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L'art du modelage
des to he en danger
En 2005, à l'occasion du 10e anniversaire
de la normalisation des relations bilatérales
vietnamo-américaines, l'art du modelage
des to he (figurines en pâte de riz
colorée) a été présenté
aux États-Unis. À l'époque,
Nguyên Van Thuân, un artisan
du village de Xuân La, province de
Hà Tây (Nord), avait eu l'honneur
de promouvoir cette originalité culturelle
du pays.
| Lors de
ses représentations aux États-Unis,
le talent, l'habileté, la créativité
et l'imagination de Nguyên Van
Thuân étaient chaleureusement
applaudis par les Américains.
Capable de modeler le Père Noël
et ses rennes en quelques gestes, il
avait été qualifié
d'illusionniste. Fascinés par
les oeuvres de M. Thuân, quelques
visiteurs avaient même décidé
d'apprendre les techniques de cet art,
sans toutefois réussir à
imiter les mouvements rapides et précis
de l'artiste. |
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En septembre 2005, les figurines de Nguyên
Van Thuân ont fait leur 2e voyage
à l'étranger dans le cadre
de la foire internationale Expo-Aichi au
Japon. "Des visiteurs étrangers
m'avaient demandé de modeler des
Pokémons, c'était la première
fois que je voyais ce personnage de bande
dessinée japonaise. Dès que
je finissais une œuvre, tout le monde
était impressionné, car elle
était à chaque fois identique
au modèle donné", se
souvient Nguyên Van Thuân. Et
c'est ainsi que ces produits artisanaux
traditionnels du pays ont réussi
à conquérir le pays du Soleil-Levant.
Avec de la pâte de riz colorée,
l'artisan Nguyên Van Thuân a
réussi à créer un monde
de figurines (fleurs, animaux, personnages
historiques…). "Le modelage des
+to he+ ne répond à aucune
règle précise, il s'agit simplement
de reproduire la vie", explique-t-il.
Et d'ajouter que cet art se transmet depuis
9 générations dans le village
de Xuân La. Dès l'âge
de 7-8 ans, les enfants se familiarisent
avec ce métier traditionnel, qui
leur permettra de vivre tout en voyageant.
Bien que les artistes n'aient aucune intention
de cacher les secrets de ce métier,
le modelage des figurines restera une fierté
pour le village de Xuân La comme le
souligne le président de l'Association
des arts folkloriques, le professeur Tô
Ngoc Thanh : "Il faut, dès son
plus jeune âge, manger du riz et boire
de l'eau de ce village pour fabriquer ces
figurines si spectaculaires".
Nécessité
de préserver un métier traditionnel
"Autrefois, mon village était
très pauvre. Lors de la fête
de la Mi-automne, les parents ne pouvaient
pas, faute d'argent, offrir des cadeaux
à leurs enfants. Nos ancêtres
ont alors pris l'initiative de modeler des
animaux en argile, de les cuire et de les
colorer pour amuser les enfants", raconte
Dang Van Tô, un artisan du village.
De temps en temps, l'argile était
remplacée par de la pâte de
riz cuite et les enfants pouvaient même
déguster leurs jouets !
Aujourd'hui, bon nombre de foyers du village
de Xuân La vivent de cet art séculaire.
Avec une bicyclette et un maigre bagage,
les artisans parcourent le pays pour vendre
leurs figurines et faire partager leur talent.
Même si le travail est pénible,
la vie sur la route difficile et le revenu
modeste, tous ces artisans sont attachés
à leur métier. Aujourd'hui,
avec l'arrivée massive de jouets
étrangers, les figurines simples
du village de Xuân La perdent peu
à peu leur place dans le cœur
des enfants. "Les jeunes préservent
toujours cet art. En même temps, les
autorités locales les encouragent
à apprendre un autre métier,
plus rémunérateur, dans l'optique
d'améliorer la vie des villageois
et de changer la physionomie du village",
raconte Nguyên Van Viêt, chef
du village.
Chaque jour, Nguyên Van Thuân
se rend dans des parcs pour modeler des
figurines et faire profiter les visiteurs
de ses talents. Même s'il fait toujours
l'admiration des touristes et des passants,
M. Thuân, au même titre que
les autres artisans de Xuân La, se
demande combien de temps encore ses figurines
pourront résister à la concurrence
des jouets en plastique made in China.
Vân Anh/CVN (11/05/2008) .
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