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Première
Femme détective au Maroc
Myriam Marzak est la première femme
détective privée au Maroc
et en Afrique. Un métier réservé
en principe aux hommes. Mme Marzak parle
de son travail, de sa clientèle diversifiée
et des opportunités d’investigations
au Maroc. Entretien.
ALM : Quel est
le parcours de la première femme
détective au Maroc ?
Myriam Marzak : Je suis née et j’ai
grandi au Maroc d’un père marocain
et d’une mère française.
Après avoir eu mon bac au Lycée
Lyautey, je suis partie poursuivre mes études
en France, option psychologie. Puis j’ai
intégrée l’Ecole des
détectives dans laquelle j’ai
passé quatre ans de formation en
matière de recherche, et d’investigations
dans tous les domaines avant d’avoir
mon diplôme de détective privée.
Je suis mariée et mère de
trois enfants, une fille et deux garçons.
Je suis la directrice du Cabinet, tandis
que mon mari, Zouheir Marzak en est le P-DG.
Après l’obtention du diplôme
j’ai travaillé durant une douzaine
d’années au sein d’un
important ministère à Paris.
Ensuite, j’ai quitté mon travail
et j’ai attendu environ trois ans
avant que je ne sois autorisée à
avoir mon Cabinet de détective privée
et de m’installer définitivement
au Maroc. Cela fait maintenant près
de onze mois que je travaille au Maroc.
Parlez-nous de
votre travail au Maroc ?
Cela se passe très bien. J’ai
des conventions avec de grandes firmes notamment
en ce qui concerne le suivi de leurs contentieux.
Autrement dit, tout ce qu’ils n’arrivent
pas à récupérer, surtout
les clients débiteurs qui deviennent
introuvables. Je traite aussi de dossiers
d’adultère, des dossiers de
personnes disparues, des affaires d’escroquerie.
Je travaille également au niveau
international, comme sur de potentiels investisseurs
étrangers qui envisagent d’établir
leurs activités dans notre pays.
Je suis souvent chargée de cribler
leur pedigree et la crédibilité
de leurs projets. Notre Cabinet porte le
nom de « Groupe Sakr Sécurité
» qui , en parallèle avec le
travail de détective offre des services
de sécurité. Je travaille
toute seule, ni secrétaire ni adjoints.
Certes c’est pénible car cela
prend énormément de temps,
en revanche en travaillant toute seule,
je préserve le secret professionnel
qui est l’élément vital
du métier que j’exerce, car
c’est la seule façon d’éviter
toute fuite potentielle qu’elle soit
volontaire ou involontaire. Seuls, mon époux,
mon ordinateur et moi-même sont au
courant de ce qui se passe. Pour le moment,
je n’envisage pas de recrutement,
et même si cela se trouve dans un
temps ultérieur, ce sera à
un niveau très limité.
En dehors des grandes
entreprises, comment situer votre clientèle
de particuliers surtout que la mentalité
locale n’est pas habituée aux
services d’un détective privé
?
En général, il s’agit
d’une couche moyenne qui se présente
le plus souvent pour des affaires d’infidélité
conjugale. C’est vrai qu’au
tout début, beaucoup de gens se sont
présentés dans nos locaux
avec un esprit sollicitant la vengeance
d’un ex-partenaire ou d’un rival.
Mais petit à petit je suis arrivée
à structurer le Cabinet tout en faisant
comprendre aux clients en quoi consiste
mon travail. Il y a surtout une forte présence
des dossiers de personnes disparues, le
plus souvent difficiles à retrouver.
D’autant plus que je dois mettre du
temps pour m’assurer de la crédibilité
des propos du client avant d’entamer
mes investigations qui s’avèrent
encore plus pénibles.
Quels sont vos
rapports avec les investigateurs officiels,
la police nationale ?
Ce sont des gens extraordinaires qui font
constamment preuve d’une très
grande compétence . Je parle en connaissance
de cause et le n’exagère pas
si je dis que notre police nationale est
l’une des meilleures au monde en matière
d’investigation. Ils font un superbe
travail interne et ils sont très
pros sur le terrain, malgré leur
image que l’on essaye de ternir. L’un
de mes souhaits personnels est de pouvoir
travailler en parallèle avec cette
police car il y a beaucoup à faire
dans ce sens. Ce sera également une
occasion pour moi de rendre service à
mon pays d’origine.
Vous avez vécu
longtemps en dehors du Maroc, comment avez-vous
trouvé le pays depuis que vous y
êtes installée ?
Je trouve que le Maroc est sur une très
bonne voie vers un développement
socio-économique, notamment par rapport
à plusieurs pays du tiers-monde et
en particulier du continent africain et
du monde arabo-musulman. Je pense que notre
jeune Souverain fait beaucoup de choses
positives pour notre pays dont l’avenir
sera certainement meilleur, il suffit d’y
croire et de se mobiliser. En tant que MRE,
mon retour au pays est en quelque sorte
un remerciement et une profonde reconnaissance
envers les efforts fournis par SM le Roi
Mohammed VI.
Par : Mohamed BENKHALLOUK
Fiche métier
du Détective
privé
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