 |
| |
Chasseur
de serpents (2 portraits) |
|
|
De nombreux pêcheurs dans les provinces
centrales du pays gagnent leur pain grâce
à la chasse aux serpents de mer.
Pourtant, certains risquent leur vie dans
ce métier très dangereux.
La chasse aux serpents ne nécessite
qu'une grande épuisette en tissu,
fixé à l'extrémité
d'un manche en fer. Les serpents nagent
doucement au large, à une profondeur
de 1-1,5 m.
Une fois que le pêcheur l'attrape,
il le met dans un bassin en verre dans le
bateau. Une campagne de chasse aux serpents
de mer dure souvent des semaines. Chaque
bateau comporte au moins deux pêcheurs
afin de pouvoir s'entraider en cas de danger.
Selon les pêcheurs de la mer du Centre,
il y a une cinquantaine de serpents maritimes
venimeux. Parmi ceux-ci, les serpents kim
et hèo sont les plus toxiques. Ces
derniers temps, en raison du prix élevé
des serpents de mer, de nombreux pêcheurs
s'orientent vers leur chasse.
"Les serpents sont de plus en plus
rares, les chasseurs doivent donc parcourir
des dizaines de kilomètres, en plein
large, après l'île de Côn
Co pour les attraper", remarque Nguyên
Van Quang, un commerçant de serpents
de mer. Auparavant, ce dernier en ramenait
quotidiennement des centaines de kilos,
aujourd'hui ce n'est plus que quelques dizaines
de kilos. "Un kilo de serpent kim coûte
environ 200.000 dôngs. Ce produit
de mer est beaucoup plus apprécié
que les autres.
Il est à la base de préparation
de spécialités succulentes
et nutritives", ajoute-t-il.
Très souvent, on prépare des
plats à partir de serpents vivants,
devant les yeux des clients. Pour les animaux
morts lors du transport, ils sont séchés
et macérés dans une bouteille
d'alcool. Une bouteille d'alcool contenant
trois petits serpents de mer coûte
environ300.000 dôngs.
Panacée de la morsure
Bien que la chasse au serpent de mer rapporte
gros, certains pêcheurs y renoncent
en raison du danger de ce métier.
Bon nombre de ces derniers sont morts suite
à une morsure.
Mais pour gagner leur vie, de nombreux pêcheurs
n'hésitent pas à risquer leur
vie et s'attachent aussi au métier.
Ils apprennent par coeur l'adresse d'une
personne. C'est Nguyên Quang Trung,
un homme résidant dans la commune
Vinh Thuy, district Vinh Linh, province
centrale de Quang Tri. Celui-ci a une remède
secret qui peut sauver les chasseurs mordus
par les serpents venimeux.
"J'ai soigné bénévolement
des pêcheurs avec un remède
composé d'herbes récoltées
dans la forêt", fait savoir M.
Trung. Pourtant, ce n'est pas tous les malades
qui ont la chance de rencontrer ce "docteur".
Certains ont trouvé une mort rapide,
trop rapide, à mi-chemin de chez
M. Trung...
Fiche métier de l'Herpetologue |
|
 |
| |
Pour
quel métier êtes-vous fait
?
Atout Métier
vous aide à définir l'orientation
qui vous convient le mieux. Cet outil est
destiné aux étudiants, aux jeunes
diplômés, aux demandeurs d'emploi,
ainsi qu'à tout individu en poste qui
souhaite faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle.
En
savoir plus ... |
|
|
« La vipère
était ma proie »
C'était un métier qui ne figurait
dans aucun registre. Pourtant, certains
l'exerçaient à plein-temps.
À l'époque, dans les années
cinquante, ils étaient trois, trois
«picoserp», ou chasseurs de
serpents dans le Gers, et Roland Soulès
était de ceux-là.
Dès 15 ans, quand les garçons
de son âge allaient vendre leur force
musculaire et leur vaillance dans les fermes,
ce gamin de Puycasquier, où il vit
toujours, préférait battre
les talus, fouiller les buissons à
la recherche de vipères et de couleuvres,
abondantes alors. Initié par un grand
«picoserp» M. Movia, le jeune
garçon a appris « à
se faire l'œil : j'ai eu jusqu'à
25 serpents par jour, et même 52 une
fois à Laas ! » Précieux
et dangereux reptiles, dont il vendait le
venin au prix fort à l'institut Pasteur,
qui en faisait des vaccins. « J'emmenais
les serpents dans une caisse à la
poste. Le receveur me voyait arriver d'un
mauvais œil. En contrepartie, à
18 ans, je me suis acheté tout seul
ma mobylette. Ma mère m'a dit, tu
aurais mieux fait de penser à la
clôture électrique. Mais ça
aussi j'ai pu le faire plus tard. »
Pas mécontent de sa bonne affaire,
Roland a ignoré les dangers, jusqu'à
26 ans, il a amassé les sous, multiplié
les prises, drapé dans l'aura frissonnante
et mystique de ce métier rare, dangereux,
volontiers diabolique. « Les gens
pensent encore qu'il y a des lâchers
de vipères illicites. »
« On était
inconscients »
Des légendes ont circulé :
on racontait qu'un serpent femelle ne pouvait
pas vous planter ses crocs, qu'elle venait
se lover dans la main. « Moi, je ne
me suis pas fait mordre une seule fois.
» Et pour cause, Roland Soulès
est avant tout un homme pragmatique. Il
a mis au point un ingénieux bâton
et des pinces pour attraper sans risque
les plus venimeuses bestioles. Ce qui ne
l'a pas empêché, dans quelques
foires régionales, de faire des démonstrations
publiques particulièrement audacieuses,
où il n'hésitait pas à
se couvrir la nuque avec une vipère
.
Mais sa démarche a toujours été
essentiellement alimentaire et ses traques
particulières ne concernaient pas
que les serpents. Tortues, lapins sauvages
et écureuils ont encombré
son tableau de chasse « Trois écureuils,
valaient trois journées de dépiquage.
» Et se rappelle-t-il, « on
en envoyait par lots de 50 vers l'Algérie
et l'Italie, où ils étaient
vendus comme animaux de compagnie. »
Epoque épique, qui s'est éteinte
après la guerre d'Algérie,
lorsque, revenant du régiment, il
s'est marié et a repris l'exploitation
paternelle. Aujourd'hui seulement, à
69 ans, à la veille de prendre sa
retraite, il reconnaît : « On
a risqué notre vie tous les trois.
Mais on ne s'en rendait pas compte. »
|
|
Vidéo sur des chasseurs
de serpents
|
|
|
|