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Un horloger
vietnamien bardé de diplômes
Dao Van Du possède sept diplômes
dans l'horlogerie, glanés pour la
plupart dans ce haut lieu des mécaniques
de précision qu'est la Suisse. Rencontre
avec un homme passionné qui a préféré
rester travailler au Vietnam en dépit
d'offres juteuses à l'étranger.
M. Dao Van Du connaît bien la Suisse,
ce haut lieu de l'horlogerie mondiale. Deux
fois, en 1980 et 1991, il a été
en formation au centre international Wostef,
ensuite dans des maisons aussi prestigieuses
que Rado, Omega ou Longiness. Bien qu'il
ne s'en vante pas, il est sans conteste
le Vietnamien le plus diplômé
dans son domaine. "M. Du a prouvé
qu'il est un expert des montres Rado",
mentionne le diplôme octroyé
par cette société. Ces diplômes
ou certificats reçus en Europe lui
ouvrent toutes les portes. Malgré
des postes alléchants à l'étranger,
M. Du a préféré rester
au Vietnam. Son rêve : ouvrir un centre
de formation à l'horlogerie pour
les jeunes handicapés.
Ces dernières années, l'explosion
des portables a porté un sérieux
coup au métier d'horloger. Auparavant,
M. Du pouvait gagner 150.000 dôngs
chaque jour. Maintenant, ses clients quotidiens
se comptent sur les doigts d'une main. "Les
frais pour réparer une montre équivalent
au prix d'une neuve bas de gamme. Plus besoin
de passer par moi, on préfère
la jeter dans la poubelle !", déplore
M. Du, qui reste malgré tout fidèle
à son métier en dépit
de la crise. "C'est ma carrière,
c'est ma vie". Persuadé que
son métier s'en sortira face à
l'électronique et au numérique,
il a transmis sa passion et ses connaissances
à ses enfants.
Concepteur de minuteries
pendant la guerre
M. Du a hérité de ce métier
de son père, horloger à Hanoi.
À 14 ans, il pouvait déjà
réparer ses premières pendules.
"En 1960, quand la première
co-entreprise d'horlogerie a été
fondée au Vietnam, j'étais
un des plus jeunes ouvriers. À 24
ans, je suis devenu chef du bureau chargé
des affaires techniques", explique-t-il.
Jusqu'en 1975, il participa à la
formation de centaines de personnes.
À Hanoi, les rues Hàng Ngang
et Hàng Dào, dans l'ancien
quartier, sont appelées "les
rues des montres". M. Du se souvient
avec nostalgie des premières horloges
publiques installées dans les marchés
de la capitale et dont il était chargé
d'assurer le bon fonctionnement.
De 1967 à 1972, M. Du a participé
à la guerre anti-américaine.
À sa manière. "Mon rôle
était de mettre au point des minuteries
pour bombes", explique-t-il. En 1968,
il a contribué à la victoire
de Mâu Thân, grâce à
quoi il s'est vu décerner l'Ordre
militaire de cette campagne... bien qu'il
n'ait jamais participé directement
aux combats.
Quelles sont les qualités d'un bon
horloger ? Selon M. Du, "il doit être
intelligent, créatif, patient, bien
formé et, plus important, passionné
par son métier". Il estime à
dix années le temps nécessaire
pour faire un bon artisan. Pendant ses 50
ans de métier, M. Du n'a jamais jeté
l'éponge devant une montre ou une
pendule. "Toutes les pannes ont une
cause. Mon travail c'est de la trouver.
Le seul problème, c'est le temps".
Avec toute une vie consacrée à
l'horlogerie, M. Du mérite vraiment
son surnom de "gardien du temps".
Hoang Lan/CVN ( 17/06/05 )
Fiche métier
de l' Horloger
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