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  Interview d'un Directeur d'une chaine de télévision


Interviews d'un Directeur d'une chaine de télévision vu par La revue du Liban



La LBC est, incontestablement, la chaîne nÞ1 au Liban et, probablement, au Moyen-Orient depuis plusieurs années. Son audience est à son apogée, surtout dans le monde arabe, où la LBCI reflète l’image de notre pays, ceci en plus des téléspectateurs de la diaspora qui attendent ses programmes avec impatience et pour qui la LBC représente un lien très fort avec la mère-patrie.

Pierre el-Daher est à la tête de cette station depuis quinze ans, date de son ouverture. Diplômé de l’université de Southern-California (Los Angeles) en “Engineering management” et en génie industriel, en plus du MBA, cet ingénieur de formation a été désigné PDG de la LBC à l’âge de 27 ans.
Il a dû faire face à beaucoup de responsabilités et de dilemmes, surtout durant les années de guerre où les querelles journalistiques ont battu leur plein.

Que pensez-vous des conditions de travail durant les années de guerre?

Chaque période a un certain cachet. Les années de guerre avaient leurs problèmes. Actuellement, le problème militaire n’existe plus; cependant, le challenge est le même; il consiste à créer toujours des nouveautés, de belles choses appréciées par les gens tout en étant “up to date”.

Quel est le secret de la réussite de la LBC?

C’est l’équipe de travail qui est assez importante.
C’est peut-être de la modestie de votre part, pour ne pas dire le management.
Non, c’est la vérité, même dans le management, il y a, également, une équipe de travail.



Avec le piratage actuel et les chaînes satellites, la concurrence est à son apogée. Comment affrontez-vous cette situation?

Nous avons pris ceci en considération depuis fin 1998 et il est évident qu’au Liban, il n’existe plus quatre ou cinq chaînes de télévision, mais une trentaine.

Qui sont les principaux actionnaires de la LBC?

Je suis le principal actionnaire, nous avons la moitié des parts avec tout un groupe, évidemment, puisque la loi ne me permet pas d’en avoir plus de 10%. Le groupe de M. Issam Farès détient 12%; de même que celui de M. Sleiman Frangié. Ils sont suivis de MM. Nabil Boustany, Salah Osseiran et d’autres actionnaires.

Quel est le montant de vos rentrées publicitaires?

Pour 1999, le montant brut était de 30 millions de dollars.

A votre avis, les émissions culturelles font-elles perdre de l’argent?

La question n’est pas correcte. Il n’y a pas d’émissions qui font gagner ou font perdre de l’argent.

Pourquoi ne produisez-vous pas des émissions culturelles?

Parce que l’audience des émissions culturelles est très limitée. Avec la concurrence actuelle, il existe des stations spécialisées en culture; il est insensé d’entrer en compétition dans ce domaine.

Ne pensez-vous pas qu’il est important de présenter aux téléspectateurs libanais des émissions culturelles locales?

Si, nous avons “Hiwar el-Omr”.

Et le culturel à cachet plutôt artistique?

Ceci entre dans le cadre de “Naharkom Saïd”.

Vous vous basez donc toujours sur la rentabilité du programme?

Nous prenons en compte la rentabilité de toute la grille.

Que pensez-vous du contexte audiovisuel libanais? Le Liban peut-il supporter huit chaînes de télévision?

Non, le Liban ne peut pas supporter un tel nombre de chaînes. Mais aucun problème ne se pose à la LBC.

Combien de chaînes peut-il supporter?


Commercialement parlant, deux.

Quelles seront les nouveautés de la LBC?

Il y a toujours des nouveautés qui sont annoncées le moment venu. Nous avons beaucoup de programmes déjà prêts que nous gardons en réserve. Cependant, il m’est impossible d’en parler. A chaque chose son temps.

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Interviews d'un Directeur d'une chaine de télévision vu par La revue du Liban

Ingénieur de formation, diplômé de l’Université Américaine de Beyrouth, M. Gabriel EL-Murr a commencé sa vie professionnelle dans le génie civil avec son frère et associé à l’époque. Précis et pragmatique, il nous confie qu’il a toujours été optimiste.
Aux pires moments de la guerre, je suis resté au Liban, dit-il. Je suis, actuellement, le seul à investir: nous avons un projet de studios, une société de production où nous investissons 15 millions de dollars.
A Naccache, la MTV a huit studios dont l’un a une superficie de 1000m2 avec 14 mètres de hauteur, ce qui est unique au Proche-Orient.


Etes-vous le fondateur de la MTV?

Je ne suis pas le fondateur de la MTV.
En 1979, mon fils Jihad a lancé “Radio Mont-Liban”; puis, en 1981 “Izaat Jabal Loubnan”. Ensuite, “Nostalgie” et “Hit FM”.
En 1990, nous sommes rentrés de France et mon fils cadet Michel Gabriel, en accord avec son frère, ont tenu à lancer une chaîne de télévision. J’étais opposé à ce projet, car la télévision est différente de la radio: il y a beaucoup de travail à faire et un effort continu à fournir pour avoir un niveau acceptable en image.
Après maintes discussions, Michel a insisté, j’ai fini par accepter et je leur ai alors fourni les premiers fonds nécessaires pour l’achat du matériel.
La MTV a commencé à émettre en novembre 1991.

Regrettez-vous d’avoir lancé la MTV?

Personnellement, je le regrette, mais ce n’est pas le cas de mes enfants. La télévision nécessite un investissement non négligeable et beaucoup de temps. Cela demande un effort continu, mais le problème le plus important est que nous sommes dans un pays où les libertés ne sont pas complètement assurées.

Pensez-vous qu’il n’y a pas de liberté de presse?


Il y a une liberté que surtout la MTV est en train de défendre dans les limites du possible. Nous aurions aimé donner davantage. Malheureusement ceci n’est pas possible. Des slogans nous ont dépassés.

La MTV perd-elle de l’argent?

Je ne suis pas au courant des détails financiers. Je sais, par contre, qu’en 1999, la MTV a gagné de l’argent. Actuellement, tout le pays est en crise. Il y a un problème économique et je ne sais pas quel est l’impact de cette crise sur la MTV.

Avec le piratage actuel et les chaînes satellites, il est de plus en plus difficile de se faire une place sur la scène audiovisuelle. Comment affrontez-vous cette situation?

Il faut qu’une loi règlemente ce qu’on appelle les “dishs”. Les lois actuelles ne permettent pas de le faire.
Ce qui gêne télévisions et cinémas, ce sont les droits de propriété des films et le droit de passage à l’antenne. Par exemple, nous achetons la série “Friends”; puis, nous la voyons passer sur ce qu’on appelle le “dish”. Ils n’ont pas le droit de distribuer le “dish” de cette façon.

Le contexte audiovisuel libanais, peut-il supporter huit télévisions?


Cela demande une économie saine et une autorité qui, malheureusement, n’existe pas. Le ministère, depuis un an et demi, est pratiquement inexistant. A part un seul qui bouge et travaille, la plupart des ministres ne prennent pas de décisions.
Pour qu’il y ait huit chaînes, ils ont lancé le slogan de la liberté. Qu’est-ce qui a changé depuis qu’il y a trois nouvelles télévisions autorisées? La liberté n’est pas là! Que ce soit 3, 8 ou 15 télévisions, la liberté peut se trouver dans une seule chaîne, si cette chaîne a le droit de tout couvrir et de tout dire que cela plaise ou non aux responsables.
Les rentrées brutes des télévisions locales varient entre 50 et 60 millions de dollars.
La chaîne reçoit 60%, en moyenne et 40% vont aux régies et aux agences de publicité. Si le chiffre moyen est de 55 millions, celui des rentrées de toutes les chaînes locales est de 30 millions de dollars. Les dépenses d’une chaîne sont supérieures à 10 millions de dollars. A priori, dans le contexte actuel, le marché ne peut pas faire vivre plus de trois télévisions. La preuve, Télé Liban ne vit que de l’argent du contribuable. Chaque année elle perd 30 millions de dollars, somme qui peut faire vivre 3 ou 4 chaînes de télévision.
Depuis 1997, l’économie du pays a commencé à se dégrader. En 1999, c’était la catastrophe et maintenant nous avons touché le fond.

Quand allez-vous émettre sur satellite?

Nous avons demandé l’autorisation d’émettre sur satellite le 5-5-1999. D’après la loi, ils ont 15 jours pour nous répondre. Nous avons, enfin, obtenu cette autorisation, le 30 mai 2000.
Nous passerons sur satellite avant la fin de l’année.

Les émissions culturelles font-elles perdre de l’argent?

Les émissions culturelles au Liban n’ont pas de rentrées matérielles. Elles font perdre de l’argent aux télévisions. C’est le rôle de Télé-Liban, puisqu’elle est en train de prendre l’argent du contribuable. Son rôle est de laisser la partie commerciale, puisqu’elle a échoué commercialement, il faut qu’elle se dirige vers la partie culturelle, vers les sujets qui touchent à l’environnement et que nous défendons.
A quoi bon, les feuilletons démodés et les films qui coûtent deux fois plus pour engager une compétition perdue d’avance avec les chaînes commerciales?

Quelles seront les nouveautés de la MTV?


La MTV s’adresse à une certaine catégorie de personnes ayant une culture un peu plus élevée que le niveau général devenu très bas au Liban. Nous avons la plus grande production locale, émettons très peu de feuilletons mexicains et couvrons une grande partie du sport local et extérieur.
Localement, nous avons une variété de jeux et sommes les représentants exclusifs de TF1. Par les temps qui courent, nous considérons que la grille de la MTV est acceptable.
On peut faire mieux, mais il faut de l’argent et ceci viendra.
Il n’a que trente ans et a réussi à s’imposer.

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Interviews d'un Directeur d'une chaine de télévision vu par La revue du Liban

Economiste, diplômé de l’Université américaine de Beyrouth en 1974, Nadim Munla est PDG de la “Future TV” depuis trois ans et demi.
Durant les derniers mois, les téléspectateurs ont, d’ailleurs, pu remarquer la nette évolution de la Future avec des programmes de plus en plus variés et de jeunes présentatrices branchées et attirantes.
Né en 1952, le Dr Munla a commencé sa carrière professionnelle en tant qu’analyste-programmeur; puis, il a travaillé dans la comptabilité. Ensuite, dans le secteur bancaire aux Etats-Unis, avant de rentrer au Liban en 1991 pour occuper le poste de conseiller économique du président Rafic Hariri, alors Premier ministre.
J’aime le changement, dit-il et je suis arrivé dans le monde de la télévision par hasard. La Future avait des problèmes et le président Hariri m’a demandé de m’en occuper.

Avec le piratage actuel et les chaînes satellites, il est de plus en plus difficile de se faire une place sur la scène audiovisuelle. Comment affrontez-vous cette situation?

Le piratage est un gros problème en effet et ni les télévisions locales, ni les maisons de production n’ont réussi à lui trouver une solution.
L’Etat n’assume pas ses responsabilités à ce sujet et je peux actuellement porter plainte contre l’Etat et demander des dommages et intérêts. Nous n’avons aucun problème de concurrence avec les stations satellites arabes, parce que la qualité de nos programmes est de loin supérieure aux autres. Notre problème majeur vient du piratage: quand on achète par exemple, le film “Titanic” à 20.000 dollars pour qu’il passe à l’antenne en 2002 et qu’on s’aperçoit que ce même film passe plusieurs fois sur le “dish”, on réalise que l’argent a été dépensé pour rien et qu’en 2002 ce film n’aura plus d’intérêt.

Que pensez-vous du contexte audiovisuel libanais?

Le niveau dépend de la demande du marché. Le budget d’une télévision est établi d’une façon logique. Je vais vous donner un exemple: quand on me demande de réaliser un feuilleton local, l’heure coûte en moyenne 25.000$, donc 50 heures reviendront à 125.000$ pour des émissions d’un niveau acceptable (la production égyptienne coûte 50.000$ par heure). Nous émettons sept mille heures par an et il faut prendre en compte la réalité des choses.

Les émissions culturelles font-elles perdre de l’argent?

Oui, elles font perdre énormément d’argent, parce que leur audience est limitée. Au fond, qui regarde la télévision? Les gens qui n’ont pas d’autres choix! Et ils ont besoin de se changer les idées.
Non pas forcément, je crois que tout le monde regarde la télé.
Regardez les statistiques, prenez les pauvres et les riches et comparez le nombre d’heures passées devant le petit écran.
Le rôle des médias est important, il faudrait quelque part éveiller les gens.
Il s’agit là d’un long sujet de discussion. Il existe dans le monde ce qu’on appelle PBS ou “Public Broadcasting station”, qui produit des émissions culturelles, des programmes d’éveil et ce que les autres télévisions ne peuvent pas fournir pour des raisons matérielles, puisque ce genre de programmes est coûteux ou n’a pas de rentrées. Là, c’est le rôle de l’Etat, donc de Télé-Liban ici, puisqu’elle est financée par l’argent du contribuable.

Perdez-vous de l’argent actuellement?

Depuis 1998, 90% de nos rentrées viennent de l’extérieur du Liban. La crise locale ne nous a donc pas touchés.

Si vous laissez le satellite de côté, en local, auriez-vous été déficitaires?

Oui, sûrement.

Quelles seront les nouveautés de la Future TV?


Nos productions de feuilletons locaux ont eu du succès. Nous préparons, par conséquent, trois nouveaux programmes de ce genre pour l’année prochaine. Nous aurons, également, deux nouveaux programmes pour enfants dont l’un est le plus célèbre au monde, il est produit par la BBC.
Fin septembre, il y en aura sept autres.



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