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Considérés
comme des dieux pour savoir dompter les
cobras, mais interdits par une loi de 1972,
le million de charmeurs de serpent que compte
l'Inde sont accusés de mauvais traitements
par les défenseurs des animaux qui
veulent les transformer en éducateurs
spécialisés dans les reptiles.
Chaque
année, environ 400.000 serpents
sont retirés de leur environnement
naturel pour danser devant les flûtes
de charmeurs sous l'œil des touristes
ébahis. Mais leur ondulation
au rythme de la musique, on la doit
à un entraînement cruel
dispensé à coups de mauvais
traitements physiques.
Amputés de leurs crocs vénéneux,
ils meurent une fois relâchés
dans la nature après six mois
et quelques de "prestations",
accusent les organisations de défense
de la faune.
Une loi adoptée en 1972 a poussé
la plupart des charmeurs hors des villes,
par peur de se faire arrêter par
la police, les renvoyant dans les villages
où ils gagnent beaucoup moins,
selon une étude publiée
par le fonds privé Wildlife Trust
of India. Ils y "jouissent d'un
statut de quasi-dieu car ils sont capables
de conquérir ces animaux mortels",
explique Bahar Dutt, membre de l'organisation
qui a parcouru l'Inde pour mener l'enquête.
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Conscient que des milliers d'Indiens dépendent
de ce métier pour vivre, le trust
ne cherche pas à leur retirer ce
moyen de subsistance. "Leurs connaissances
pourraient de plus être utilisées
pour la conservation" des reptiles,
expliqué Mme Dutt.
Le fonds propose donc de transformer les
charmeurs en "éducateurs aux
pieds nus".
Embauchés par les centres de conservation
de reptiles, ils pourraient partager leurs
connaissances sur les animaux, le venin
et la médecine traditionnelle capable
de guérir les morsures.
Comme solution alternative, le Fonds suggère
également de faire des charmeurs
des membres d'ensembles musicaux, ressuscitant
ainsi une vieille tradition indienne qui
voulait que les charmeurs fassent partie
des "Festivals d'Inde", spectacles
typiques qui avaient coutume de tourner
en Europe et en Amérique du Nord
dans les années 80.
| Les
projets du Fonds trouvent toute leur
logique, estime le charmeur Krishan
Nath, qui ne demanderait pas mieux que
de partager ses connaissances. Le sexagénaire
souligne de plus l'actuelle contradiction
entre la police qui le traque dans la
rue, car sa profession est illégale,
et ces nombreuses personnes qui viennent
le chercher en désespoir de cause
pour guérir une morsure ou capturer
un serpent. |
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