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Une perle
dans l'étang de Thau
LITTORAL : OSTREICULTURE
Son visage âpre et ses yeux
malins ne trompent pas quant à
son âge: Christophe Fournier
a tout juste 26 ans et les revendique
haut et fort. Installé sur
la commune de Loupian, il vient d'achever,
tout seul comme un grand, sa première
saison d'exploitation au sein de son
mas qu'il a baptisé «
l'Ostréidée ».
Un vrai challenge pour ce jeune homme
qui a décidé seul de
son avenir: être ostréiculteur.
Et généralement, dans
le milieu fermé de l'étang,
pour acheter des tables et une exploitation,
il faut être de la famille ou
compter des amis dans le milieu pour
tenter l'aventure ostréicole.
Or, lui, sa famille est occupée
aux vignes sur les terres qui bordent
l'étang. Mais qu'à cela
ne tienne, il a décidé
de se lancer seul pour devenir ostréiculteur
et vivre de l'étang. Un rêve
nourri de volonté et de pugnacité.
SE SENTIR
BIEN DANS SON ASSIETTE
C'est à 26 ans que Christophe
décide de devenir ostréiculteur
au terme d'un parcours scolaire des
plus mouvementés. Son plaisir
depuis qu'il est gosse, c'est l'étang
de Thau, son milieu naturel d'une
richesse infinie la pêche à
la palourde avec les collègues.
Bref, un certain goût de liberté.
Mais voilà, on ne s'improvise
pas ostréiculteur. N'ayant
pas toutes les bases du métier,
il retourne à l'école
et passe un bac professionnel au lycée
maritime. Nanti de son bac pro, Christophe
engage les procédures de financement
de sa future exploitation par le biais
de la filière « jeune
agriculteur » qui lui permettra
de financer un prêt pour un
montant d'un petit peu plus d'un million
de francs. Restait à trouver
un mas et des tables pour débuter
l'aventure. A 24 ans le 31 août
2000, il est installé et vogue
sur l'étang. Seul, pendant
un an, Christophe remplit ses tables,
collent ses huîtres avec l'appréhension
du résultat. Un an après,
ses premières huîtres
sont prêtes à être
vendues mais coup du sort, l'étang
ferme pour cause d'alexandrium, une
algue microscopique qui empêche
de commercialiser tous les coquillages
de l'étang.
« Dans ces moments- là,
il y a beaucoup de tensions et il
faut avoir les reins solides surtout
pour moi qui commençait...
», raconte Christophe qui prend
son mal en patience. Passée
l'interdiction, Christophe entame
la deuxième phase de son apprentissage,
la vente directe sur les marchés.
Trois fois par semaine, il se rend
sur les marchés de Sommière,
Quissac et Mauguio. « Je considère
la vente sur les marchés comme
faisant partie intégrante de
mon boulot, ce sont mes huîtres
que je vends. Au début, il
faut de l'audace mais quand on mise
sur la qualité, les clients
reviennent et ainsi se forme ma clientèle.
Moi, je me régale sur les marchés
». Au terme d'une année
d'exploitation Christophe n'a aucun
regret « que des ambitions et
des projets plein la tête ».
S'il a choisi exclusivement le collage
des huîtres pour une meilleure
qualité, il tente également
quelques expériences comme
le pré- grossissement des nessaims
dans l'étang pour obtenir des
huîtres plus charnues et très
belles en coquille. S'il cherche une
autre table pour grandir son exploitation,
il sait qu'il doit parier sur l 'avenir
qu'il conjugue en dizaine d'année:
« Après peut-être
que je ferais travailler les autres
mais pour l'instant, je me sens bien,
je reste libre et maître de
ce que je fais ». Dans le milieu
très fermé et individualiste
de l'ostréiculture sur l'étang
de Thau, Christophe Fournier dénote
et prouve surtout que quand on veut,
on peut et bien en plus...
Fiche métier
de l' Ostréiculteur
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