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Après des années d'études,
le docteur Nguyên Van Viêt a
mis au point une méthode de reconstitution
de crâne. Deux personnes ont ainsi
retrouvé leurs visages après
2.000 ans.
Chaque soir le docteur Nguyên Van
Viêt, directeur du Centre de Préhistoire
d'Asie du Sud-Est, travaille assidûment
dans son petit grenier rempli de livres
pour rendre le visage à une jeune
fille ayant vécu voilà longtemps.
Sa boîte crânienne a été
découverte sur le site archéologique
de Dông Xa, province de Hung Yên
datant 3.000 ans av. J.-C. - 600 de notre
ère. "D'après les objets
funéraires, cette jeune fille aurait
vécu il y a environ 2.000 ans, soit
à l'époque des deux soeurs
Trung", estime-t-il.
Le nettoyage du crâne a pris six
mois. La recomposition du visage a été
entièrement conçue par
ordinateur grâce aux techniques
du Russe Guerasimov et à celles
de la Grande-Bretagne et des États-Unis.
La jeune fille aurait eu 17 ans et avait
déjà des dents de sagesse.
Un moulage du crâne rendu complexe
en raison du grand nombre de cavités
crâniennes a été
réalisé afin de garder
intact l'original. Les muscles du visage
ont été rendus en appliquant
du plastique sur le moule. "J'étais
très ému car je lui ai
rendu son identité après
2.000 ans. Elle est de nouveau née
le 18 juin 2005, jour où son
visage a été restitué",
révèle-t-il. Partant de
ce succès, lui et ses collègues
ont pu reconstituer le crâne d'un
homme âgé de 40 à
50 ans. |
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"Les muscles suivent l'anatomie des
os, tandis que les caractéristiques
des cheveux, des paupières uniques
ou doubles, des lèvres épaisses
ou non, dépendent totalement des
connaissances anthropologiques du restaurateur
et des données archéologiques",
explique-t-il. Les mâchoires sont
plus proéminentes que celles de l'homme
moderne. Outre les raisons anthropologiques
cela pourrait s'expliquer par la consommation
d'aliments coriaces. Des personnes aux mâchoires
proéminentes habitent encore les
provinces montagneuses.
"Dans le monde, la reconstitution d'un
crâne coûte environ un millier
de dollars, mais je ne pense pas que l'on
puisse faire mieux que moi", plaisante
le docteur qui a été inspiré
par la lecture d'un livre de l'archéologue
russe Guerasimov pendant ses années
à l'université. Après
la guerre, il a été envoyé
faire des études à l'étranger.
À Berlin, il a rencontré le
professeur Unrich, l'un des étudiants
de Guerasimov, qui l'a stimulé et
lui a prêté des documents de
valeur.
"Avec les études approfondies
en anatomie et ostéologie, notamment
les succès dans la reconstitution
de ces deux crânes, il est possible
d'édifier une nouvelle branche au
Vietnam", dit-il tout en ambitionnant
de bâtir un premier centre de reconstitution
des crânes dans la région.
"Ce sera très important pour
trouver les identités anthropologiques
d'une région grâce aux visages
reconstitués", confie-t-il.
Nguyên Chiên/CVN ( 02/10/05
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