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Petites «Briouates»,
grand commerce
Envahissant certaines grandes artères
de la ville de Casablanca, les vendeurs
de «Briouates» gagnent bien
leur vie sans respecter les règles
élémentaires de l’hygiène.
Leur métier rapporte, en moyenne,
200 Dh par jour.
Les «Briouates»,
Naïma a su, intelligemment, en
faire ses choux gras.
La trentaine, cette jeune femme, mère
de deux enfants s’est convertie,
depuis plus d’une année,
en vendeuse de «Briouates»
et a élu domicile sur la plus
achalandée des ruelles du quartier
commerçant de Mâarif, à
Casablanca. À en croire les dires
de Naïma, ce métier est
celui qui rapporte le plus, comparé
à ceux des marchands ambulants.
«J’ai pratiqué presque
tous les autres métiers et c’est,
avec seulement celui-là, que
j’ai pu joindre les deux bouts»,
dit-elle. |
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Les «Briouates» sont vendues
à l’unité et sont farcies
en viande, en poisson ou en poulet. Le prix
est fixé à 3 Dh tandis que
la préparation d’une seule
unité ne coûte que 1,50 Dh.
Les ventes peuvent grimper jusqu’à
100 «Briwas» par jour, et ce,
pendant la période estivale et lors
des vacances scolaires. Elles peuvent également
chuter, causant ainsi un manque à
gagner au vendeur doublé d’une
perte de la marchandise.
Naïma assure que ses «Briouates»
sont fraîches et préparées
selon les traditions gastronomiques marocaines.
«Avec l’expérience, je
sais maintenant quand est-ce qu’il
faut arriver avec un panier plein, où
et comment étaler mes «Briouates»
explique-t-elle. Car il ne suffit plus de
se mettre debout devant un panier de paille
et inviter les passants à mettre
la main à la poche. Les vendeurs
rivalisent entre eux et avancent comme argument
massue pour passer la qualité de
leurs produits. Parler de qualité
dans ce cas est une autre paire de manches,
puisque les conditions dans lesquelles les
«Briouates» sont mises en vente
sont à mille lieues des règles
élémentaires de l’hygiène.
Pour les garder bien au chaud, les vendeurs
mettent les «Briouates» dans
un panier en paille et les servent enveloppées
dans du papier. Ce métier commence
à prendre de l’ampleur, et
ce sans alerter les services d’hygiène
et de protection des consommateurs. La clientèle
de ces petits coupe-faim se fait de plus
en plus nombreuse et se compte surtout parmi
la catégorie des salariés.
Aïcha, une autre spécialiste
des «Briouates» et autres délices
de la gastronomie marocaine, avoue qu’elle
est arrivée, au bout de huit mois
seulement, à fidéliser une
certaine clientèle : «Il y
a des personnes que j’ai commencé
à connaître, parce qu’elles
viennent souvent acheter mes «Briouates»
pour les goûter, ou carrément
faire une commande».
Les plus intelligents d’entre ces
marchands ont pu même accéder
au «statut» de traiteur. Une
nouvelle option dans cette catégorie
de marchands ambulants et qui se développe
grâce à l’indifférence
des autorités publiques. Ce métier
est de plus en plus prisé et attire
aussi bien les hommes que les femmes. À
Mâarif, mais également à
l'avenue Hassan II, au boulevard Mohammed
V et l'avenue du Prince Moulay Abdellah,
ces vendeurs de «Briouates»
ne ménagent aucun effort pour écouler
leur stock.
Par : Atika Haimoud
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