|
Delta du
Mékong : professionnalisation de
la production de fruits de cactus
Après 10 ans de développement,
deux zones spécialisées dans
les fruits de cactus ont été
créées dans le delta, d'une
superficie de 1.500 ha à Châu
Thành (Long An) et 2.000 ha à
Cho Gao (Tiên Giang).
|
Le docteur ès sciences Vo Mai,
président de l'Association des
fruits du Vietnam, estime que le développement
de la production des fruits de cactus
dans les ces deux provinces est rapide
et considérable. Cela est d'autant
plus remarquable que les terres humides
de ces localités ne sont pas
vraiment favorables à une telle
culture. Selon Nguyên Thi Dam,
responsable du Service agricole du district
de Châu Thành, les paysans
maîtrisent aujourd'hui les techniques
de soin, au point de produire des fruits
en saison basse, en éclairant
les arbres à la lumière
d'ampoules afin d'obtenir un rendement
de 15 à 20 tonnes/ha. |
 |
Plusieurs familles ont installé des
colonnes de béton pour soutenir les
cactus. Cela représente un investissement
important (environ 41 millions de dôngs/ha).
Cette technique permet une implantation
plus dense: un millier de colonnes par hectare,
contre de 600 à 700 arbres selon
la culture traditionnelle. La qualité
des fruits s'améliore aussi grâce
à un temps de photosynthèse
plus long. Les fruits de contre-saison coûtent
par ailleurs plus chers (de 4.000 à
8.000 dôngs/kg). Selon des spécialistes,
les fruits de cactus de Châu Thành
et Cho Gao ont aujourd'hui une saveur particulière.
Ils sont appréciés non seulement
sur le marché national, mais aussi
dans plusieurs pays et territoires asiatiques
comme Hongkong ou la Chine.
Une production
et une distribution plus professionnelles
Pour avoir une position solide sur le marché,
il faut établir un circuit de travaux
plus professionnel, affirme Nguyên
Thi Dam. Si la culture des fruits de cactus
est devenue un métier dans la province
de Binh Thuân, celles de Châu
Thành et Cho Gao restent aléatoires.
Les plantations sont éparpillées
dans de multiples terrains séparés.
De nombreuses familles préfèrent
toujours se consacrer à la riziculture.
Les paysans qui pratique la culture des
cactus n'ont, en outre, aucune organisation.
Leur collaboration est nulle. Cette situation
réduit l'efficacité des travaux.
L'alimentation électrique des champs
en est un exemple. Si les paysans se coordonnaient
pour installer des fils électriques
communs, le coût d'investissement
serait réduit. La distribution des
fruits sur le marché dépend
des petits commerçants. Pour cette
raison, les fruits de cactus de Châu
Thành et Cho Gao n'ont pas encore
confirmé de label. Selon le programme
de coopération entre les localités
du fleuve Tiên, la production des
fruits de cactus sera réorganisée
dans une procédure professionnelle.
La qualité des marchandises sera
contrôlée selon des normes
européennes.
Il s'agit d'une opportunité à
saisir pour les provinces du delta du Mékong
en général. L'Association
des fruits du Vietnam procèdera à
la construction de systèmes de conservation
et d'emballage, puis à la présentation
de marchandises sur le marché national
et international.
Anh Vu/CVN ( 09/03/05 )
Portrait d'une Cactocultrice
|