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  Interview d' un Animateur radio (3 interviews)

Interview d' un Animateur radio vu Voltaireonline


VoltaireOnline :
Pourquoi avez vous choisi le métier d'animateur radio ?


Max L. :
Tout d'abord, c'est la passion. Tout petit, j'ai commencé à jouer à l'animateur avec une balle de ping-pong qui me servait de micro. Il faut préciser que je suis issu d'une famille où on a toujours aimé chanter, faire du théâtre. Mon grand-père a fait un petit peu de cinéma, puis de la radio dans les années 1930 à Marseille. C'est donc peut-être un peu héréditaire, ce qui explique que je me suis tout jeune amusé à jouer "à l'animateur radio".

En grandissant je me suis intéressé à la radio, à cette époque, j'écoutais les deux seules radios que l'on pouvait recevoir à Marseille : France Inter et Radio Monte Carlo, une radio périphérique. Mon choix a été plus vers la périphérie, car c'était plus amusant et distrayant. Il y avait de jeunes animateurs qui sont devenus célèbres comme Jean-Pierre Foucault, Pierre Lescure.

J'ai donc écouté Radio Monte Carlo qui m'a vraiment donné envie d'aller à RMC à Monaco et de savoir ce qu'il se passait. J'avais à cette époque 15 ans, à cet âge, on commence à avoir des idées. J'avais deux passions l'image et le son. Pour le cinéma, il était nécessaire d'être à Paris pour suivre des cours dans des écoles de cinéma. Je me suis contenté de faire des photos, j'avais un bel appareil photo, j'en fais d'ailleurs toujours. La photographie me plait beaucoup.

Avec quelques amis, on a monté une radio, c'est à dire avec une console, un micro, des platines. On s'était distribué les rôles, technicien, journaliste...On n'avait pour émetteur une petite bricole qui permettait à mes voisins d'en face et d'à côté d'écouter.
Ceci a été le début, puis à peu à peu, je me suis pris au jeu évidemment, car c'est passionnant, j'ai donc fait des cassettes, des maquettes aux radios.

A l'époque, il y avait deux radios qui permettaient aux jeunes de débuter, Radio Andorre et Sud Radio. C'étaient des petites radios par rapport aux "monstres" qu' étaient Europe 1, RTL, France Inter. Radio Andorre dans la principauté d'Andorre dont les bureaux étaient situés à Toulouse. Sud Radio était situé entre Toulouse et Andorre.

J'ai eu la chance de pouvoir démarrer à Radio Andorre. J'ai été voir le Directeur Général qui m'avait convoqué à Toulouse au 22 rue Bayard. Il faut savoir pour l'anecdote que cette adresse est une adresse célèbre à Paris, c'est l'adresse de RTL. Le directeur m'a fait une proposition de remplacer un animateur qui effectuait son service militaire. J'étais heureux, c'est tout ce que j'espérais, commencer à faire de la radio.

 

 

 

VoltaireOnline : Dans quelles radios avez vous travaillé à Paris, après Radio Nostalgie ?

J'ai eu la très grande chance, car c'est vraiment une très grande chance de travailler à RTL qui est une très grande radio où j'ai fait les "petits matins" pendant sept ans. J'ai passé des moments magnifiques. J'ai croisé les plus grands animateurs de radio et de télé : j'ai croisé Philippe Bouvard avec ses "grosses têtes", j'ai retrouvé Jean-Pierre Foucault que j'avais connu à RMC, j'ai fait la connaissance de Julien Lepers, Vincent Perrault, Fabrice et beaucoup d'autres animateurs. Ensuite la mode des animateurs commençait à ternir par rapport à l'info. Le succès de France Infos qui a été immense et rapide a donné envie aux autres radios de faire pareil.

VoltaireOnline : Quel est le plus difficile dans le métier d'animateur ?

Le plus difficile, je crois c'est de durer vraiment parce que c'est un métier trés intéressant, je vais presque jusqu'à dire facile à faire malgré tout. C'est un métier qui vous permet de rencontrer beaucoup de monde et qui permet, soyons francs , du moins jusqu'à maintenant de bien gagner sa vie.
Tout cela fait que c'est un très bon métier. Il y ces changements déjà évoqués, car les radios changent, les directions changent, parce que vous n'êtes plus dans le goût du jour, parce que les sondages ne sont pas assez bons..Il y a différents facteurs qui font que vous pouviez vous retrouver dehors. Les animateurs sont au contrat, de la même manière que les artistes ou les comédiens.

VoltaireOnline : Quels sont les trois qualités pour être un bon animateur ?

Je crois que c'est la convivialité qui se perd un peu en général : l'animateur n'est pas assez aimable avec l'auditeur, l'aborde de manière trop abrupte, l'interrompt -ceci dans le meilleur des cas-. Dans certaines radios plus récentes, l'animateur n'est même pas très poli, ceci me gène un peu par rapport à mon métier.
La seconde qualité est la régularité et l'écoute : les horaires sont précis et à respecter, vous devez travailler avec intelligence les thèmes de votre émission pour vous caler dans le plan de l'émission. L' écoute s'acquière avec l'expérience.
La troisième qualité est la diplomatie envers les auditeurs, mais aussi les personnes autour de vous, les techniciens, les assistants qui paricipent à la qualité et la réussite de l'émission. Mais aussi ...beaucoup de diplomatie avec la direction, mais ceci est autre chose !

VoltaireOnline : J'ai été impressionné dans votre émission par votre professionnalisme et votre capacité à sentir et "gérer" des appels en direct d'auditeurs en difficulté. Est-ce inné ou acquis grâce à l'expérience ?

Je crois que ceci relève plus de l'expérience acquise. Vous devez en effet, vous devez en effet, dialoguer en fonction de la personnalité spécifique de chaque auditeur. Vous faites allusion à une personne qui était malade et que nous avons pris à l'antenne. Ceci arrive souvent, car il y a des personnes qui souffrent et nous appellent. Sur Europe 1, une psychologue est présente tous les soirs pour répondre plus à ces appels. En ce qui me concerne, je n'ai pas fait des études de psychologie, néanmoins quand vous entendez une voix, vous situez cette personne, vous sentez si celle-ci est très en forme, a envie de rire ou d'être sérieux ou a du mal à parler pour de multiples raisons.

C'est effectivement à l'animateur de savoir quelle est la raison de ces difficultés à s'exprimer, si cette personne a un peu trop arrosé un repas ou connaît des problèmes personnels. Il est vrai que c'est difficile, car il faut l'aider à s'exprimer, si c'est possible, car si cet auditeur nous appelle, c'est parce qu'il a besoin de perler. Cette personne est peut-être "au bout du rouleau", il m'est arrivé qu'une personne en direct, exprime son désespoir.

Celle-ci nous dit : "je suis à bout, handicapé et ne peut bouger, personne ne s'occupe de moi". Dans ce cas, j'ai fait intervenir les auditeurs, car moi tout seul, je ne peux à regret faire grand chose, sinon écouter, dire des mots encourageants. En revanche, en faisant intervenir les auditeurs puisque ceux-ci ont entendu cette détresse. Nous avons donc donner son numéro de téléphone, celle-ci a énormément d'appels.

Nous l'avons rappelé dans l'émission suivante, pour lui demander de ses nouvelles. Grâce à ses appels, celle-ci avait repris courage, des personnes sont venues la voir. Nous avons déclenché une chaine de solidarité et ceci arrive souvent de cette manière. Ce sont souvent les auditeurs qui m'aident pour ces cas.délicats.

©Max L./VoltaireOnline.





  Etes-vous fait pour le métier d' Animateur radio ?

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Interview d' un Animateur Radio vu par Ambfrance


Bruno Guillon, animateur sur NRJ.



Bruno Guillon anime le « 9h - Midi » sur NRJ ; il nous a très chaleureusement accueillis dans les locaux de cette FM, juste après son émission et une réunion d’écoute. Il a accepté de répondre à nos questions, et s’est confié à nous en toute franchise, avec beaucoup d’humour. À vous d’en juger…

Quel est le parcours qui t’a amené à faire de la radio ?

La radio, j’en fait depuis longtemps : j’ai 29 ans, et j’ai commencé à 12 ans et demi… Ça commence à faire une paye. C’était à l’époque de l’explosion des locales, en 82-83 ; les FM, ça avait commencé en 81 à peu près. J’ai débuté en 83 sur une radio associative, et puis de fil en aiguille…

Ce qui est rigolo, c’est qu’à l’époque j’ai fait de la radio parce que j’arrivais à capter NRJ par un émetteur qui se trouvait à bien 130 km de chez moi, en soudant 23 rayons de vélo à la suite… (Rires) Non, j’exagère, mais c’était un peu ça, je captais encore en brouillé… À cette époque-là j’étais fan d’NRJ : quand j'étais gamin, mon rêve c’était de faire ce qui à ce moment-là s’appelait le « 10 - 14 ».

Et puis j’ai fait de la radio bénévolement jusqu’à 18 ans ; parallèlement je continuais mes études parce que je voulais être prof de sciences nat’, et puis l’année où j’ai passé mon bac D, la radio dans laquelle je bossais m’a proposé un poste salarié à temps plein, un CDI quoi. Alors j’ai bazardé mes études, et plutôt que d’aller en fac à Poitiers faire le con, je me suis mis à faire de la radio ; j’ai continué comme ça jusqu’à l’âge de 24-25 ans. Mais la radio locale n’avait pas trop de développement, donc j’ai voulu envoyer une cassette à NRJ ; mais comme j’avais trop peur que ça ne marche pas, j’en ai d’abord envoyé une à Vibrations - c’est un gros réseau local dans le centre de la France, autour d’Orléans, avec une vingtaine de fréquences - qui ne m’a pas répondu.
Je me suis dit que si eux ne me répondaient pas, c’est qu’à NRJ on ne me répondrait pas davantage. Donc, je leur ai envoyé une cassette sur laquelle il n’y avait que des conneries ; mon CV, c’était un rapport de police, avec n’importe quoi dessus… Sur l’enregistrement, il n’y avait que le pire qui puisse arriver dans une émission ; sauf qu’à chaque fois je me rattrapais… Ils m’ont rappelé trois jours après, et le semaine suivante je signais un contrat de deux jours pour faire les nuits sur un week-end. Et voilà, ça fait quatre ans…

C’est un mélange de chance, de réussite, d’opportunités, qu’on se déclenche aussi un peu ; et puis la volonté… La radio, c’est même plus un métier, c’est une passion ; et puis je baigne dedans depuis longtemps : j’ai délaissé les bars et les baby-foots dès mon plus jeune âge pour aller faire de la radio avec mes copains. Et ce qui est marrant, c’est que quand j’ai obtenu ma place à NRJ, c’est comme si une parcelle de tous les gens avec lesquels j’avais fait de la radio locale s’était retrouvée sur NRJ. C’est vrai que NRJ, quand tu es animateur de radio, ça reste la Rolls Royce des FM ; c’est la première radio musicale de France, en passe de devenir la première d’Europe…

Bref, j’ai fait les nuits pendant deux mois, après ils m’ont filé les matinales du week-end pendant six mois ; et puis Éric Jeanjean - qui est sur RTL maintenant - a arrêté le « 9h - Midi ». J’étais sensé le remplacer pendant trois semaines, et puis voilà, ça va faire trois ans que je suis là…

Au niveau de l’émission, tu as donc récupéré un créneau ; quelle est ta marge de manœuvre ?

Tu peux imposer ton style, mais il ne faut pas que tu perdes l’audience ; il faut savoir que la locomotive sur NRJ - c’est à dire la machine à audience qui booste la journée - c’est le « 6h - 9h » ; avec le « 9h - Midi », tu pars avec les acquis du "6-9". En fait c’est une pyramide : tu essaies de garder l’auditeur et de générer plus d’audience. Quand je suis arrivé, le "6-9" était une vraie locomotive, et Jeanjean faisait un bon boulot derrière avec une audience qui se conservait sur le "9-12". Jeanjean avait un style plutôt "jeune adulte", par rapport à moi qui aurais un style plus "gouailleur-déconnade", tout en restant assez soft, parce que le "9-12" est un créneau essentiellement musical, et que vis à vis de l’audience ce n’est pas le bon moment pour être trop "trash".

Là, depuis trois ans, on garde les auditeurs de Roblès et en plus on en produit derrière ; pour l’instant le "9-12" est en termes d’audience l’émission la plus suivie, avec une moyenne de 700 000 auditeurs au quart d’heure moyen ; ce qui veut dire qu’il y a des quarts d’heure à 850 000 auditeurs, d’autres à 600 000…

Tu parviens donc quand même à apporter des choses…

Oui, bien sûr ! Déjà tu apportes ta personnalité : il y a beaucoup de gens qui croient que faire de la FM, c’est faire du pousse-disque… Ça n’est pas le cas. Enfin, si : il y en a qui font ça, et qui font que si tu prends un animateur "alpha" ou un animateur "lambda", tu as l’impression d’entendre le même, c’est le problème parfois sur certaines radios. Je pense que sur NRJ, justement, une de nos force est que chaque animateur a sa propre personnalité ; même en abordant le même sujet, si on a un truc à dire absolument - par rapport à un jeu ou quoi - chaque animateur le fera paraître différemment, selon sa façon de voir les choses.

Tu peux avoir plein d’animateurs bourrés de talent : ceux qui sortent du lot sont ceux qui ont le petit plus qui fait que ce sont eux et pas les autres.

Est-ce que malgré tout, tu ne te sens pas trop "bridé" ?

Ben… Il ne faut pas se voiler la face, NRJ est la première FM de France : tu ne peux pas non plus dire tout et n’importe quoi, c’est clair. Moi, en plus, je ne fait pas une émission de libre antenne ; j’aurais un créneau comme ça, je pense que j’arriverais à me "démerder", mais bon, ce n’est pas le cas… Tu ne peux pas non plus arriver à 9 heures en disant « tarte aux poils » ou des trucs de ce genre !… C’est évident !
Après, être bridé… Non, tu arrives dans un moule qui est NRJ, qui est une radio qui diffuse des hits : ce sont là les produits d’appel qui font que les gens viennent écouter au départ. Ensuite, toi, tu te "colles" sur ce programme-là en y mettant de la valeur ajoutée. C’est vrai que souvent, à l’époque de Fun, de « Lovin’Fun », des "Difool" et tout ça, on avait l’impression qu’NRJ était une radio vachement rigide : c’est pas Fortress ici, quand même !… C’est cool, détendu ; globalement, à l’antenne, chacun anime un peu comme il veut. Après, c’est vrai qu’il y a des règles à respecter, mais ces règles c’est quoi ? : qu’il faut parler à des endroits bien précis…

Mais ce n’est pas pour ça que nous sommes bridés sur nos interventions : s’il y a un truc, sur quelque chose, qui ne m’a pas plu, je le dis et puis voilà. On n’a pas un censeur de l’autre côté de la vitre qui dit : « Quoi ! ? T’as dit ÇA, t’es viré ! »… Je sais qu’il y a beaucoup de gens dans le monde de la radio qui croient ça, qu’à NRJ on est au garde-à-vous, en uniforme, avec une cravate rouge et une veste bleue ! (Rires) C’est vrai que c’est une image qu’on peut se faire de l’extérieur, mais c’est pas ça du tout.

Tu viens d’évoquer l’émission « Lovin’Fun », qui a contribué à "cataloguer" en quelque sorte Fun Radio dans une branche bien… "particulière" ; comment réagis-tu face à ce type de phénomènes ?

En fait, le problème de ce genre d’émissions, c’est qu’elles sont ciblées ; à partir du moment où tu parles de "cible" et que tu occultes volontairement une certaine partie de tes auditeurs, tu prends le risque d’avoir une audience plus faible… À NRJ, on essaie d’être peut-être un peu plus fédérateur, avec moins d’émissions thématiques ; à la rigueur, je ne suis pas persuadé que si on refaisait « Lovin’Fun » aujourd’hui, ça aurait le même succès que ça a eu il y a dix ans. La période n’était pas la même ; la radio, c’est un tout, il y a le côté artistique, mais aussi l’aspect économique.
C’est clair qu’une radio comme Skyrock, qui va communiquer sur le fait qu’elle est première sur le Rap et tout ça, est une radio qui, commercialement parlant, se vend moins bien. Je n’ai rien contre Skyrock, bien au contraire : j’ai des potes qui bossent là-bas… Mais les gens se font une idée préconçue de ce que véhicule le Rap, et font l’amalgame : « Skyrock = Rap ; Rap = Racaille ; Racaille = Problèmes ; donc Mauvaise Image ; donc Pas de Pub ».

Aujourd’hui, tout en travaillant le côté artistique, chaque radio est obligée de rentrer dans une logique commerciale. Et même à l’époque des grandes heures de Doc et Difool - c’est vrai que c’est une émission qui a fait parler d’elle - NRJ faisait sur le même horaire quasiment le double d’audience…
À ce moment-là, Fun avait choisi de mettre cette émission en avant, comme NRJ pourrait aujourd’hui mettre en avant le « Festival Roblès » ou « My NRJ », l’émission de dédicace qui a lieu tous les soirs : c’est de la logique commerciale. Fun passait pour la radio où tu pouvais dire tout ce que tu voulais : pourquoi pas ? Je pense qu’ils avaient leur place dans la bande FM à ce moment-là ; c’était une émission sympa, qui donnait la parole aux jeunes. C’était les débuts de la génération SIDA, ça été un mouvement de société. Je pense que ça a été utile à ce moment-là, mais je te le répète, je ne pense pas qu’aujourd’hui la même émission marcherait aussi bien…

Pour en revenir à ton émission, de combien de personnes se compose l’équipe ?

Sur chaque émission, on travaille à trois en moyenne : tu as l’animateur, le réalisateur - qui s’occupe de mixer les disques - et un standardiste. On est une petite famille de trois, avec notre petit réchaud à gaz et une boîte de raviolis… (Rires) Oui, on bosse toujours à trois, sauf après, le morning c’est différent parce que tu as des comédiens qui viennent se greffer sur l’émission…
Mais sinon on travaille à trois.

Et la programmation ?

Ben, tu as déjà un responsable de la prog’ ; là non plus, il ne faut pas se voiler la face - quitte à briser le rêve de certains - les animateurs ne se promènent plus avec leurs bacs de disques en disant « Voilà, je vais mettre ça, ça, ça ou ça ». Si, ça peut se faire… Certaines personnes te diront que Max sur Fun le fait, mais il le fait à minuit, pas à une heure de grande écoute. J’ai le créneau qui a le plus d’audience en ce moment sur NRJ - je touche du bois pour que ça dure (il s’éxécute) - mais je ne peux pas… Si je ne devais passer que le style de zique que j’apprécie, je ne suis pas persuadé que ce serait hyper-fédérateur ! C’est clair que, de moi-même, je ne suis pas fan de Britney Spears ; ça ne m’insupporte pas, mais ce n’est pas le genre de disques que j’irais choisir en premier…

Donc, dans ces cas-là, la prog’ qui passe sur NRJ est destinée en priorité aux auditeurs d’NRJ ; après, j’apporte ma touche parce qu’on a la chance d’avoir un mec à la programmation - Michaël Magnen - qui est assez ouvert. Donc, parfois, je vais le voir en lui disant « Ben tiens, pourquoi tu mettrais pas ça »… C’est clair qu’entre 9 heures et midi tu ne vas pas passer un truc trop hard : un Passi, un truc de rap trop violent qui passera le soir ne passera pas chez moi entre neuf heures et midi, parce que je n’ai pas l’audience qui se prête à ça…

Alors certains te diront que la prog’ d’NRJ est vachement "lisse", qu’on ne prend pas de risques : il y a beaucoup de groupes qui n’auraient pas pu exister s’ils n’étaient pas passés sur NRJ… C’est vrai que sur le "9-12", je peux intervenir sur certains trucs, faire ajouter quelques disques ; mais sinon ça reste le responsable de la prog’ qui fait ça lui-même, selon le panel d’auditeurs, selon le principe de l’offre et de la demande. « My NRJ », par exemple, c’est un bon reflet : suivant ce que les auditeurs demandent, on se dit qu’ils préfèrent entendre ça plutôt que ça… C’est aussi un peu un laboratoire.

Mais aujourd’hui, tu n’as aucune radio FM sur laquelle l’animateur se pointe en disant « Ben voilà, je vais faire ça ». Sauf dans les émissions thématiques du soir, ou les émissions "Danse" : il peuvent peut-être plus se lâcher, mais le reste de la journée, non ! Tu as une définition de programme ; et encore sur NRJ à la rigueur c’est beaucoup plus large, parce qu’on a pas de cible. Ça fait partie du moule dont je parlais tout à l’heure : tu rentres dans une radio, tu acceptes un peu la programmation telle qu’elle est… Je ne me plains pas, parce que sur le "9-12" la prog’ est assez éclectique, et qu’en général c’est beaucoup de titres qui fonctionnent ; on va passer des U2, des Cranberries… enfin ça, c’est plutôt ma cam’…

Tu évoques d’une certaine manière, à propos de la programmation, l’évolution de la radio ; comment la ressens-tu ?

Je pense que c’est une évolution normale : quand j’ai commencé à faire de la radio en 83, c’était une radio associative, on n’avait pas le droit à la publicité. Ça veut dire que si on parlait du centre Leclerc du coin, en échange, il nous filait une platine laser et 10 CDs…

Après, c’est clair que la radio s’est modernisée, et heureusement ! Aujourd’hui, les radios sont de véritables entreprises, dont certaines comme NRJ sont cotées en bourse ; tu ne peux pas non plus tout faire à vau-l’eau. Un truc, avant de passer à l’antenne, doit être étudié pour savoir s’il correspond au "format" NRJ. C’est comme à la télé : il y a des trucs que tu verras sur le service public que tu ne verras jamais sur TF1.

Maintenant, ce qu’il ne faut pas, c’est que la logique commerciale enlève tout côté artistique. Sur NRJ justement, ils essaient de faire en sorte que ça ne se produise pas. Une radio comme NRJ diffuse deux pages de pub par heure, et ça reste obligatoire pour payer tout le monde ; on est un peu obligé…
Donc, après, le côté artistique c’est de faire en sorte que ces pages de pub soient placées à des endroits bien définis, pour que ça ne coupe pas trop le flux musical, pour que ce soit à un moment où les gens n’ont pas trop envie de zapper, ou bien justement derrière cette page de pub, faire en sorte de passer des disques qui vont faire que les gens ne vont pas zapper… Tu travailles sur la durée d’écoute.

Cette logique commerciale, toutes les radios l’appliquent. Tu ne peux plus faire comme il y a vingt ans : avant, chacun faisait ce qu’il voulait. Le mec qui faisait l’émission avant toi terminait sur… je sais pas… Marcia Baila des Rita Mitsouko parce que ça venait de sortir à l ‘époque, et toi tu reprenais dix minutes plus tard avec ce même morceau parce que tu l’aimais bien aussi… Maintenant, il y a des cadences de rotation, de manière à ne pas entendre le même titre au bout d’une demi-heure. Sur NRJ, ces cadences sont beaucoup plus rapprochées, parce qu’on diffuse essentiellement de la musique : un disque normalement peut revenir toutes les deux heures, c’est raisonnable.

Mais tu restes obligé de faire ça : le produit d’appel d’NRJ, c’est du hit, les gens viennent pour ça.
Il faut essayer d’équilibrer, c’est un vrai travail d’orfèvre ! Le mec qui fait la prog, il est là de 8 heures à 22 heures ! Je me dis que j’ai eu de la chance de connaître la radio au tout début, avant de connaître ce qu’elle est aujourd’hui, ce qui n’est pas le cas de ceux qui ont 18-19 ans maintenant, et qui arrivent dans un milieu plus construit, un peu plus propre… Mais ce n’est pas désagréable non plus !

Alors justement : quelle serait pour toi la radio idéale ? Serait-elle plus proche de ce qui se faisait avant ou de ce qu’elle est aujourd’hui ?

La radio idéale, ça correspondrait à mon idéal propre, alors que chaque personne appréhende son idéal d’une manière différente…

Je pense que la radio idéale plus tard, ce sera par le biais du web : les gens pourront choisir telle émission, se faire une prog’ eux-mêmes sur la journée… Au fur et à mesure, tu as beaucoup de thématiques qui sont en train de se mettre en place sur l’internet, avec des radios qui ne vont diffuser qu’un seul type de musique. Je pense que dans l’avenir, ce sera peut-être pouvoir récupérer telle émission sur tel site de radio, avec tel animateur que tu aimes bien ; et boum ! coller derrière un autre animateur, etc… La radio idéale, ce seront peut-être les gens qui se la feront eux-mêmes comme on assemble des briques, enfin à mon avis…

Parce qu’après, « la radio idéale », ça veut dire quoi ?… Ça reste vachement aléatoire ; il n’y a pas d’idéal. Dire qu’il y a UN idéal, ça revient à dire qu’il n’y a qu’une seule façon de penser : tu te coupes de pas mal de choses…

Je pense que ça peut être ça dans l’avenir, la radio : aujourd’hui on cherche à séduire un maximum d’auditeurs, à l’avenir ce qui se passera justement, c’est que ce sera l’auditeur qui se constituera lui-même son programme de séduction. Déjà aujourd’hui, tu peux télécharger des jingles, des titres sur le web ; tu peux faire de la radio chez toi…

Est-ce que ce sera encore de la "radio" ?

C’est différent, il faut vivre avec son temps. Tu sais, quand la FM est arrivée, ç’a été le tollé général, il y avait le monopole d’État, avec France-Inter, France-Musique, France-Culture, France-Bleue, France-Oignons, France-Espadrille… Et ça s’est plutôt bien passé.

Je pense que pour le net, c’est pareil, on y viendra ; je ne pense pas que ce sera aussi rapide que certaines personnes veulent bien le dire, parce qu’il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas un foyer sur deux connecté aujourd’hui. Pour moi le net reste encore réservé à une élite.

D’ici dix-quinze ans, je pense que ça commencera à le faire. Ce sera de la « self-radio » ! (Rires) Et puis dans vingt ans, tu auras un mec qui partiras avec un concept hyper-original : « Les animateurs passent les disques qu’ils veulent », on se mordra la queue, on fera la pirouette… C’est l’esprit "Revival" !

Et puis par le biais du web, je reçois des mails de personnes qui écoutent l’émission des Etats-Unis… Et je ne te cache pas que moi-même, je vais souvent sur le net pour écouter les radios internationales, déjà pour voir ce qui se fait… C’est le gros avantage du web. Et puis, du coup, ta "cible", c’est le monde ! Mais, c’est vrai que pour pas mal de gens, l’internet ça reste du charabia.

Pour terminer cette interview, est-ce qu’il y a quelque chose que tu aimerais dire ?


OUI ! JE VEUX LANCER UN MESSAGE À MA MÈRE !!! (Rires) Non, écoute ; merci et bonne continuation !

Merci à toi !


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Interview d'un Animateur radio vu par le Cedies


Témoignage de P. Steve Andy, Animateur, Speaker, Présentateur – ELDORADIO

Pourriez-vous nous décrire, en quelques mots, votre parcours professionnel ?

Le parcours est vite décrit. Après avoir terminé mes études, je me suis adressé à la radio « Eldoradio ». Après avoir fait un casting on m’a proposé de travailler comme animateur freelance pendant une année. Après cette période on m’a proposé un contrat à durée indéterminé.

En quoi consiste votre travail, vos missions ? Décrivez, en quelques lignes, le projet sur lequel vous travaillez actuellement.

Je suis animateur de notre émission du matin King Kaffi Show. Après l’émission, je me mets à la recherche pour trouver des sujets qui peuvent être traités à la radio. Après cela, je m’occupe de la production de reportages.

Quel est le déclic qui vous a donné envie d’exercer ce métier ?

C’est une passion dès ma jeunesse.

Le travail que vous faites aujourd’hui correspond-il à ce que vous aviez imaginé en débutant vos études ?

Oui.

Quelles sont les qualités requises pour l’exercer ?

Il faut une bonne connaissance générale, il faut pouvoir travailler en équipe, il faut être flexible et spontané. Evidemment il faut avoir une voix « agréable ».

Quel a été votre parcours de formation et pourquoi avoir choisi ce(s) pays et cette/ces institution(s) ? Quels commentaires voudriez-vous faire au sujet de ce parcours ?


La seule chose que je regrette c’est de ne pas avoir fait l’examen de fin d’études de 13e ; mais cela ne m’a pas empêché de réaliser mon rêve d’animateur radio.

Avez-vous réalisé des stages durant vos études et que vous ont-ils apporté ?

Oui. J’ai fait quelques stages auprès d’autres radios et médias.

A quelles difficultés majeures avez-vous dû faire face pour démarrer dans la vie professionnelle ?

La difficulté était de trouver un emploi dans mon métier. Les jobs libres sont très rares.

Selon vous, comment va se développer ce secteur dans les prochaines années au Luxembourg ?

Je pense que le développement des médias est difficile à prévoir.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui voudraient travailler dans ce domaine ?

Faites des stages, engagez vous auprès de radios locales et gagnez en expérience.



   
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