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John Truby, qui a travaillé
comme consultant en scénario
pour les plus importants studios
et producteurs américains,
assure aussi une activité
de script doctor, à ce
jour sur plus de 1 000 films,
sitcoms ou téléfilms.
Parmi les sociétés
pour lesquelles il a travaillé,
on compte Disney Studios, Fox,
HBO, Sony Pictures, Alliance
Atlantis… En Europe John
a été consulté
par la BBC, la RAI, LUX ou encore
TV4 ou MTV Suède. Parmi
ses élèves, on
compte les auteurs, réalisateurs
ou producteurs de films comme
Outbreak, Le Masque de Zorro,
Nuits Blanches à Seattle,
La Famille Addams, Beetlejuice,
La Planète des singes…
S’appuyant
sur son expertise en la
matière et ses capacités
d’enseignement, John
a créé à
Los Angeles le « Truby’s
writers Studio » où
il a pu mettre au point
nombres de nouvelles méthodes
d’enseignement ainsi
que des outils à
destination des auteurs
professionnels ou en passe
de le devenir. Ses cours,
« Construire la structure
dramaturgique en 22 points
clés » et «
Les techniques appliquées
au genre » ont été
enseignés à
plus de 20 000 auteurs à
travers le monde. |
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Dans la continuité
de ces activités, il
vient de publier son premier
ouvrage « The anatomy
of story » édité
aux Etats-Unis chez le prestigieux
éditeur Faber & Faber.
Sur près de 500 pages,
il y développe ses théories
qui permettent de construire
des récits multi facettes
efficaces et qui accordent une
place importante au développement
moral et émotionnel du
personnage. John Truby a aussi
écrit et réalisé
un long-métrage, All
American Boy, drame familial
ancré dans l’époque
troublée des années
60 aux USA. Il a été
récompensé par
le prix du Meilleur Film au
festival international de Houston
et a été nominé
en tant que meilleur film au
Festival d’Hollywood.
Objectif
Cinéma : Si votre méthode
s’applique à tous
les types d’histoires,
pourquoi n’est-elle pas
plus connue ?
John Truby : Plus de 25 000
étudiants dans le monde
ont suivi mes cours. Mais jusqu’à
l’an dernier, je n’avais
pas écrit de livre !
[NDLR : « The anatomy
of story » publié
en Novembre 2007 aux USA]. Je
crois que cela va contribuer
à ce que davantage de
gens découvrent mon travail
et s’en servent.
La méthode en 3 actes,
enseignée par 100 à
200 livres, est très
nocive : elle promet une recette
miracle. De mon côté,
je dis aux scénaristes
que la maîtrise de leur
art est complexe et prend des
années. Ce message n’est
pas populaire et ne risque pas
de l’être, même
si ma méthode marche.
Au cours des vingt dernières
années, j’ai mis
au point et enseigné
ma méthode, à
partir de mon expérience
de script-doctor portant sur
des centaines de scénarios.
Au fur et à mesure, j’ai
senti une nette amélioration
de la qualité des scénarios
qui m’ont été
soumis, et une augmentation
du nombre de scénaristes
qui utilisent ma méthode.
Je travaille actuellement quasiment
exclusivement avec des scénaristes
professionnels ayant signé
avec un studio. Je n’impose
pas mon point de vue : j’essaie
de repérer les problèmes
structurels et de donner des
solutions très spécifiques,
que le scénariste est
libre d’adopter pour son
histoire. Je ne réécris
rien à sa place.
La difficulté majeure
que rencontrent tous les scénaristes,
ce sont les changements de structure.
Même un très bon
scénariste n’effectue,
à chaque version, que
15 à 20% des améliorations
que je préconise. C’est
pour cela que 3 ou 4 versions
sont souvent nécessaires.
Objectif
Cinéma : Est-ce dû
à un problème
de fierté ?
John Truby : Non, presque jamais.
Plus le scénariste
est expérimenté,
plus il est ouvert à
mes suggestions et capable de
faire ces changements structurels,
qui sont les plus lourds pour
une histoire. Les scénaristes
sont souvent très contents
de travailler avec moi : ils
savent que je leur fournirai
des commentaires détaillés
sur la structure que le studio
ne leur fournira pas.
Vous
conseillez aux scénaristes
de se spécialiser dans
un ou plusieurs genres. Les
décideurs, qui selon
vous devraient connaître
tous les genres de manière
globale, sont-ils formés
à juger de la qualité
de construction d’un scénario
?
John Truby : Non, très
rarement. Cette lacune des décideurs
est un grave problème
: ils sont censés être
le public averti et instruit
qui lit le scénario avant
que le vrai public ne voit le
film. S’ils se contentent
de commentaires superficiels
- et parfois contradictoires
- au lieu de donner un retour
argumenté sur la structure
au scénariste, la perte
pour ce dernier et pour le film
est immense.
Interview exclusive par Frédéric
BROUQUERE, la suite de l'interviews
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