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Des métiers
et des gens : Jamal, 26 ans et déjà
mégatronicien
Fils de mécanicien, passionné
de mégatronique, Jamal El Gharib
en a fait son métier et sa spécialité
: il forme les formateurs en mégatronique,
qui désigne la fusion de l’électrotechnique,
de l’électronique et de l’informatique.
Les amis de Jamal El Gharib sont très
fiers de lui : leur ami Jamal a remporté
la Coupe du monde des Métiers ! «8ème
sur 25 candidats dans ma catégorie,
c’est vrai. Il y avait 45 autres métiers
en compétition dans ce championnat
organisé tous les deux ans par Worldskills»,
précise Jamal qui se fait alors un
plaisir de nous expliquer en quoi consiste
ce métier. «Mon métier,
c’est la mégatronique qui consiste
en la conception et l’entretien des
systèmes automatisés, une
chaîne de production robotisée
par exemple…»
Ce qui fait de Jamal un mégatronicien.
Il n’avait, semble-t-il, jamais entendu
prononcer ce mot auparavant mais il l’adopte
aussitôt, à la fois par logique
et par esprit pratique. Il est surtout d’une
rare modestie. Ce métier, il le pratique
en effet en se souciant davantage de le
transmettre que d’en profiter. Sachant
que s’il voulait, il pourrait vivre
très confortablement de son métier,
mais qu’il préfère l’enseigner
en formant des formateurs spécialisés.
Jamal revient d’Algérie où
l’entreprise qui l’emploie l’a
chargé d’animer un séminaire
de formation. Une semaine de quatre jours
à régime intensif, 8 heures
par jour… C’est clair, l’enseignement
de son savoir-faire n’est pas de tout
repos. Mais il en a la vocation. D’ailleurs,
il vient d’être nommé
responsable de la formation pour l’Afrique
francophone. Jamal El Gharib est employé
par une entreprise de représentation
de grands constructeurs de machines-outils
et de systèmes automatisés,
dont une célèbre enseigne
allemande qui compte notamment Nokia comme
client.
Sa fonction était jusque-là
d’assurer directement le volet formation
des contrats en cours d’exécution,
tout en contribuant à réaliser
les études techniques de «soumissionnement».
Sa nouvelle mission, qui lui permet de passer
à une échelle supérieure,
l’enchante. Les yeux brillants comme
un enfant, Jamal ne cache pas son bonheur
de formateur comblé par une telle
responsabilité.
Fils de mécanicien, Jamal a grandi
dans l’atelier de son père.
On comprend mieux sa vocation de champion
et son amour du métier. Baccalauréat
en poche, il commence par perdre son temps
à l’université avant
de s’inscrire à l’ISTA
en «maintenance des machines-outils
et systèmes automatisés»
puis en mégatronique au titre de
spécialité. Puis il y a eu
le concours international des métiers
2003 à Saint-Gall en Suisse et l’édition
suivante, à Helsinki, où il
accompagnait l’équipe marocaine
en tant que délégué.
Simplement, Jamal espère voir triompher
le drapeau marocain et donne rendez-vous
en 2007 au Japon…
S’il n’était pas aussi
passionné par la formation, Jamal
pourrait sans peine, il le sait, trouver
un poste confortable de chef de service
maintenance ou de chef de projet dans une
grande entreprise. Mais cela ne le tente
pas, tout d’abord parce qu’il
craindrait de s’y ennuyer. Alors que
son métier est nettement plus exaltant
! S’il devait faire autre chose que
de la formation ?
Jamal accepte de réfléchir
à la question… Il créerait
un bureau d’études, sans doute.
Tout de suite, ses yeux se remettent à
briller: «Parce que le plus important,
c’est de répondre aux vrais
besoins des entreprises!» s’enthousiasme-t-il,
avant d’envisager, comme autre créneau
de reconversion, la supervision à
distance de systèmes automatisés.
Jamal El Gharib déplore en passant
l’attitude générale
des industriels lorsqu’il s’agit
pour eux d’automatiser leurs chaînes
de production : «Leur premier réflexe
est d’apprécier les économies
réalisées en termes de main-d’œuvre,
au lieu de considérer l’effet
de création de nouveaux emplois à
un niveau beaucoup plus sophistiqué.
Le plus souvent, cela se termine par la
venue d’un technicien étranger
que l’on paie rubis sur l’ongle
pour réparer en cas de panne. Alors
que si on introduisait le réflexe
de penser à créer des emplois
pour les jeunes techniciens marocains, on
ferait des économies et on se développerait
plus rapidement…» S’il
a choisi la formation, c’est précisément
pour dire tout ça : la passion du
métier, la vocation de le transmettre
et la fierté de l’incarner.
En toute humilité.
Par : Driss Messaoudi
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