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Zoom sur
un reporter audacieux
A l’origine du succès incontestable
de l’émission d’investigation
« Tahkik » sur 2M, un journaliste-reporter
qui a à son actif des enquêtes
poignantes et une équipe de choc
. Portrait de Mohamed Khatam.
Le rendez-vous est fixé à
23H30. Lorsqu’on l’a appelé,
Mohamed Khatam était en train d’apporter
les dernières retouches au texte
qui va accompagner l’émission
Tahkik (enquête) diffusée aujourd’hui
sur 2M. Actualité oblige, le thème
n’est autre que l’intégration
des jeunes dans la vie sociale et culturelle.
Trop pris par son travail, il ne nous a
réservé qu’une demi-heure
de son temps. Assez pour nous permettre
d’entrer dans les coulisses de la
préparation de cette émission
d’investigation qui tranche d’ailleurs
avec les autres programmes et émissions
d’information de la deuxième
chaîne. Monsieur investigation de
2M, comme aiment à l’appeler
certains de ses collègues, est connu
avant tout pour sa modestie.
Ce journaliste-reporter a à son actif
de nombreuses enquêtes qui ont fait
exploser l’audience sur la deuxième
chaîne nationale. Les reportages sur
l’émigration clandestine et
les prisons, d’une acuité et
d’une pertinence exemplaires, ont
fait hisser l’audimat à des
niveaux très rarement atteints auparavant.
A chaque fois, l'équipe de Tahkik
livre aux téléspectateurs
marocains de grands moments de télévision.
Lorsqu’on aborde avec lui les conditions
dans lesquelles se réalise son émission,
Mohamed Khatam souligne que derrière
la fluidité des 52 minutes de Tahkik
se cachent plusieurs contraintes. «
Il faut être réaliste, les
conditions d’une émission telle
que la nôtre sont différentes
par rapport à des pays comme la France
et les Etats-Unis.
Dans ces pays, ce type de programmes nécessite
plusieurs mois de préparation entre
le tournage, le montage… »,
lance-t-il. Le reporter ne s’en plaint
pas pour autant. Assisté par une
équipe de choc, celui qui a sillonné
le Maroc à la recherche d’images
poignantes sur des phénomènes
sociaux, dont on parle peu ou mal à
la télévision, n’a qu’un
seul souci : présenter au public
marocain une enquête télévisuelle
mensuelle de proximité respectant
les standards en la matière. Le tout,
dans un langage accessible. Cela est-il
toujours évident ? « L’investigation
au Maroc n’est pas un exercice aisé
compte tenu de la sensibilité, de
la gravité aussi, de certains sujets
», confie Mohamed Khatam. Une contrainte
à laquelle s’ajoute l’accès
à l’information, dont l’accès
est des plus difficiles en matière
de journalisme, et l’opacité
des sources. Cela n’empêche
pas l’équipe de Tahkik de réussir
des coups qui n’ont rien à
envier aux émissions internationales
du même genre.
Au niveau interne, le reporter avoue que
la direction ne lui a jamais refusé
un sujet. « Lorsqu’on assure
un traitement équilibré des
sujets qu’on aborde, rien n’empêche
la réalisation d’une émission
comme celle de Tahkik », assure-t-il.
Celui qui s’est imposé à
la chaîne par son professionnalisme
n’était pas prédestiné
à devenir ce qu’il est aujourd’hui.
Avant d’attraper le virus du journalisme,
Mohamed Khatam a été rattaché
à la direction financière
et administrative de 2M depuis son lancement
en 1989 avant d’être appelé
à rejoindre le service de l’information.
Ce fut le début d’une carrière
pour le moins exceptionnelle dans le paysage
audiovisuel marocain. C’est au sein
de ce département qu’il fait
ses premières armes dans le métier.
Un service où il a acquis cette expérience
qui l’a amené à réaliser
des reportages spéciaux pour le compte
du service de l’information. Animée
au départ par Driss Ouhab, elle a
fini par lui être « confiée
». Ayant pris le flambeau depuis quelques
années et soutenu par son équipe,
Mohamed Khatam peut aujourd’hui s’enorgueillir
de son parcours.
Par : M.D
Fiches métiers
du Journaliste
et du JRI
journaliste reporter d'images
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