Jozée
Sarrazin et Pierre-Marie Sarradin, du département
Étude
des écosystèmes profonds.
Quels
sentiments éprouvent les deux chefs
de mission à quelques jours du débarquement
?
Nous avons du mal à débarquer
après plus de quatre semaines en
mer. Le sentiment, c’est qu’après
plusieurs campagnes océanographiques,
nous avons goûté avec cette
première sur le Pourquoi pas ? à
des conditions de travail exceptionnelles.
Même avec une météo
dégradée, comme à la
fin avec des rafales de 30 à 40 noeuds,
nous avons continué à travailler
de la même façon que par mer
plate ! |
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Comment endosse-t-on
la responsabilité d’une telle mission
et en quoi cela consiste-il ?
En fait, nous avons sollicité cette campagne
et monté le projet en partenariat avec
de nombreux scientifiques européens qui
travaillent sur ces mêmes thèmes.
Le lieu a été découvert,
il y a une quinzaine d’années et
est visité tous les deux à trois
ans.Les objectifs scientifiques et technologiques
de chacun sont clairement définis en
amont. Le chef de mission veille à la
cohérence scientifique de la mission
et à sa bonne organisation en collaboration
avec le commandant et le responsable de l’équipe
Victor. Il gère l’embarquement
du matériel, les besoins de chacun et
les aléas techniques, météo…
Nous nous sommes partagés la responsabilité
des deux legs, mais il y a toujours eu du boulot
pour deux : planning des plongées, gestion
de l’équipe
scientifique, communication sur le net…
nous avons travaillé 18 h par jour !
Aujourd’hui, on peut dire : « Mission
accomplie !».
Quel premier bilan
tirez-vous de Momareto ?
Le premier leg, financé en partie par
le projet européen Exocet/D, avait pour
objet le développement d’instrumentation
dédiée à l’observation
et à l’étude de ses écosystèmes
particuliers. Sur une quinzaine de prototypes
testés en fonds de mer, nous arrivons
quasiment à 100 % de réussite
! Nous n’avons eu aucune perte et tous
les appareils mis à l’eau donnent
de bons résultats : caméras, capteurs…
Les objectifs scientifiques de la deuxième
partie reposaient sur ses instruments : études
écologiques des assemblages de moules,
adaptations des organismes à un milieu
extrême, suivi temporel des communautés
animales …
Quelle sera la suite
de ce projet ?
Dans un an, nous récupérerons
le module d’observation biologique Tempo,
caméra autonome
équipée d’un analyseur chimique
qui va suivre l’évolution des moulières.
C’était une première étape
de pouvoir tester des appareils capables de
résister aux conditions extrêmes
du milieu. Plus tard, il faudra les coupler
avec d’autres projets qui élaborent
des connexions via des bouées et des
satellites. D’ici là, nous allons
boucler le programme Exocet/D (pour décembre),
monter un dossier pour d’autres campagnes
avant 2010 et surtout, traiter les données
scientifiques
récoltées, soit quelque trois
années de travail.
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