marché
de la 3D connaît une grande évolution,
le Maroc ne peut encore se vanter d'être
à la pointe de ce qui se fait au
niveau mondial. «Les concepteurs marocains
utilisent de plus en plus ce procédé,
qui peut-être bluffant s'il est bien
réalisé», affirme Imane
Saad, responsable de production.
Trois grandes firmes s'arrachent les artistes
3D qu'offre le marché marocain. Des
artistes le plus souvent autodidactes ou
alors formés à l'étranger.
«Les 3Déistes nationaux sont
loin d'être suffisants, faute de manque
d'école de formation à ce
niveau, nous sommes contraints de faire
appel à des compétences étrangères
pour répondre à une demande
de plus en plus importante», précise
Imane Saad.
Mohamed Amine Kerbal, un jeune développeur
de jeux, autodidacte,? précise?:
«il y a 4 ans, les graphistes et développeurs
de jeux vidéo étaient rares
au Maroc.? Nous étions quelques-uns
à échanger nos expériences
et même les moyens de communication
étaient limités. Internet
n'était pas aussi disponible».
Et de poursuivre?: «aujourd'hui, nous
pouvons être fiers qu'à partir
d'une licence mondiale, nous développons
des jeux de conception marocaine».
La créativité de ces jeunes
«game developers» nationaux
a beaucoup apporté à l'industrie
du jeu vidéo dans le monde. Suite
à ce constat, un projet d'envergure
est en cours de réalisation, la création
de la première école du jeu
vidéo et du film d'animation au Maroc.
Elle est le fruit d'une association entre
un éditeur mondial du jeu vidéo
et une maison de production marocaine. Les
cours y seront dispensés gratuitement,
mais l'adhésion se fera par concours
et dépôt de dossier.
«À ce jour, au Maroc, les écoles
qui forment dans le domaine? n'existent
que dans le privé, en plus d'être
rares», affirme Mohamed Amine Kerbal.
Ainsi cette initiative permettra aux deux
firmes de former leurs propres collaborateurs
et les adapter directement aux besoins de
l'industrie. Une industrie qui coûte
cher à ses clients. Imane Saad explique
que «le prix dépend de la complexité
des animations à faire, de la modélisation
des différents éléments
qui font partie de la création. L'estimation
est faite selon le nombre de jours de travail
nécessaire à cette animation».
Tufan Sezer, un artiste 3D dans un organisme
marocain déclare : «la création
d'un personnage prend au moins 15 jours
entre les recherches en dessin et la modélisation
en 3D». Et son collègue Sébastien
Gaucher, d'ajouter?: «sans oublier
le rigging, qui est la mise en place des
contrôles d'animation sur les articulations
avant de commencer à donner vie aux
personnages». Le parc artistique de
la 3D au Maroc est très jeune. L'ambiance
dans les ateliers de création est
très décontractée (jeans,
baskets et accessoires de haute technologie).
Des échanges artistiques ou techniques,
éclats de rires et créativité
rythment les heures de travail de ces jeunes
3Deistes, comme ils se définissent.
«Mon rêve est de réaliser
un long-métrage, il me faut juste
un producteur. Mais je vais réaliser
une série de dessins animés
«Rass Derb», ce n'est qu'une
question de temps», promet Rachid
Jadir, artiste 3D.
Par ailleurs, une des rares occasions pour
les animateurs 3D nationaux de montrer leur
talent, est le FICAM (Festival international
du cinéma d'animation de Meknès).
«Les manifestations culturelles de
3D n'existent qu'à l'étranger,
ici, il n'y a que le FICAM mais il n'est
pas dédié aux Marocains. Les
organisateurs ne font pas confiance au produit
arabe en général, ils mettent
en avant les produits étrangers alors
que les participants marocains sont capables
de créer des films à 100%
3D, il faut juste qu'ils trouvent des sponsors»,
ajoute Rachid Jadir.
Ainsi à travers leur créativité
et leur esprit d'innovation, les jeunes
Marocains ne cessent d'honorer leur pays.
Ils promettent de grandes réalisations.
Par : Mounir Siraj
Fiche métier
de l' Animateur
3d
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