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Petit village du bourg de Hà Dông
dans la province de Hà Tây
(Nord), Da Si bénéficie d'une
certaine notoriété grâce
à sa fabrication traditionnelle de
ciseaux mais aussi par ses créations
de dragon en tissu. Rencontre avec un des
patriarches de ce métier artisanal.
Malgré ses 78 ans, la passion
de Lê Ngoc Nguyên pour les
dragons n'a jamais faibli. Depuis des
dizaines d'années, il fabrique
depuis son village de Da Si des dragons
en tissu qui animent et colorent toutes
les fêtes populaires des environs.
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Selon M. Nguyên, ce
métier est apparu dans le village
depuis fort longtemps. Les feu artisans
de renom comme Lê Van Sao ou Hoàng
Van Ty ont donné vie à ces
animaux présents dans les fêtes
du village mais aussi dans les cérémonies
consacrées au temple de la Littérature
de Hanoi, à la pagode des rois Hùng,
à Phu Tho... Bien des fois, la profession
a traversé des épreuves, frôlant
à plusieurs reprises l'extinction.
Heureusement, un homme a décidé
de lier sa vie à la voie de ses ancêtres.
"En 1985, lorsque je suis entré
à la retraite, j'ai décidé
de consacrer tout mon temps à la
fabrication des dragons", raconte M.Nguyên.
Pour base, un vieux dragon du village. Le
jeune retraité fait des recherches
sur les matières, renouvelle la technique.
Ainsi, si dans le passé, le corps
de l'animal mythique était en paille
ou en papier, les cornes, mâchoires
et branchies en fer. Mais les dragons étaient
lourds et cependant peu résistants.
M.Nguyên a remplacé la paille
et le papier par du tissu, le fer par de
la mousse. Eurêka ! Ses dragons sont
plus légers, passant de 27 kg à
5 kg, et peuvent même résister
aux pluies. "Mes dragons ont un style
propre à eux mais s'attachent toujours
aux identités traditionnelles de
nos ancêtres", confie-t-il.
Passion et patience
La danse du dragon est une des spécificités
de la culture orientale. Figurant parmi
les 4 animaux sacrés, c'est une bête
fabuleuse, à la bouche de crocodile,
aux branchies de poisson, aux cornes de
grue et au corps de serpent. Lorsqu'il se
lance dans un nouveau modèle, M.Nguyên
cherche avant tout à lui conférer
un caractère sacré. En moyenne,
ses "bébés" mesurent
18 m, divisés en 9 parties et disposant
de 10 pieds. Dix personnes sont nécessaires
pour le manipuler. "Un artisan doit
posséder le talent d'un tricoteur,
d'un tailleur et d'un peintre. Si la force
n'est pas exigée, il faut en revanche
une habileté, une patience et une
passion sans borne", remarque M. Nguyên.
La partie la plus difficile est sans conteste
la tête de l'animal. Il faut qu'elle
ait l'air imposant, splendide lorsque le
dragon danse. L'armature du corps est faite
en bambou, couverte d'une couche de soie
de couleur jaune. Ajouté au vert
de son ventre et au rouge vif de ses os,
le dragon crée d'hypnotisantes vagues
dès qu'il se met à danser.
Dernière petite touche en date, M.
Nguyên ajoute des guirlandes et des
objets réfléchissant la lumière
pour rendre le dragon plus vif et coloré.
Finalement, l'assemblage des parties de
l'animal exige un don d'observation globale.
"Parfois je laisse mes enfants ou petits
enfants assembler les morceaux du dragon.
Résultat : la bête a l'air
inerte et je dois tout recommencer",
raconte le vieux fabricant. Malgré
tout, M. Nguyên ne se décourage
jamais. "En voyant les gens admirer
passionnément le dragon qui danse,
je comprends la signification de mon travail",
confie-t-il. Un seul souci pourtant le préoccupe,
la recherche d'héritiers pour poursuivre
l'aventure.
Viêt Anh/CVN
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Arts
et métiers : La fabrication des dragons
reprend son ascension professionnelle
Aujourd'hui, il reste très peu d'artisans
fabriquant ces grands dragons colorés
de tissus et papier dansant aux sons des
grosses caisses dans les rues des villes
et villages lors des festivités.
Un spectacle haut en couleurs, sacré,
qui ravit petits et grands, et qui est en
résonance avec l'âme de chaque
Vietnamien.
Parmi ces derniers fabricants de dragons
figure Lê Ngoc Nguyên, 78 ans,
du village de Da Sy, chef-lieu de Hà
Dông, province de Hà Tây
(Nord). C'est en 1988 qu'il s'est lancé
dans cet artisanat, après des dizaines
d'années passées dans l'armée.
Avec comme souhait de faire renaître
ce métier artisanal à Da Sy,
son village. D'abord, il a rencontré
d'anciens artisans pour se familiariser
avec les anciennes techniques de fabrication.
Puis, il a fabriqué un dragon bien
différent de ceux d'antan. Délaissant
bois et fer forgé, il a en effet
privilégié bambou, tissu et
cannetilles, créant un dragon léger,
donc plus maniable et surtout plus spectaculaire.
Selon Lê Ngoc Nguyên, la fabrication
des dragons est un travail minutieux, qui
exige un choix précis de matériaux.
Le corps du dragon est composé d'une
armature en bambou recouverte d'étoffes
de soie et satin. Afin d'éviter les
vrillettes - insectes phytophages -, il
faut couper les bambous au 8e mois lunaire,
période où ils ont aussi la
meilleure résistance. Une équipe
de 6 à 7 artisans doit travailler
de 10 à 15 jours pour monter un dragon,
qui sera vendu entre 2 millions et 4 millions
de dôngs.
"Je suis passionné de ce métier
artisanal, pas pour l'argent mais pour ma
propre satisfaction de faire revivre un
animal fétiche de la culture traditionnelle
vietnamienne", explique Lê Ngoc
Nguyên. Ce dernier garde l'espoir
de transmettre le flambeau à des
jeunes de Da Sy.
Thanh Tu/CVN ( 20/04/06 ) . |