|
Port la Nouvelle
(11) : à la pêche aux anguilles
Le 3 e port méditerranéen
fête la spécialité
des étangs de Sijean et de Bages
dans l'Aude, la pêche et la bourride
d'anguilles. Avec les membres de la Confrérie.
Patrick Sanguy appartient à la
confrérie des petits métiers
de Port-La Nouvelle, les pêcheurs
de l'étang de Bages-Sigean. Il
y a une vingtaine d'années, celui-ci
travaillait dur sur les chalutiers. Et
puis un jour, le pêcheur de raies,
de soles et de poissons blancs a jeté
l'ancre au bord de la côte Languedocienne.
C'est là, à une encablure
de l'île de la Madrière (village
de pêcheurs du XVIIe) au milieu
de l'étang), et du port de commerce,
qu'il pratique la pêche ancestrale
et artisanale de l'anguille. Ce poisson
de couleur verte devient argenté
avec l'âge, et il a une histoire
étonnante. En effet, l'espèce
qui peut vivre de 5 à 12 ans en
eau douce ou salée, se reproduit
dans les eaux chaudes de la mer des Sargasses
(varech) à proximité des
Bermudes. Portées par les courants,
les larves traversent mers et océans
depuis la nuit des temps pour devenir
cibelles ou pibales (en Gironde) et puis
anguilles. En hiver, sur l'étang
de Bages -Sigean, le vent du Nord les
pousse vers le large où les eaux
sont plus tempérées, et
les jette dans les nasses des pêcheurs.
« Quand je me lève à
l'aube et que j'entends le vent, je sais
que la pêche sera bonne »,
raconte Patrick en manœuvrant entre
les herbes et les barrages. Mais l'anguille
n'a pas seulement sauvé les petits
métiers de l'étang audois.
À Port-La-Nouvelle, elle incarne
aujourd'hui la renaissance d'une tradition
gastronomique, la bourride (ragoût)
d'anguilles. « Autrefois, c'était
le plat du pauvre. Maintenant quand on
veut faire plaisir à quelqu'un,
on prépare la bourride »,
explique Daniel Lagoute, chambellan dans
l'ordre de « L'Anguille Nouvelloise
». Ce week-end, la jeune Confrérie
ouvre le ban du 8e festival. La fête
réunit gaiement, pêcheurs,
mareyeurs et gourmets dans le vieux village
et sur le front de mer. Andrée
Brassens
|