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Protéger la forêt en élevant
des guêpes à domicile
Chaque jour, des centaines de nids de guêpes
de toutes sortes sont vendues sur les marchés
du district de Ha Hoa de la province de
Phu Tho, au nord-ouest de Hanoi. C'est la
région où se concentrent les
guêpes et leurs chasseurs.
Si autrefois on attrapait des guêpes
pour un besoin limité à la
famille, maintenant, les guêpes sont
largement commercialisées dans tout
le pays. Ce métier de chasseurs,
existant depuis un siècle, se développe
d'autant plus que, selon la croyance populaire,
l'alcool obtenu par la macération
de guêpes pourrait guérir beaucoup
de maladies.
À la différence des abeilles
dont la piqûre n'est pas mortelle,
les guêpes, pourvues d'un aiguillon
venimeux, sont non seulement très
dangereuses mais aussi très recherchées.
Il y a trois types de guêpes : les
frelons, les guêpes souterraines et
les guêpes aériennes.
Les deux dernières peuvent être
mortelles. Les plus dures à attraper
sont les guêpes aériennes,
les plus chères sont les guêpes
souterraines. À titre d'exemple,
un nid de guêpes souterraines à
dix étages (en moyenne, il n'a que
de 4 à 5 étages) coûte
de 500.000 à 600.000 dôngs.
Un métier à risques
Trouver un nid n'est que le commencement
de l'aventure. Les chasseurs doivent attendre
jusqu'à la tombée de la nuit,
quand la guêpe de garde rentre dans
le nid, pour boucher son entrée avec
de la terre glaise. Cependant, dans les
gros nids de guêpes, à part
la première gardienne à l'entrée
du nid, il y en a souvent une deuxième
au nombril du nid en forme de petite cloche.
Beaucoup de chasseurs sont tombés
victimes de cette dernière alors
qu'ils avaient réussi à bloquer
l'entrée principale. Pour se protéger,
le chasseur doit tenir une torche électrique
avec sa bouche pour que la guêpe,
qui déteste la lumière, se
lance directement vers la torche. Une simple
piqûre de guêpe suffit pour
faire perdre connaissance au chasseur. D'ailleurs,
le malheureux perturbateur recevra l'aiguillon
venimeux non pas d'une seule guêpe
mais de centaines d'entre elles et ce sera
pour lui l'horreur ! Ses plaies deviendront
purulentes et pire, il risque sa vie.
La chasse des guêpes est tellement
en vogue que le nombre de ces insectes sociaux
a été fortement réduit.
Certains chasseurs professionnels ont pensé
à long terme et ont décidé
de ramener les guêpes dans leurs jardins,
ce qui leur permet de maîtriser l'offre
et d'éviter les caprices de la nature.
Au hameau de Dong Thoc, commune de Van Lang
(Ha Hoa, Phu Tho), 80% des foyers vivent
de l'élevage des guêpes. Chaque
nid de frelons leur rapporte de 40.000 à
130.000 dôngs et ceux de guêpes
souterraines de 200.000 à 300.000
dôngs.
Citons l'exemple du jeune Nguyên Xuân
Phuc, âgé de 19 ans et habitant
du quartier 5, chef-lieu de Am Thuong (Ha
Hoa). Autrefois chasseur professionnel,
il avait eu à plusieurs reprises
le coeur serré en voyant des chasseurs,
faute d'argent, attraper des nids de jeunes
guêpes.
Il est maintenant propriétaire d'une
colline de plus d'un hectare où sont
élevés plus de 100 nids de
guêpes. Voilà un exemple parlant
du développement durable à
la vietnamienne.
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