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Le to he, un jouet
traditionnel des enfants vietnamiens
Depuis la fondation des villages de métiers
aux XVIe et XVIIe siècles, des jouets
sont fabriqués au Vietnam. Le village
de Xuân La, commune de Phuong Duc,
district de Phu Xuyên (province de
Hà Tây au Nord) s'est spécialisé
dans la confection des to he.
| Samedi
matin, il vient de pleuvoir, les rayons
de soleil se frayent un passage entre
les nuages qui se dissipent. À
l'ombre des pancoviers, les enfants
gambadent joyeusement sous la surveillance
de leurs parents dans le zoo Thu Lê.
Une petite fille tire sa mère
par la main vers un jeune homme assis
au pied d'un arbre. Celui-ci passe modèle
des figurines avec des pâtes de
couleurs. La fillette s'écrie
: "Maman, achète-moi un
to he!" Les mains de l'homme ne
cessent de s'agiter. Très vite
un attroupement d'enfants se forme autour
de lui. |
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Ils réclament à
leurs parents d'acheter les figurines que
le jeune homme modèle. Tous lui demandent
de fabriquer la figurine de leur choix :
Dorémon, Pokémon, le Marin
de la Lune, des personnages de mangas, Tôn
Ngô Không, Chu Bat Gioi (le
Singe et le Porc d'un roman chinois). De
ses doigts habiles, l'artiste s'exécute.
Le to he est un jouet familier pour les
enfants vietnamiens, surtout dans le delta
du fleuve Rouge. Le dictionnaire vietnamien,
publié en 2002, explique que le to
he est une sorte de jouet, une figurine
façonnée à partir d'une
pâte cuite et colorée. Les
origines du to he sont mal connues. Autrefois,
lors des fêtes de village, on voyait
souvent des artisans confectionner ces jouets.
Ils s'asseyaient au pied d'un banian ou
d'un badamier de la maison commune du village.
Les artistes s'absorbaient dans la fabrication
des figurines et ignoraient le bruit des
tambours. On les voit encore quelques fois
dans les chefs-lieux ou les grandes villes.
À la porte des pagodes ou des temples.
Les matières premières pour
fabriquer un to he sont simples : de la
pâte cuite, du colorant et une tige
de bambou. Dans le passé, les producteurs
collectaient souvent du riz refroidi. Ils
le faisaient sécher et le broyaient
pour faire la pâte. Le to he représente
souvent des personnages de romans chinois,
des animaux ou des objets comme une main
de bananes, une grappe de raisins, une voiture,
une bicyclette. Les fabricants de to he
sont imaginatifs et créatifs. Une
petite fille demande un plateau de cinq
fruits pour exposer sur son bureau. Le plateau
avec un pamplemousse jaune, une plaquemine,
une main de bananes vertes ..., apparaît
en un clin d'oeil. Toutes les figurines
sont reliées par des tiges de bambou.
Le village des
to he
Les to he sont fabriqués surtout
dans le village de Xuân La, commune
de Phuong Duc, district de Phu Xuyên,
province de Hà Tây. Un chemin
en brique conduit au village. Autour, les
rizières s'étendent à
perte de vue. Les gens du village sont encore
pauvres, mais ils vivent en parfaite harmonie.
Âgé
de 80 ans, monsieur Tô est un
vieil artisan. Actuellement, une trentaine
de personnes de sa famille savent modeler
des to he. De nombreuses familles de
Xuân La ont quitté leurs
villages pour gagner leur vie en modelant
des to he dans les localités
septentrionales.
La famille de M. Tô pratique ce
métier depuis dix générations.
M. Tô est souvent invité
à participer à de grandes
festivités culturelles, dont
le festival des échanges culturels
Vietnam-Japon, organisé en novembre
2004 à Hô Chi Minh-Ville.
Ce qui permet de présenter aux
visiteurs étrangers ce métier
traditionnel du Vietnam. |
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Cette activité a été
transmise aux habitants du village par leurs
ancêtres. Les villageois de Xuân
La n'ont jamais transmis leur secret professionnel
aux personnes étrangères au
village. Mais aujourd'hui, la jeune génération
s'en désintéresse parce que
c'est un travail qui demande beaucoup de
temps et de passion. Cependant, de nombreux
enfants de 6 ou 7 ans dans le village de
Xuân La aiment ce métier et
peuvent confectionner des to he. Il faut
d'abord mélanger le riz gluant à
du riz ordinaire, les laver à l'eau,
les mettre à sécher, puis
les broyer avec des meules en pierre. On
tamise la farine obtenue jusqu'à
ce qu'elle devienne fine. Puis on mélange
cette farine avec de l'eau pour obtenir
une pâte qu'on fait cuire dans de
l'eau. Enfin, on la colore.
D'après M. Tô, auparavant,
en dehors des périodes de moisson,
tout le village modelait des to he que les
jeunes filles vendaient sur les marchés,
surtout à l'occasion de la fête
de la mi-automne (fête des enfants)
ou du Têt (fête du Nouvel An
lunaire). M. Tô espère pouvoir
transmettre son métier aux jeunes
générations.
Selon un patriarche de Xuân La, dans
le temps tous les gens de son village savaient
modeler des figurines en farine. Mais le
métier périclite peu à
peu. Aujourd'hui seul un petit nombre de
familles continuent à le pratiquer.
Dans le passé, les enfants, surtout
à la campagne, se passionnaient pour
ces figurines. Mais les enfants les délaissent
maintenant. Ils préfèrent
les jouets en plastique ou les jeux vidéos
importés qui envahissent le marché.
Les to he sont particuliers à la
culture vietnamienne. Ils disparaîtront
bientôt. Mais de nombreuses personnes
ne les oublieront jamais.
Hoàng Giang ( Têt 2005 )
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Fabriquer
des jouets au milieu du fleuve Rouge
La maison de M. Nguyên Van Thao, 64
ans, est une vielle barque dont les cloisons
en natte de bambou tressé soutiennent
difficilement le toit en tôle. Elle
est située sur le Bai giua (terrain
du milieu) du fleuve Rouge. M. Thao est
originaire du village de Dông Quy,
commune de Nam Tiên, district de Nam
Truc, province de Nam Dinh (à 70
km au sud de Hanoi), réputé
pour ses métiers artisanaux. À
21 ans, il a appris son métier d'un
artisan chevronné du village. Depuis
il fabrique des jouets d'enfants pour la
fête de la mi-automne comme le moulin,
l'homme qui décortique du paddy,
les soldats au combat, etc. Il a aussi créé
de nouveaux modèles, essentiellement
des animaux qui roulent : une souris à
quatre roues qui agite la queue, une tortue
à carapace jaune qui agite le cou.
Quand il était au village, ces jouets
étaient faits pour les enfants mais
depuis qu'il a déménagé
à Hanoi, il y a 20 ans, c'est devenu
un métier, qui lui permet de gagner
suffisamment d'argent pour faire vivre sa
famille.
Chaque année, à l'occasion
de la fête de la mi-automne, il lance
sur le marché des centaines d'animaux
amusants. Durant cette période, toute
la famille s'entasse pour travailler dans
la barque en bois au pied du pont Long Biên
(ex- pont Doumer). Vers trois ou quatre
heure de l'après-midi, il bat le
pavé de la capitale sur sa vieille
bicyclette pour vendre ses marchandises.
À 25 km de la maison de M. Thao,
la famille de Nguyên Thi Tuyêt
est en plein préparatif pour la fête
de la mi-automne. Fabriquer des jouets d'enfants
est le métier de cette famille qui
habite à Hâu Ai, un village
de la commune de Vân Canh, province
de Hà Tây. Elle fabrique des
lanternes en forme de lapin, de paon. Depuis
qu'elle était petite, sa famille
a déjà fait des jouets en
papier pour les enfants de la campagne.
Les marchandises sont transportées
à bicyclette et vendues sur les marchés
de Canh, Vang, Trôi, Nhôn ou
Dam.
Fêter la mi-automne est devenu une
tradition pour toute la commune de Vân
Canh. Les enfants, mais aussi les adultes
et les jeunes, attentent avec impatience
la nouvelle lune. Par tradition, toutes
les familles achètent une lanterne
qu'elles placent chez eux.
Maintenant, les jouets traditionnels sont
menacés par ceux qui arrivent de
Chine. Bien qu'ils soient très occupés
par les travaux champêtres, les membres
de la famille de Tuyêt fabriquent
chaque année des jouets d'enfants
pour la mi-automne. "Il faut préserver
le métier de nos ancêtres.
Apporter de la joie aux enfants mais aussi
se donner du bonheur à soi-même",
confie Nguyên Thi Tuyêt.
Giang Ngân
( 15/10/04 )
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