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Des champs de fines herbes prospèrent
à Tho Giao
Loin des commodités des immeubles
de grand standing, loin du vacarme de la
vie urbaine, le vert des champs de fines
herbes de Tho Giao s'étend à
perte de vue. Ce village est le plus important
fournisseur de plantes aromatiques pour
la capitale.
À une vingtaine de kilomètres
au sud de Hanoi, après une demi-heure
de route, nous arrivons au village de
fines herbes de Tho Giao (appelé
aussi Là). Ici, nous sommes sur
la commune de Tân Minh au district
de Thuong Tin (dans la province de Hà
Tây), au bord de la rivière
Nhuê. La moto roule régulièrement
et sans difficulté sur de larges
chemins bétonnés qui mènent
aux champs. Le soleil de cet après-midi
d'automne darde ses rayons sur les agriculteurs
accaparés par le soin ou la cueillette
des légumes. Leurs chapeaux blancs
tranchent, de loin, avec le vert des
fines herbes. Le travail bat son plein. |
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Au début des années 90, comme
bien d'autres régions en banlieue
de Hanoi, le village de Lang (tout près
de l'arrondissement de Dông Da), réputé
pour ses fines herbes, s'est brusquement
urbanisé. Les champs ont peu à
peu cédé leur place aux parkings,
aux restaurants ou aux maisons à
l'architecture moderne. À l'époque,
les gastronomes hanoiens s'inquiétaient
de cette métamorphose. La cuisine
hanoienne fait, en effet, la part belle
aux plantes aromatiques et aux condiments.
Leur pire cauchemar, celui d'une cuisine
insipide et sans arôme, semblait se
matérialiser. Heureusement, le village
Tho Giao à Tân Minh a profité
de l'occasion pour prendre le relais. Les
gourmets hanoiens ont retrouvé leur
appétit, en même temps que
la promesse de futurs repas embaumant les
fines herbes.
Un métier
traditionnel
| "Les
villageois et même nous, ne savons
pas exactement depuis quand l'horticulture
existe ici, raconte Nguyên Huu
Giang, un agriculteur de 65 ans. Une
chose est sûre c'est que nos grands-parents
déjà cultivaient des légumes.
Ce sont eux qui nous ont transmis le
savoir-faire", poursuit le vieil
homme dont les mains calleuses révèlent
le travail quotidien aux champs. Avant,
les légumes cultivés ici
subvenaient à peine aux besoins
des villageois et des habitants de la
commune. Et puis, d'après cet
homme qui a passé plus de quarante
ans à planter des légumes,
le métier a changé la
vie des villageois vers la fin des années
90. Les horticulteurs ont commencé
à remplacer peu à peu
les légumes par des fines herbes.
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La disparition du village
de plantes aromatiques de Lang a fait le
reste. Tho Giao est devenu naturellement
le plus important fournisseur de fines herbes
pour la capitale. Le métier s'est
tellement développé qu'il
a rendu les habitants prospères.
Selon M. Giang, chaque foyer cultive au
moins de 3 à 4 sào (un sào
équivaut à 360 m²) pour
une recette mensuelle d'environ 1,5 millions
de dôngs. Les 1.650 foyers des cinq
hameaux de la commune se sont tous lancés
dans la culture des fines herbes. Ce métier
lucratif a complètement modifié
la physionomie de la commune.
Dans la région, les maisons de style
moderne se multiplient, masquées
par la muraille de bambous verts qui longe
la rivière Nhuê, les chemins
bétonnés s'allongent jusqu'aux
champs du village. "Presque tous les
foyers possèdent une moto et des
toilettes modernes. Tout cela grâce
à la culture de fines herbes",
affirme Mme Nguyên Thi Du, la femme
de l'agriculteur Giang.
Un métier
plus rentable mais pas moins pénible
Néanmoins, selon ce couple d'horticulteurs,
la culture des fines herbes, si elle est
lucrative, est aussi pénible. "Nous
travaillons plus d'une dizaine d'heures
par jour, parfois 15 ou 16 heures.
Nous prenons en charge toutes les étapes
de la production, depuis la culture jusqu'à
la commercialisation", précise
Mme Du. Le métier est très
exigeant. Il faut adapter l'arrosage au
climat, monter des treillages, cueillir
les légumes et les vendre. "Mais
c'est la dernière étape la
plus difficile", explique-t-elle. La
vente en gros commence vers minuit pour
se finir vers 3 ou 4 h du matin. Après
le marché, les agriculteurs retournent
aux champs pour s'occuper de leurs légumes
le matin et les cueillir l'après-midi.
Avant de repartir vendre en pleine nuit.
Aucun temps mort.
Un mouvement perpétuel qui tient
lieu de rythme de vie. Comme une montre
qui ne s'arrêterait jamais.
Pour l'heure, à cause de la pollution
des eaux de la rivière Nhuê,
les agriculteurs locaux ont du mal à
arroser les légumes. Des puits ont
donc été forés afin
d'alimenter tous les champs. Améliorer
le système hydraulique est devenu
une nécessité. Les horticulteurs
locaux espèrent également
bénéficier
encore plus des progrès scientifiques
appliqués dans la culture et l'écoulement
des produits, pour que leurs légumes
soient aussi consommés à l'étranger.
"Cela se fera dans un avenir pas si
lointain", prédit le couple
d'agriculteurs qui continue de ficeler ses
bottes de légumes. Les rayons de
soleil de cette fin d'après-midi
d'automne caressent leurs visages. Le bonheur
est dans le champs.
Thu Trang ( 24/09/04 )
Fiche métier
de l' Horticulteur
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