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Hippodrome
: Éleveur de chevaux, la passion
de la course
Si le prix d'un cheval de course oscille
entre 100 et 200 millions de dôngs,
l'élevage des coursiers n'est pas
une affaire juteuse. Seule la passion permet
à quelques "fous" d'y consacrer
leur vie.
Parmi les milliers de spectateurs qui s'égosillent
dans les gradins de l'hippodrome de Phu
Tho (11e arrondissement, Hô Chi Minh-Ville),
très peu savent qu'il faut des années
de galère pour élever et entraîner
un cheval de course. Pour cette raison,
un coursier coûte de 100 à
200 millions de dôngs, selon son prestige.
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l'âge de 50 ans, très doué,
Nguyên Van Thành se considère
comme un "novice " dans le
milieu des entraîneurs de chevaux.
Il est entré dans ce cercle fermé
dès les années 70, mais
a dû attendre la réouverture
de l'hippodrome de Phu Tho, en 1990,
pour créer son propre domaine
consacré totalement à
cette passion. |
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"Ce métier demande de gros investissements",
confie M.Thành. Il faut méticuleusement
soigner le cheval pendant ses deux ou trois
premières années. La nutrition
de l'équidé est rigoureusement
sélectionnée, par exemple,
le riz est prohibé car il peut entraîner
le ballonnement. Au contraire, les chevaux
"vedettes" ont au menu des herbes
tendres, bien lavées et sans odeur
étrange.
Thành dépense par mois 3 millions
pour s'occuper d'une bête. Si le coursier
s'impose dans une course, son propriétaire
récupérera au maximum 10 millions
de dôngs. Et si le cheval ne fait
que de la figuration, l'organisateur ne
paie qu'une somme symbolique de 500.000
dôngs pour la participation. "Pour
moi, l'élevage des chevaux de course
n'est qu'une passion, il n'est jamais une
affaire lucrative", confirme Thành.
Naissance d'un poulain:
la fête! Mort d'un coursier : le cauchemar
À cause de la valeur élevée
d'un cheval de course, l'éleveur
introduit dans son troupeau une jument pour
espérer donner naissance à
un poulain. Mais la fécondité
des chevaux est faible par rapport à
d'autres espèces. Le tout petit poulain
a besoin des soins très attentifs.
"J'ai passé des nuits blanches
à côté de l'écurie
pour attendre le premier accouchement de
ma jument, a raconté M.Thành.
Lorsque le poulain a vu le jour, je ne vous
raconte pas la fête que j'ai faite
avec mes amis!", dit-il dans un rire.
Pour choisir un cheval, il existe des critères
bien précis, avec avant tout la preuve
d'une "origine contrôlée".
Un professionnel juge une bête sur
son apparence et par son "acte de naissance"
qui justifie l'ascendance du poulain.
Toutefois, la jovialité de Thành
s'efface dès que l'on évoque
ses échecs. Il raconte sa blessure.
Autrefois, il possédait un très
beau cheval de course, rapide, qui s'appelait
"Pelé", en référence
au roi du football. Malgré ses origines
non brésiliennes, "Pelé"
s'impose dès sa première course
à l'âge de deux ans. La naissance
d'un futur "étalon noir".
"J'étais dans les nuages à
ce moment-là", explique le maître
Thành. Car en plus de la prime accordée
au 1er prix, son crack obtient tout de suite
la reconnaissance des professionnels, subjugués.
Mais un jour, "Pelé" est
mordu par un chien, sans espoir, quelques
jours plus tard, le cheval vedette décède.
Pendant des mois, Thành perd le goût
de la vie. "Dans mes rêves, je
retrouvais mon cheval", dit-il.
Nguyên Van Thành est un exemple
de ces amateurs ou professionnels qui ne
vivent que pour la passion de la course.
Sans chevaux, il confie que sa vie serait
bien morose, car malgré les difficultés,
le stress, tout disparaît à
l'entrée d'une piste d'hippodrome,
là où seul l'éleveur
de chevaux de course connaît cette
adrénaline équestre.
Trân Duc/CVN ( 22/07/05 )
Fiche métier
de l' Eleveur
de chevaux |