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Métiers
: Ceux qui osent l’osier, le doum
et l’alfa
Au Maroc, les tiges d’osier, les feuilles
du doum et les tiges de l'alfa donnent naissance
à des créations que les Marocains
ont toujours connues, jadis ayant une fonction
utilitaire, mais qui dont l’esthétique
fascine de plus en plus les designers et
autres créateurs de mode et de meubles.
Les femmes les connaissent très bien,
ces petits accessoires en osier ou en feuilles
de doum qui sont devenus incontournables
pour leur élégance au quotidien.
Il s’agit de sacs, de babouches, de
chapeaux ou autres créations de maîtres
artisans qui ont choisi de travailler des
matières 100 % naturelles, osier,
doum ou alfa en l’occurrence. Ces
chefs d’œuvre de beauté
qui ont également investi nos intérieurs
pour ajouter une touche d’originalité.
Cette fonction esthétique n’a
que récemment surgi dans ce monde
de plantes.
Pendant longtemps, la vannerie était
surtout utilisée au Maroc à
des fins utiles. Ces produits étaient
en effet destinés à un usage
personnel et à des fins utilitaires
liées à la cuisine, au stockage
et au transport de produits. Depuis longtemps,
les Marocains ont mangé dans des
récipients en fibre naturelle. Le
«Tbek », ustensile se trouvant
dans toutes les cuisines, était destiné
à recevoir l’aliment le plus
important : le pain.
De nos jours, le «Tbek» n’a
rien perdu de son importance. Il trône
toujours sur nos salles à manger.
Si les produits sont très nombreux,
la manière de les fabriquer est pratiquement
la même. Les paniers et les chapeaux
sont tressés avec les fibres et les
feuilles de doum ou d’alfa, alors
que les meubles sont fabriqués à
partir de grands roseaux qui poussent à
l'état sauvage ou qui sont cultivés
dans des roselières. Le doum (Chamærops
humilis) est une plante qui croît
sous forme de bouquets d'arbustes bas dans
un climat tempéré. Quand les
feuilles atteignent 15 à 20 cm en
2 ou 3 ans elles sont coupées pour
servir à façonner des produits
en doum. Cette plante, le «palmier
nain» de son nom scientifique, est
très fréquente au Maroc. Quand
cette plante n'est pas soumise à
l'influence de l'homme, elle délaisse
son nanisme forcé pour le port arborescent.
Cueillir les feuilles de doum, les faire
sécher, les tresser pour en faire
un objet de tous les jours a toujours été
un rituel auquel participaient hommes et
femmes. Ces dernières se mettaient
particulièrement, dès l’aube,
à la recherche de ces palmiers nains.
Leurs mains agiles s'empressaient d'arracher
le doum et de l’acheminer aux artisans,
ces hommes qui laissaient par la suite libre
court à leur habileté et leur
imagination. Une fois le cérémonial
de la cueillette terminé, ces mêmes
femmes pouvaient se joindre aux hommes pour
laisser place à leur tour à
leur génie, mariant les bandes tressées
et jonglant avec des couleurs, aussi naturelles
qu’expressives les unes que les autres.
Des formes se dessinent. Au fur et à
mesure apparaissent des paniers de toutes
tailles.
Pour varier les plaisirs, l'artiste use
de différentes techniques pour changer
les décors, mais aussi de nouveaux
matériaux. Le cuir et le tissu embrassent
le doum. L'alfa, que les botanique et autres
agronomes ont baptisé «Lygeum
spartum», est une plante fine qui
croît dans le lit des rivières,
ses tiges rondes sont idéales pour
façonner des produits en vannerie
spiralée. Les cordages torsadés,
première étape de fabrication,
ont une grande utilité en sparterie
tandis que le jonc sert à la production
de nattes. Laquelle s’est développée
dans plusieurs régions et c’est
principalement les femmes, dans les campagnes,
qui utilisent l’alpha sur un métier
vertical. Des nattes, parmi les plus ouvragées,
trônaient dans la plupart des demeures
marocaines. Leur décor utilise des
joncs teints en bleu, rouge, brun ou vert.
Si ces nattes, tapis des pauvres comme elles
sont communément appelées,
sont de moins en moins utilisées
dans les salons ou les salles de séjour
marocains, d’autres produits, sets
de table, abat-jour et couffins, tous fabriqués
à base d’alfa, trônent
actuellement dans nos intérieurs,
sur nos tables à manger ou dans les
coins les plus intimes de nos maisons.
La vannerie est constituée de produits
à base de feuilles de palmiers, pour
la plupart fabriqués dans le Sud
du Royaume, palmeraies abondantes oblige.
Couffins et éventails en sont les
principaux produits.
Dans le Sud, on trouve des couffins décoratifs
en feuille de palme, brodés de toutes
dimensions et des petits meubles en bois
de palmier. Mais c’est un art qui
a tendance à s’estamper et
son utilisation demeure limitée aux
régions du Sud. Autre fibre naturelle
mais même utilisation, l’osier.
Il est utilisé pour la fabrication
de corbeilles de différentes dimensions
ainsi, que pour la conservation de certaines
denrées.
De la main des artisans qui ont choisi de
caresser cette plante sortent, en outre,
de très jolis meubles, tables, chaises,
fauteuils...
Par : Fadoua GHANNAM
Fiche métier du Vannier
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