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Années de
vaches maigres pour les bouquinistes à
Hô Chi Minh-Ville
A Hô Chi Minh-Ville, les bouquinistes
sont concentrés dans la rue Nguyên
Thi Minh Khai, à proximité
du carrefour Nga Sau, avec un quarantaine
de boutiques où s'entassent des livres
du sol au plafond.
Un lieu
fantastique pour tous les amateurs de
lecture, mais dont l'âge d'or
est bel et bien révolu. En effet,
tous les bouquinistes avouent que leurs
commerces ne sont plus guère
rentables, ajoutant souvent que c'est
le feu de la passion pour leur métier
qui les incite à ne pas mettre
la clé sous la porte.
Car les bouquinistes ont fort affaire
avec le développement des librairies
où se vendent des livres flambants
neufs et d'excellente qualité.
Avec l'amélioration de leur niveau
de vie, les consommateurs vietnamiens
sont devenus plus exigeants et ne se
satisfont plus de livres périmés
ou usagés. "Nous avons d'autres
commerces, rentables ceux-là,
afin de maintenir nos boutiques. |
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Malgré les difficultés, nous
avons encore la passion", affirme Hai
Ky, patron d'une bouquinerie.
Les principaux clients sont des étudiants
et des enfants qui, avec quelques milliers
de dôngs, peuvent acheter une BD ou
un manuel scolaire. Un chef-d'oeuvre d'Hemingway
en main - Pour qui sonne le glas -, Thuong,
étudiante en 2e année de l'Ecole
supérieure de la culture, explique
: "Ce vieux livre a été
imprimé en 1958, et sa couverture
est mauvaise. Mais l'important pour moi
est son petit prix, seulement 10.000 dôngs,
soit un cinquième d'une édition
récente".
Les livres rares
ont toujours la cote
Les bouquinistes reconnaissent que la plupart
de leurs vieux livres ne sont pas rares.
Edités depuis les années 1980
jusqu'au début de cette année,
ils sont plutôt usés. "Les
livres rares, imprimés de la fin
du XIXe siècle au début du
XXe sont toujours recherchés par
les passionnés. Bien sûr, ils
coûtent très cher, parfois
plus de 2 millions de dôngs chacun
!", souligne Mme Binh, une vendeuse.
Trouver un livre rare n'est pas chose facile,
même lorsque l'on chine les poches
remplies de dôngs. Le dictionnaire
vietnamien-portugais-latin d'Alexandre de
Rhodes, l'auteur du quoc ngu - la transcription
latinisée du vietnamien -, par exemple,
un bouquiniste l'a cherché en vain
bien que le client avait versé un
acompte. Il semble que l'unique imprimé
soit celui de la Bibliothèque de
Hô Chi Minh-Ville.
Lorsque des oeuvres rares ont déjà
pris place dans les étagères
des collectionneurs, ceux-ci délaissent
les bouquineries. Mais que de vieux manuscrits
reviennent sur le marché, alors la
rumeur grandit et les amateurs éclairés
rebattent le pavé afin de dénicher
les précieux spécimens.
Quê Huong/CVN
Reportage sur un Bouquiniste
au Maroc
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