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Huê au rythme lent des cyclo-pousse
Le cyclo, l'un des moyens de locomotion
les plus pittoresques du Vietnam, est idéal
pour découvrir Huê, ville romantique
au charme suranné. Les conducteurs
ne se contenteront pas de vous transporter,
ils seront aussi vos meilleurs guides...
Le métier de conducteur de cyclo
(xich lô en vietnamien) est encore
bien présent au Vietnam. À
Huê, ces moyens de locomotion
archaïques, vestiges de l'époque
coloniale - cet engin fut inventé
par un Français et testé
pour la première fois lors d'un
raid non-stop Phnom Penh - Saïgon
-, font partie du paysage urbain, transportant
des passagers mais aussi toutes sortes
de choses, toutes plus volumineuses
les unes que les autres. |
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Les habitués
de l'ancienne ville impériale retrouvent
toujours avec plaisir ces conducteurs filiformes,
à la peau bistre, malins comme des
fouines mais très attachants. Car
personne ne comprend ni n'aime autant cette
ville qu'eux. Aucun vestige ni site pittoresque
ne leur sont étrangers. Lorsqu'ils
prennent un touriste, ils communiquent avec
lui, ne se contentant pas de seulement pédaler.
Sans aucun complexe d'infériorité,
ils sont tout à fait heureux de gagner
leur vie de cette manière.
Huê est tellement petite qu'elle se
visite facilement à vélo.
Les rues sont propres et ombragées,
animées en été par
les stridulations des cigales cachées
dans les feuillages. C'est une ville poétique,
aux nombreux charmes, qui a toujours inspiré
les poètes du pays. Si les Huéens
préfèrent se déplacer
rapidement à moto, les touristes
veulent se balader très lentement,
pour contempler le paysage, s'imprégner
de l'atmosphère paisible et romanesque.
Huê est une vieille ville qui, en
tant que telle, doit se visiter... à
l'ancienne ! Ce n'est donc pas hasard si
les cyclo-pousse sont les moyens de transport
préférés des voyageurs.
Les touristes vietnamiens sont souvent ravis
par le comportement des conducteurs de cyclo
huéens, beaucoup plus dévoués
et charmants que leurs confrères
du Nord paraît-il. Bien qu'ils aient
un niveau d'instruction très bas,
ces hommes se sentent à l'aise avec
tout le monde, habitués qu'ils sont
de transporter des clients de couches sociales
et de nationalités diverses. Ils
discutent avec entrain, aussi à l'aise
en histoire locale qu'en prévisions
météorologiques, et s'avèrent
être les meilleurs guides pour visiter
temples, palais, tombeaux d'empereurs de
la dynastie des Nguyên (1802-1945)
- les derniers du Vietnam - et autres coins
pittoresques de la ville (elle en regorge).
Et si vous voulez vous caler l'estomac,
soyez sûrs qu'ils sauront vous dénicher
une bonne adresse pour déguster les
meilleurs spécialités de la
ville qui est, ne l'oublions pas, réputée
pour sa gastronomie.
Moyen de transport
désuet pour ville au charme suranné
D'un point de vue touristique, Huê
est une ville qui ne connaît pas de
saison morte. En général,
l'affluence est maximale en été,
période des fortes chaleurs mais
aussi des pluies diluviennes. Beaucoup d'étrangers
viennent aussi au Vietnam pendant l'hiver
pour fuir la mauvaise saison chez eux. L'ancienne
ville impériale exerce sur ces visiteurs
un attrait puissant en raison de ses paysages
paisibles, romantiques, poétiques,
chargés d'histoire. C'est aussi à
Huê qu'ils verront les plus belles
femmes du pays, c'est du moins ce que prétend
haut et fort la population locale ! Cette
ville est devenue une destination incontournable
pour les touristes, et souvent l'un de leurs
meilleurs souvenirs du pays.
À Huê, les conducteurs de cyclo
sont généralement groupés
en équipes de 7 à 10 membres,
où on les forme à mieux recevoir
leurs clients. On leur apprend aussi quelques
expressions en anglais ou français
pour qu'ils puissent communiquer un minimum
avec les étrangers. Bien sûr
les discussions restent basiques, mais c'est
toujours mieux que rien... Pour accoster
un Tây (un Occidental), il n'y a en
effet rien de pire qu'un "Houhouuu....",
alors qu'un "Hello, Mister ! Cyclo
?" sera une bien meilleure entrée
en matière ! Les équipes de
cyclo travaillent le plus souvent au service
de grands hôtels ou sont parfois mobilisées
par la ville lors de fêtes importantes
comme le Festival bisannuel de Huê,
dont la renommée s'étend bien
au-delà des frontières nationales.
En dehors de ces heures "obligatoires",
les conducteurs peuvent librement prendre
des voyageurs, à raison de 20.000
à 25.000 dôngs l'heure de balade,
chaque véhicule pouvant transporter
une ou deux personnes (en général,
un seul Occidental...). Et n'oubliez pas
de discuter du prix de la course avant de
vous installer sur le siège moelleux
du cyclo, sinon gare aux surprises à
l'arrivée !
Des caractéristiques
qui n'appartiennent qu'à Huê
Malgré des revenus mensuels fluctuants,
les conducteurs de cyclo arrivent toujours
à joindre les deux bouts. Il faut
dire que les Huéens sont des gens
plutôt sobres, il s'agirait même,
selon certains, d'un de leurs traits de
caractère. Ce sont des gens doux,
paisibles, qui ne songent qu'à travailler
laborieusement. Économes, ils jouent
et dépensent moins que les autres
citadins du pays. De toute manière,
les tentations sont limitées : la
ville ne compte que quelques bars et les
restaurants sont plutôt réservés
aux touristes. Et dans les lieux de loisirs
nocturnes, les Huéens sont plutôt
rares...
À la fin du travail, la majorité
des habitants rentrent chez eux pour un
repas en famille. Ayant l'habitude de limiter
leurs dépenses, les Huéens
peuvent vivre suffisamment avec des sommes
qui, pour beaucoup, paraîtraient modestes.
Même les conducteurs de cyclo, qui
exercent un métier réputé
comme ingrat et sous payé, s'en tirent
bien. Un homme, qui travaille normalement,
qui n'a pas l'habitude d'aller faire ripaille
avec ses amis ou ses collègues en
fin de journée, est capable de nourrir
une femme et quatre enfants.
Par ailleurs, les femmes huéennes
jouent un rôle important dans la vie
professionnelle de leurs maris. Elles les
encouragent pour qu'ils aient confiance
en ce qu'ils font. Se saignant aux quatre
veines, elles peuvent négliger leur
avenir professionnel pour se consacrer entièrement
à leur mari. Douces, attentives et
un brin soumises, elles sont toutes dévouées
à leur homme lorsqu'il rentre à
la maison après une journée
de travail éreintante (une récompense
précieuse, surtout les "forçats
du bitume" que sont les conducteurs
de cyclo). Cela incite les hommes à
être plus liés à leur
famille et à avoir plus de responsabilité
envers elle.
"Chacun a son métier, on n'a
souvent pas le choix. Je me considère
comme chanceux d'être marié
à une femme qui se montre compréhensive
envers mon travail. Je ne pourrais pas travailler
dans une famille en désaccord. Le
plus important, c'est de se sentir à
l'aise dans le métier qu'on exerce.
Sinon, c'est épuisant", confie
un conducteur. Une remarque valable pour
toutes les professions...
Hông Nga/CVN ( 13/08/04 )
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