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De nouveaux journaux
qui veut des journaux ?
"Qui veut le journal ? Le journal Công
an nhân dân (Police populaire)
de ce mois publie l'information". Partout
à Hanoi, on entend les mêmes
ritournelles. Histoire de ce métier
dont on croise tous les jours les vendeurs,
mais dont on ne sait pas grand chose.
| Vers 4h30
du matin, Hanoi est calme, encore endormie,
silencieuse. Alors que dans la journée,
la rue Trang Tiên est toujours
affairée, présentant toutes
sortes de marchandises aux passants,
elle est le matin son opposée.
Bien qu'elle soit remplie de journaux,
la petite foule s'active en silence.
Il n'y a ni invitation lancée
à tout rompre ni ritournelle
incessante pour venir troubler cet étrange
marché qui se déroule
sereinement. Sous la lumière
vaporeuse du lever du jour, les motos
et vélos sont surchargés
de journaux. |
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Une femme s'applique à décharger
chaque empilement sur le trottoir pour préparer
la distribution du matin. "Chaque jour,
je me lève à 3h pour faire
la tournée des imprimeries et ainsi
récupérer toute la presse.
J'exerce ce métier depuis 20 ans",
confie-t-elle. Elle s'appelle Lan et elle
travaille actuellement dans un grand journal.
La distribution de la presse n'est qu'un
métier secondaire même s'il
représente une partie de sa vie.
Elle nous informe que dans la journée,
il existe d'autres séances de distribution.
Par exemple, le journal Tin chieu (L'information
de l'après-midi) de l'Agence vietnamienne
d'information est distribué vers
12 h 30 chaque jour. Le journal Nhân
Dân (Le peuple), vers 16 h.
Hanoi est certainement la ville où
les marchés à journaux sont
les plus nombreux. Car au bon matin, en
dehors du marché Trang Tiên,
le 221 Nguyên Khuyên, la rue
Dinh Lê, etc, s'animent aussi tout
en déployant là encore des
tonnes de papiers. Ces marchés font
partie intégrante de la vie matinale
de la capitale. Cela fait 20 ans qu'ils
accompagnent la vie des Hanoiens, assurent
leur quotidien même si cela reste
souvent imperceptible. En effet, le secteur
de la presse est en plein essor et beaucoup
d'Hanoiens lisent les journaux chaque jour.
Mais peu de personnes connaissent les métiers
des journalistes ou des distributeurs...
Une affaire érudite
mais dure
Si pour Mme Lan, la distribution de journaux
est un métier secondaire, il est
pour la majorité des personnes travaillant
sur les marchés la principale source
de revenu. Bien sûr, ce n'est pas
un emploi facile. Outre le fait qu'il faut
être alerte tous les jours à
4 heures du matin, il faut d'autre part
se montrer débrouillard pour gagner
sa substance. En effet, pour un exemplaire
de vendu, on ne récolte seulement
que quelques dizaines de dôngs. Une
personne distribue environ 1.000 journaux
en moyenne chaque matin. Et pourtant, malgré
la précarité et les difficultés,
le contingent des distributeurs augmente
sans cesse. Actuellement, Hanoi recense
plus de 1.000 distributeurs et vendeurs
de journaux.
| Certains
ont cependant su tirer leur épingle
du jeu. C'est le cas de M. Trân
Trong Manh, domicilié dans une
ruelle de Nguyên Khuyên,
connu comme une des grandes personnalités
de ce métier qu'il exerce depuis
les années 80. "D'abord,
j'avais l'habitude de lire la presse
puis je suis devenu un distributeur
et enfin je me suis pris de passion
pour ce travail, avoue M.Manh. Au début,
je ne pouvais fournir qu'environ 2.000
à 3.000 exemplaires, en raison
de mes maigres fonds. Maintenant, je
peux distribuer des dizaines de milliers
d'exemplaire pour chaque journal",
raconte-t-il. Actuellement, son groupe
s'occupe du ravitaillement de 60 kiosques
et ses groupes de vendeurs ambulants
de journaux avoisinent les 30 personnes.
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"Le nombre de journaux distribués
augmente de jour en jour. Je suis très
heureux que les Hanoiens lisent de plus
en plus la presse" confie M.Manh.
Une autre grande personnalité du
milieu est Lê Quang Phô, domicilié
au 8, rue Ly Nam Dê. Son groupe de
distributeurs comprend pas moins de 100
membres. Comme M.Manh, M Phô fournit
près de 50 kiosques. Chaque matin,
à 4 h, sa ruelle se transforme en
un bazar turc des journaux où se
croise des motos, des vélos, des
gens courant dans tous les sens. Quelques
heures plus tard, tous les grands et petits
journaux sont pourtant parfaitement distribués
aux kiosques.
M.Phô nous rappelle que ce métier
est aussi dur, chargé de risques
et difficultés. Il cite pelle mêle
les caprices de la météo en
nous demandant comment faire pour protéger
les journaux lorsqu'il pleut. Et quelque
soit le temps, qu'il vente ou pleuve, à
3 h du matin, lorsque le reste de la ville
dort paisiblement, les distributeurs doivent
se lever.
Mais tous ces gens là se plaignent
plus par principe et semblent réellement
apprécier leur travail. Mais une
autre activité de ce secteur connaît
elle de vraies difficulté, il s'agit
des marchands ambulants, pour la plupart
pauvres et originaires des provinces de
Hung Yên, Hà Tây, Hà
Nam. Selon M.Trung (originaire de la province
de Hà Nam), qui exerce ce métier
depuis les années 1990, chaque groupe
de vendeurs ambulants dispose d'un secteur
propre. Par exemple, ceux qui circulent
en vélo vendent des journaux essentiellement
dans les rues peuplées. Par contre,
les parcs ou la gare, sont réservés
aux vendeurs à pied nus. Selon Mme
Du, une vendeuse depuis quelques années,
elle doit marcher quelques dizaines de kilomètres
chaque jour pour écouler ses journaux.
Le travail est pénible pour un maigre
revenu, un peu plus de 20.000 dôngs
par jour. Pourtant, selon elle, il vaut
mieux faire ça plutôt que de
travailler dans les champs.
Dang Huê/CVN ( 17/12/04 )
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