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Nouveaux débouchés
pour la jacinthe d'eau
Autrefois considérée comme
inutile, la jacinthe d'eau est désormais
un filon juteux.
Les exportations de produits fabriqués
à partir de cette matière
première sont en plein boom.
Dans le passé, la jacinthe d'eau
était utilisée comme engrais
naturel dans la culture des fleurs. Depuis
une dizaine d'années, ce végétal
rapporte de grands bénéfices.
Il sert en effet à la confection
de produits artisanaux à exporter.
| "La
Thaïlande et les Philippines fabriquent
des produits artisanaux à base
de jacinthe d'eau séchée
depuis une vingtaine d'années.
Mais le prix est très élevé.
Le Vietnam possède en abondance
cette matière et une main-d'oeuvre
artisanale qualifiée. Avec des
modèles originaux et des techniques
de traitement plus modernes, le Vietnam
pourrait arriver en tête dans
l'exportation des produits du genre",
estime David Kao, directeur de la firme
taïwanaise Appolo. Celle-ci est
spécialisée dans la fabrication
et l'exportation des articles d'art
artisanal vers l'Europe. |
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La jacinthe d'eau se développe
surtout lors de la saison des crues. Ce
végétal contribue à
améliorer la vie des paysans du delta
du Mékong. Chaque jour, des dizaines
de bateaux accostent les districts de Tam
Nông, Thanh Binh, Cao Lanh et Thap
Muoi (province de Dông Thap), pour
commander des tapis, nattes et paniers en
jacinthe d'eau. Afin de favoriser le développement
du métier, la province investit des
centaines de millions de dôngs par
an dans l'apprentissage.
Bon nombre de villages de tissage des articles
en jacinthe d'eau ont vu le jour. Les revenus
des habitants locaux ont nettement augmenté.
"Ma famille gagne ainsi plus d'un million
de dôngs par mois, une somme suffisante
pour élever mes trois enfants en
âge scolaire", raconte Lê
Thi My Muoi, une paysanne de la commune
de Lang Biên.
Débouchés
étrangers
Lê Hông Tài, domicilié
au bourg de Cho Vàm, est le premier
producteur d'articles artisanaux en jacinthe
d'eau de la province d'An Giang (delta du
Mékong). Il y a cinq ans, tout le
monde considérait ce végétal
comme inutile, à l'exception de Lê
Hông Tài. Il a fait sécher
des tiges puis a tissé des premiers
tapis, qui ont été ensuite
transportés à Hô Chi
Minh-Ville pour chercher des consommateurs.
Son atelier artisanal, dans un premier temps,
se spécialisait dans l'exportation
des matières brutes vers la Chine.
La fabrication des produits finis a été
lancée lorsque le patron a trouvé
la méthode permettant de blanchir
le végétal séché.
"Le profit a ainsi quintuplé",
souligne-t-il. Actuellement, son établissement
emploie environ 500 ouvriers. Sans oublier
une dizaine d'ateliers satellites, qui sont
sous-traitants et fournisseurs des matières
premières. "Je viens d'exporter
une vingtaine de containers vers les États-Unis.
Je prévois l'expédition des
sofas en Europe, en coopération avec
la firme taïwanaise Appolo", raconte
Lê Hông Tài.
Conscients du gros profit de ce végétal
aquatique, des entreprises artisanales dans
le delta du Mékong ont élargi
leur production vers ce domaine. La compagnie
My Ngoc Phat (province de Hâu Giang)
a investi des centaines de millions de dôngs
dans la modernisation des équipements,
pour doubler sa capacité. Ses clients
proviennent des Pays-Bas, des États-Unis
et de Hong Kong.
De son côté, la firme Sao Mai
(province de Dông Thap) a diversifié
ses articles en jacinthe d'eau, afin de
satisfaire les critères des marchés
japonais et suédois. Un souhait commun
des producteurs : diminuer le nombre d'intermédiaires
pour augmenter leurs bénéfices.
L'e-commerce, notamment la mise en place
de leur propre site web, constitue une bonne
solution.
Mai Linh/CVN ( 08/05/05 ) |