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Les étrangers
s’intéressent au commerce des
amphibiens
Navalona R.
Très demandées sur le marché
international. Les espèces d’amphibiens
de Madagascar le sont. Le prix à
l’export d’une grenouille vivante
coûte entre 3 et 20 USD valeur FOB
(Free On Board), suivant l’espèce,
a fait savoir Donty Jean-Baptiste, un exportateur
de produits faunistiques.
« Nous participons à leur conservation
et à la valorisation de ces produits
forestiers en les achetant aux environs
de Ar 1000 la pièce auprès
des paysans », a-t-il rajouté.
La Grande île recèle plus de
230 espèces actuellement, qui peuvent
atteindre jusqu’à 500 espèces
selon les estimations des chercheurs. Mieux
encore, plus de 99% de ces batraciens sont
endémiques au pays.
Taux de mortalité
de 60%
Ces grenouilles habitent dans la forêt
ou dans les marécages. Certaines
espèces peuvent être spécifiques
à la région où elles
se trouvent. Les endroits humides comme
à Anosy, au Sud-Est, à l’Est
et au Nord-Est du pays, constituent les
zones de concentration de ces batraciens.
Mais la dégradation de leur habitat
et la déforestation posent de graves
problèmes au niveau de leur conservation
et de leur survivance.
C’est pourquoi un atelier sur la stratégie
de conservation des amphibiens de Madagascar
est organisé pendant 4 jours, regroupant
les chercheurs, les ONG oeuvrant pour leur
protection et les acteurs touchés
par cette filière porteuse. En outre,
la méthode de collecte de ces amphibiens
auprès de leurs zones d’habitat
ne respecte pas les normes, selon Raselimanana
Achille de WWF Madagascar. Collectées
dans une soubique pour être transportées
vers l’endroit où l’on
les met sous conditionnement, le taux de
mortalité de ces grenouilles, d’espèces
confondues, s’élève
à 60%.
Animaux de compagnie
Afin de mieux gérer ces amphibiens
de Madagascar, leur commerce est réglementé.
Certaines espèces menacées
sont interdites d’exportation, comme
le Mantella cowani d’Ambositra, tandis
que d’autres sont soumises à
un quota allant de 100 à 5.000 par
espèce et par an, comme le scaphiophryne
gottlebei selon les responsables de CITES.
D’après les statistiques, l’espèce
« Mantella madagascariensis »
est la plus exportée atteignant 31.824
unités, de 2000 à 2006. En
tout, on compte actuellement plus de 90
espèces exportées par 12 opérateurs.
Les Américains, les Japonais, les
Chinois, les Taïwanais et les Européens
en raffolent et les mettent dans un vivarium
en tant qu’animaux de compagnie.
Diverses stratégies de conservation
de ces amphibiens ont été
proposées, dont l’élevage
in situ en identifiant de nouvelles aires
protégées et l’élevage
en captivité ex situ. Des pathologies
émergeantes touchant ces animaux
sont aussi connues dans le monde, ce qui
peut amener à réflexion sur
le cas de Madagascar. Une élaboration
d’un plan d’actions de conservation
durable de ces animaux uniques s’impose
afin de mieux coordonner les actions de
protection de l’environnement et les
activités économiques, a souligné
le ministre de l’Agriculture, Harison
Randriarimanana, lors de l’ouverture
de cet atelier.
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