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Le village de Hoi (province de Thai Binh)
est connu pour le tissage de ses nattes
depuis un millénaire. Les nattes
de jonc de marque Hoi ont acquis une solide
réputation, dans le pays et même
à l'étranger.
"Ai
chiêu dêêê...
!".... "Ai chiêu dêêê...
!".... "Ai chiêu dêêê...
! (qui veut des nattes !), c'est par
cette ritournelle que la vendeuse (ou
plus rarement le vendeur) de nattes
se fait connaître. Sur sa vielle
bicyclette sont arrimées des
dizaines de nattes soigneusement pliées
qui sentent bon le foin sec.
Les vendeuses poussent leurs deux-roues
rouillés du matin au soir, parcourant
le dédale des ruelles à
la recherche de clients, s'arrêtant
à la mi-journée pour une
sieste dans un coin frais.
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On ne sait pas à
quel moment sont apparues les nattes de
jonc au Vietnam, mais elles constituent
depuis très longtemps un élément
indispensable à la vie quotidienne
des Vietnamiens. Elles servent aussi bien
à dormir à même le sol
ou sur le lit de bois, qu'à s'isoler
du sol pour les repas assis en tailleur.
Elles sont aussi indispensables aux masseurs
ambulants, notamment sur les plages, et
sur les scènes de théâtre
lors des représentations de "chèo"...
Tous les Vietnamiens dorment sur des nattes,
de leur naissance et jusqu'à leur
dernier souffle. Savez-vous qu'il existe
un village spécialisé dans
les nattes depuis 10 siècles ? C'est
le village de Hai Triêu, anciennement
village de Hoi, situé dans la province
de Thai Binh (à 120 km au sud de
Hanoi).
Le tissage des nattes est apparu à
Hoi au Xe - XIe siècle et il s'est
développé fortement vers le
XVe siècle. Selon les historiens,
le développement de ce métier
est dû à un dénommé
Pham Dôn Lê.
Cet habitant de Hoi est né en 1457,
à une époque où le
tissage des nattes existait dans son village
depuis fort longtemps. Mais les techniques
étaient plutôt rudimentaires
et les produits n'étaient pas de
bonne qualité. Pham Dôn Lê,
un fils du village, eu la chance de devenir
ambassadeur en Chine. Un jour, en traversant
la région de Guilin (province du
Guangxi), il s'émerveilla devant
la beauté des nattes locales et pria
les locaux de lui livrer leurs secrets de
fabrication. Pham Dôn Lê, de
retour à Hoi, les dévoila
aux habitants de son village. Cet homme
est aujourd'hui considéré
comme le patron des nattiers de Hoi. Après
sa mort, les villageois lui construisirent
un temple. Tous les ans, Hoi organise une
fête en son honneur, le 6e jour du
premier mois lunaire où les villageois
participent à des concours de tissage
de nattes.
"Manger du
riz tam sur une natte de Hoi"
| Ce proverbe
parle du bonheur de l'homme dans sa
vie quotidienne. Si l'on a une fois
l'occasion de manger du riz tam (riz
parfumé) cuisiné dans
une casserole en cuivre et avec de l'anabas
(poisson amphibie) cuit dans la saumure
et, pour clore le tout, de digérer
allongé sur une natte de Hoi,
alors on se sentira le plus heureux
du monde ! |
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Les nattes de Hoi se déclinent en
différents modèles. Pour les
nattes spéciales, il faut les commander
aux fabricants. C'est le cas des nattes
de jonc très épaisses, fraîches
en été et chaudes en hiver,
qui peuvent peser 10 kg. Il y a aussi des
nattes avec des motifs de fleurs et de dragons.
Ce type de natte était offert autrefois
aux rois. Elle existe encore de nos jours
mais se vend à un prix élevé,
environ 180.000 dôngs la pièce
(10 euros) soit trois fois plus qu'une natte
normale. Le tissage d'une natte spéciale
prend du temps. Deux artisans doivent travailler
toute une semaine à temps plein.
Autrefois, les villageois de Hoi tissaient
aussi des nattes gon (en souchet) belles
et durables.
Dans la littérature vietnamienne,
il existe la célèbre légende
de la rencontre romantique, au bord du lac
de l'Ouest, entre le grand poète
Nguyên Trai et la vendeuse de nattes
gon Nguyên Thi Lô, qui deviendra
plus tard sa femme. Mais plus personne à
Hoi ne se rappelle de la forme et de
l'apparence des nattes gon.
"Natte de Hoi", un label apprécié
Le village de Hoi s'appelle désormais
Hai Triêu. Il a besoin, chaque année,
de 8.000 tonnes de jonc et de centaines
de tonnes de jute. Mais actuellement les
localités limitrophes ne plantent
pas le jute, c'est pourquoi les matières
premières doivent être importées
du Sud, sauf le jonc qui est cultivé
à proximité du village.
Fort de son expérience d'un millénaire
et d'une situation géographique (à
la confluence du fleuve Rouge et de la Luôc)
favorable aux communications routières
et fluviales, le tissage des nattes Hoi
se développe bien. Le label "natte
de Hoi" occupe une place de choix sur
les marchés. D'autre part, la politique
d'ouverture du gouvernement ces dernières
années a donné un nouveau
souffle à ce métier traditionnel.
Les villageois ont pu acquérir des
technologies modernes et créer plusieurs
nouveaux produits qui répondent bien
aux goûts des consommateurs actuels,
tels que les nattes en plastique ou les
nattes bordées de tissu. La natte
de Hoi est présente non seulement
dans l'ensemble du pays mais elle a aussi
franchi les frontières du Vietnam
et se vend à l'étranger.
Grâce au développement du métier,
la vie des villageois de Hoi s'est améliorée.
La plupart des familles sont capables de
joindre les deux bouts sans problème.
À Hanoi, dans le vieux quartier d'Hoàn
Kiêm, la rue Hàng Chiêu
(la bien nommée "rues des nattes")
vend beaucoup de nattes de Hoi. À
Hô Chi Minh-Ville, les produits de
Hoi se trouvent dans tous les marchés
de la ville.
Giang Ngân ( 27/02/04 )
Information sur
le Producteur
de nattes en jonc
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