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La restructuration
économique à l'origine de
l'essor du secteur de l'aquaculture
Depuis 1999, le pays a transformé
près de 380.000 ha de terre agricole
en aquaculture. Cette activité rapporte
annuellement environ 50 millions de dôngs
par hectare. Un métier prometteur.
Conformément à la décision
gouvernementale 224/1999 sur le développement
de l'aquaculture pour la phase 1999-2010,
les provinces sont autorisées à
transformer les superficies d'eau et les
salinages non rentables en lieux de production
aquacole. Depuis 1999, près de 380.000
ha de terre ont été transformés
en nappes d'eau pour l'aquaculture. Sur
ce total, 311.000 ha se trouvent dans le
delta du Mékong (soit 82,4% de la
superficie totale du pays). Le reste est
ainsi réparti : 8.300 ha au Nam Bô
oriental, 500 ha au Tây Nguyên
(hauts plateaux du Centre), plus de 3.000
ha dans la partie Sud du Centre, 34.500
ha dans le delta du fleuve Rouge. Les productions,
pour leur part, se concentrent principalement
sur les crevettes su - une espèce
élevée dans l'eau saumâtre
- et les poissons-chats.
| L'aquaculture
est rapidement devenue un acteur important
de l'économie agricole. En 2000,
un kilo de crevette su équivalait
à près de 100 kilos de
paddy et un hectare de poissons-chats
rapportait en moyenne 50 millions de
dôngs. Grâce à cette
efficacité économique,
l'aquaculture s'est développée
dans de nombreuses localités.
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Cà Mau, à l'extrême
Sud du Vietnam, est l'une des principales
provinces de production de crevette su.
Jusqu'en 2005, la superficie qui y est consacrée
(248.700 ha) a quasiment doublé depuis
1999. Avec des retombées positives
puisque plus de 343.000 emplois y ont été
crées. "Afin d'aider les éleveurs,
la province accentue la production des bébés-crevettes
et les services d'encouragement à
la pêche", affirme Pham Van Duc,
directeur du Service provincial des produits
aquatiques.
Cà Mau recense 905 lieux de production
de bébés-crevettes, contre
438 en 2000. On y dénombre plus de
3.000 autres spécialisés dans
la vente des médicaments vétérinaires
et d'alimentation animale. Sans compter
750 établissements d'achat des produits
de la pêche. Le Centre provincial
d'encouragement de la pêche a déployé
plus de 2.400 cours de recyclage. De 2000
à 2005, la valeur des exportations
des produits aquatiques de Cà Mau
a atteint 1,9 milliard de dollars.
Thai Binh, province au Nord, était
l'une des toutes premières localités
à s'être reconvertie. Depuis
2001, plus de 3.200 ha ont ainsi été
transformés en zones d'aquaculture.
D'après Bùi Luong Nhuân,
directeur du Service provincial de la pêche,
de gros efforts furent mis en œuvre
pour développer ce secteur, comme
des conférences sur la restauration
économique, des visites dans des
zones aquacoles rentables ou des tables
rondes pour échanger les expériences.
Maintenant, Thai Binh possède de
grandes régions aquacoles telles
que Minh Lang, Dông Son, An Thanh,
Tiên Duc et Binh Thanh.
Le ministre des Produits aquatiques, Ta
Quang Ngoc, reconnaît qu'après
7 années de mise en œuvre de
la décision gouvernementale 224/1999,
l'aquaculture s'est fortement développée,
non seulement dans les provinces deltaïques,
mais encore dans celles montagneuses, permettant
une lutte efficace contre la pauvreté.
Depuis 2000, quelque 486 projets aquacoles
ont été mis en route, pour
un fonds d'investissement de plus de 9.670
milliards de dôngs.
D'ici à 2010, le ministère
prévoit de lancer 235 projets aquacoles
qui occuperont 159.400 ha, avec un capital
d'environ 4.773 milliards de dôngs.
De même, 886 milliards de dôngs
seront injectés dans la réalisation
de 84 projets sur la reproduction. Et 300.000
ha devraient à leur tour être
transformés en superficie d'aquaculture.
Élevage
bio de poissons-chats
La province d'An Giang (delta du Mékong)
s'est pour sa part spécialisée
dans l'élevage de poissons-chats.
De nombreux éleveurs y suivent un
programme d'élevage de tra et basa
privilégiant la production bio. L'Union
de production des poissons bios, rattachée
à la Compagnie de traitement des
produits de pêche d'An Giang (Agifish),
a été créée
dans ce sens. Ces membres présentent
des profils différents, on trouve
aussi bien des producteurs d'alevins, des
éleveurs, des fournisseurs de médicaments
animaliers ou d'aliments. Les objectifs
de cette association sont de fournir en
quantités suffisantes des matières
premières aux usines de traitement,
de créer des produits de pêche
de haute qualité satisfaisant aux
normes de l'hygiène alimentaire,
permettant l'application de nouvelles techniques
et la protection de l'eau, etc.
Les usines des compagnies Agifish et Viêt
An s'attachent à appliquer les méthodes
de production répondant aux normes
ISO et HACCP (Point de contrôle critique
d'analyse de risques).
D'après Nguyên Hoàng
Viêt, secrétaire du Comité
provincial du PCV et chef du Comité
de management de production et de consommation
des tra et basa, 2 questions sont encore
à résoudre avant de s'orienter
vers un développement durable. Dans
un premier temps, la protection de l'environnement
et l'hygiène alimentaire. Puis, la
collaboration entre les éleveurs,
les usines de traitement et les exportateurs
de la région.
La pêche
au thon, ressource prometteuse de Phu Yên
Outre l'aquaculture, le Vietnam compte sur
la pêche en haute mer comme point
fort. La province centrale de Phu Yên
en est un exemple avec ses 650 thoniers
en activité. L'année dernière,
la pêche de Phu Yên a atteint
les 4.750 tonnes de thon, contre quelques
centaines dans le passé.
Dô Nam est un des pêcheurs réputés
de la province. Il raconte qu' "une
fois, mon bateau a pêché 20
thons, pour un poids total d'une tonne.
Ce métier a commencé à
se développer dès 1995".
Il explique qu'une prise de 10-14 tonnes
de thon par an lui rapporte environ 250
millions de dôngs. Grâce aux
bonnes techniques de conservation, la quasi
totalité de ses poissons trouve preneur
auprès des commerçants.
D'après le Centre provincial de production
d'alevins et de techniques de la pêche,
le ministère des Produits aquatiques
a donné son feu vert au projet de
construction d'un centre d'achat et de fourniture
des services de logistique pour accompagner
le développement de la pêche
à Phu Yên. Ce centre devrait
bénéficier d'une aide non-remboursable
du gouvernement japonais, à hauteur
de 5 millions de dollars.
Activité florissante, la pêche
représente une proportion élevée
dans le PIB vietnamien. Conscient de ce
potentiel, le ministère des Produits
aquatiques investit d'importants capitaux
pour promouvoir un développement
durable qui sera bénéfique
pour tous.
Élaborer
les normes internationales pour les poissons-chats
vietnamiens
Le Conseil suisse de certification de l'aquaculture
(ACC) et l'organisation helvète Eurepgap
sont en train d'élaborer les critères
internationaux pour les poissons-chats "made
in Vietnam". Selon les prévisions,
ce travail devrait s'achever l'année
prochaine. Avec l'assistance du programme
vietnamo-allemand sur le développement
des petites et moyennes entreprises (GTZ
en anglais) et le groupe suisse de vente
au détail Co-op, Eurepgap vient d'organiser
au Vietnam 2 colloques sur certaines questions
relatives à cette activité.
D'autres sont d'ailleurs à venir
en septembre et octobre. Nguyên Huu
Dung, secrétaire général
de l'Union vietnamienne de transformation
et d'exportation des produits de pêche,
a fait savoir que les poissons-chats vietnamiens
sont actuellement présents dans une
cinquantaine de pays.
Luong Hoàng Giang/CVN ( 16/07/06
)
Fiche métier
de l' Aquaculteur
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