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La nature offre aux paysans vietnamiens
des conditions favorables à l'élevage
des crevettes en eau saumâtre. Il
faut trouver une formule qui respecte la
nature.
Si l'élevage
des crustacés est devenu depuis
des années un métier ordinaire,
celui des crevettes dites biologiques
reste très nouveau pour les millions
de paysans des régions côtières.
À l'aide de SIPPO, une organisation
non gouvernementale suisse spécialisée
dans la promotion de l'importation,
l'Association vietnamienne de la production
et de l'exportation des produits aquicoles
(VASEP) a développé en
2001 la première formule d'élevage
des crevettes mené de façon
biologique en eau saumâtre dans
la province de Cà Mau. Le service
d'Aquiculture de Cà Mau y a participé
aussi.
Des bassins ont été creusés
sur 4.000 hectares de terres salées
de la ferme sylvo-aquicole N184. L'expérimentation
a créé des emplois pour
1.700 foyers paysans. Les crevettes
de la ferme 184 sont traitées
par la compagnie de transformation et
d'exportation des produits aquicoles
de Cà Mau (Camimex). Etiquetés
"bio" et avec un certificat
suisse, ces marchandises sont expédiées
avec prix de 20 % supérieur par
rapport aux produits ordinaires de même
catégorie. |
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Avec
ce type de marchandise, le Vietnam est devenu
le premier pays dans le monde à produire
des crevettes d'eau saumâtre de façon
biologique. L'Équateur élève
aussi des crevettes bio, mais appartenant
à une espèce différente,
aux pattes blanches, selon Nguyên
Huu Dung, secrétaire général
de VASEP. D'après Ngô Hông
Phuoc, directeur de la ferme sylvo-aquicole
N184, l'élevage des crevettes bio
consiste à réaliser un environnement
naturel. La densité des crustacés
y est largement inférieure à
celle de l'élevage industriel. On
compte sur un mètre carré
une ou deux crevettes seulement, pour que
ces dernières puissent se nourrir
des planctons naturels poussant dans l'eau.
Les paysans doivent, bien sûr, respecter
plusieurs critères techniques très
stricts.
Tous les éleveurs participent à
une gestion communautaire.
Le paysan ne peut pas modifier l'environnement
de son domaine sans autorisation de la communauté.
Il s'agit d'une mesure de respect des conditions
naturelles de la ferme. Les espaces verts
doivent occuper jusqu'à 60 % ou 70
% de la superficie totale.
Développer la production bio
à partir de l'élevage actuel
L'année
dernière, les premiers containers
de crevettes bio ont été expédiés
en Suisse.
Cette année, trois containers ont
de nouveau été exportés.
Les produits de la ferme 184 sont maintenant
connus dans le monde. C'est pour cette raison
que l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'organisation
intergouvernementale Infofish et VASEP ont
organisé, en juin dernier à
Hô Chi Minh-Ville, une conférence
internationale sur l'aquiculture biologique.
Quelque 130 délégués
de 38 pays y ont participé. La vice-ministre
du Ministère des produits aquatiques
Nguyên Thi Hông Minh a souligné
que le Vietnam présente de gros potentiels
dans l'élevage des crevettes biologiques
avec l'existence d'environ 500.000 hectares
de bassins d'élevage de crevettes
en eau saumâtre.
Il est possible de transformer ces espaces,
parce que les techniques actuellement utilisées
sont proches de celles de l'élevage
biologique. Les forêts submergées
du Sud offrent des conditions favorables
à l'épanouissement des crustacés.
Le secrétaire général
de VASEP Nguyên Huu Dung reste toutefois
réticent, parce que, d'après
lui, le prix des crevettes bio n'apparaît
pas nettement avantageux pour les paysans.
Néanmoins, il faut dans tous les
cas développer cette formule d'élevage,
parce qu'elle est moins polluante, a jugé
M. Dung.
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Des
crevettes nagent dans la cuvette
L'élevage de crevettes est devenu
un métier lucratif sur l'ancien champ
de bataille de Diên Biên Phu.
De plus, il ouvre des perspectives à
un bon nombre de foyers de la région.
Toutefois, il est nécessaire d'élaborer
une orientation, afin de valoriser ce nouveau
métier.
En déposant son chapeau sur le bord
de sa mare, Mme Nguyên Thi Mao, domiciliée
dans le quartier de Him Lam, en plein cœur
de la ville de Diên Biên Phu,
province de Diên Biên, séparée
le 1er janvier 2004 de la province de Lai
Châu, explique les résultats
de sa récolte de crevettes d'eau
douce
| . "Lors
de la dernière campagne, j'ai
gagné jusqu'à vingt millions
de dôngs, sans compter une somme
identique, avec la vente de poissons.
Comparativement à ce que je peux
gagner avec la riziculture, l'élevage
des crevettes et des poissons est nettement
plus rentable. Ainsi, puis-je payer
les études, le logement, la nourriture
pour mes deux enfants, qui poursuivent
leurs études à Hanoi",
confie Mme Mao. Contrairement à
de nombreux foyers de ce quartier, Mme
Phan Thi Tuoi pratique l'élevage
intensif des crevettes dans un étang
d'eau douce de 10.000 m². "Ce
qui permet aux petites crevettes de
résister au froid", explique
Phan Thi Tuoi. Elle souligne qu'elle
a empoché plus de 30 millions
de dôngs de profit. |
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Quant à Quang Van
Lê, dans la commune de Thanh Xuong,
district de Diên Biên, il élève
de petites crevettes dans les rizières.
Il explique que les pieds de riz constituent
des abris naturels. Auparavant, il devait
assainir les sources d'eau et l'environnement,
afin que ces derniers soient propices aux
crevettes. "Une fois que ces dernières
ont grandi, c'est le moment que la rizière
nécessite une fertilisation et que
les crevettes doivent être pêchées,
afin d'être élevées
dans une mare. Ce pour permettre à
la fois au riz de pousser et aux crevettes
de continuer à grandir", souligne
Quang Van Lê en expliquant grosso
modo sa manière de travailler. C'est
le modèle riz-astaciculture qui lui
a permis de prospérer. Questionné
sur la naissance de ce nouveau métier,
Nguyên Van Khoa, directeur du Centre
provincial de l'élevage de crevettes
de Diên Biên, a mis l'accent
sur les innombrables difficultés
et obstacles de l'élevage des crevettes,
dans la cuvette. Il s'agit des brouillards
imprévus, parfois les épizootie,
l'habitude des habitants de la province
et leur scepticisme sur la réussite
de ce nouveau métier.
Problèmes
et réussite inévitables
| Néanmoins,
grâce à l'assistance du
Programme national de l'encouragement
astacicole et l'esprit audacieux de
son personnel chercheur, l'élevage
de crevettes en eau douce est expérimenté
dans la cuvette de Diên Biên.
De plus, des cours de formation technique
pour les éleveurs ont été
organisés. Initialement, les
petites crevettes ont été
élevés dans des bassins,
puis dans un milieu naturel. À
l'issue d'une certaine période,
l'élevage a été
multiplié sur une vaste étendue
d'eau. La 1re récolte a été
un succès, la haute rentabilité
a ainsi permis de vaincre les hésitation
de bon nombre de foyers locaux. |
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Le responsable du Centre
provincial a argumenté que les intrants
pour l'élevage des crevettes en eau
douce étaient d'environ 32 millions/ha/campagne
; les frais de nourriture, de 20 millions
de dôngs, ainsi que les dépenses
pour leurs soins, faisaient en tout un total
de 60 millions de dôngs. Les éleveurs
sont en mesure d'obtenir un revenu de 100
millions dôngs, soit 40 millions de
dôngs de bénéfices/ha/campagne.
Ainsi l'efficacité économique
est-elle de 4 ou 5 fois supérieure
à celle enregistrée dans le
domaine de la riziculture. Aussi, au cours
de ces dernières années, l'élevage
de crevettes s'est-il développé.
Nécessité
d'un plan d'aménagement global
Grâce à ces résultats
encourageants, le projet sur d'élevage
de crevettes d'eau douce s'est avéré
non seulement économiquement efficace,
mais a constitué une véritable
perspective pour beaucoup de gens originaires
de diverses ethnies minoritaires. Mais il
est nécessaire d'élaborer
un plan d'aménagement global, avec
la mise sur pied d'un système fermé,
du maillon d'octroi des fonds, des sources
de nourriture, de la fourniture des matériaux
pour la production jusqu'à celui
de création d'un réseau d'intermédiaires,
chargés d'écouler les produits
et de rechercher des débouchés.
Sans oublier la garantie de l'exercice stable
de cet élevage sur place. L'organisation
de cours de formation technique concernant
l'ensemble du processus pour les foyers
d'éleveurs doit être intensifiée.
L'investissement pour installer un réseau
de traitement des eaux usées des
milieux aquicoles constitue un impératif.
Lê Hà/CVN ( 04/05/04 )
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