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Garde-génisses,
un métier à réinventer
Garde-génisses, un métier
qui offre peu de perspectives. Rémunéré
une centaine de francs par tête pour
la saison, un garde-génisses ne peut
s’en sortir qu’avec un alpage
vraiment important, son salaire mensuel
atteignant tout juste 1250 francs pour 50
génisses. «On a de plus en
plus de problèmes à en recruter
et on ne sait pas trop comment faire pour
déclencher de nouvelles vocations»,
indique Daniel Blanc, directeur de la Chambre
d’agriculture.
En tant que secrétaire
de l’Economie alpestre, il voit l’avenir
de la profession passer par les regroupements
volontaires d’alpages. «Un berger
pour cent têtes, ça deviendrait
plus intéressant. Il faudrait alors
adapter les chalets qui ne sont pas conçus
pour autant de bêtes. Mais le sujet
n’est pas d’actualité,
car les paysans sont très individualistes,
ce qu’il faut respecter.»
Et rendre les salaires plus attractifs?
«On veut bien, mais cela se répercuterait
sur le produit final, déjà
trop élevé», répond
Daniel Blanc. Le coût de revient pour
l’élevage d’une génisse
se situe entre 2000 et 2500 francs. Pour
quatre mois à l’alpage, son
coût varie de 170 à 220 francs,
ce qui comprend l’affouragement et
le salaire du garde-génisses.
Restent aux agriculteurs deux solutions
plus économiques. Gérer l’alpage
depuis la plaine, comme le fait par exemple
René Codourey depuis cinq ans, dans
la vallée du Motélon: «Je
fais la navette deux fois par semaine. Avec
la stabulation, le bétail est tout
aussi bien.»
Ou troquer son alpage contre bons soins
à des amateurs de vacances au grand
air que le travail ne rebute pas. C’est
le cas d’André Zamofing, enseignant
au CO de La Tour-de-Trême, redescendu
hier du chalet de la Chia, où il
s’est occupé en famille durant
deux semaines de 35 génisses. «C’est
une bouffée d’oxygène,
témoigne le Pâquiésan.
On est des privilégiés de
pouvoir se donner ce temps de ressourcement
qui fait vraiment du bien. L’occasion
de renouer les liens familiaux et de renouer
aussi avec la nature. On se laisse parfois
submerger par le stress. Quand on ne s’arrête
pas, on s’essouffle. Là, c’est
reparti pour une année!»
Petit-fils d’agriculteur, André
Zamofing a passé tous ses étés
à la ferme, chez son grand-père,
au Mouret. La vie d’alpage, ça
le connaît aussi, puisque, avant de
dépanner Michel Gremaud à
La Chia, il a vécu cinq étés
à la Gîte, au-dessus du Cousimbert,
aidant un de ses cousins à la fabrication
du vacherin et à l’entretien
du pâturage. Il est ainsi capable
de détecter la maladie du chamois
ou d’injecter une dose de pénicilline
à celle qui souffrirait d’un
panaris.
Précieux
natel
Et pour les vacanciers qui s’essaient
à la garde du bétail sans
grande expérience préalable,
le natel est une aide précieuse.
Ainsi Jean-Marc Both a-t-il pu être
rapidement avisé que l’une
de ses bêtes souffrait des yeux, lundi
dernier sur l’alpage de La Brâ.
La maladie du chamois diagnostiquée,
il a pu soigner l’animal en conséquence,
lui évitant ainsi de perdre la vue.
Claire-Lyse Pasquier
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