|
Nguyên
Quang Kiêt, un des derniers artisans
patriarches
"L'après-midi, quand le chef
étranger revient à son pays,
sa troisième femme reste avec son
interprète
qui n'a qu'un salaire de 10 dôngs.
Si elle se mariait avec un orfèvre,
elle aurait plein de bracelets d'or à
la main."
On entend la voix d'un septuagénaire
rythmée par des mélodies
de guitare hawaïenne. Dans sa maison
au 205/4 rue Trân Van Dang, à
Hô Chi Minh-Ville ((Sud), l'artisan
Nguyên Quang Kiêt (photo
ci-contre) laisse s'envoler son âme
dans les mélodies d'une chanson
populaire méridionale. Ses mains
glissent sur les cordes, habiles comme
lorsqu'elles cisèlent des bijoux
originaux. "Il semble que
ce métier m'a choisi. Quand j'étais
petit, j'aimais bien aller dans les
pagodes pour admirer les statues et
essayais de les modeler en glaise. En
outre, je dessinais sur le mur des ornements
que j'avais vu sur les bijoux",
raconte l'artisan, se souvenant de son
enfance. Passionné par les statues
de Bouddha et les ornements de bijoux,
le jeune Nguyên Quang Kiêt
s'est engagé dans un cours d'apprentissage
en orfèvrerie dès l'âge
de 15 ans. |
 |
À cette époque-là,
les orfèvres étaient la chasse
gardée des bijouteries. Comme ce
métier exige habileté et ingéniosité,
peu de gens réussissent à
le suivre. Grâce à ces qualités
ajoutées à son talent en architecture
et en peinture, le jeune orfèvre
Kiêt est bien apprécié.
Des objets d'or en forme de dragon, de phénix,
de tortue et de licorne..., jusqu'aux statues
de Bouddha, des génies du bonheur,
de la prospérité et de la
longévité, M. Kiêt ne
peut compter tout ce qu'il a fabriqué
durant sa vie professionnelle...
"Maintenant, les bijoux faits à
la main sont remplacés de temps en
temps par ceux produits à la machine",
se plaint-il en regardant son ensemble d'une
quarantaine de ciselets, avec un peu de
regret et de tristesse. Face à la
disgrâce de la bijouterie artisanale,
les orfèvres doivent changer de spécialité.
Ce vieil artisan n'est pas une exception.
Au lieu de créer des bijoux d'ornements,
il doit se contenter de ciseler des tableaux
de paysage ou d'habitants vietnamiens, comme
la pagode au pilier unique, la statue du
général Trân Hung Dao,
l'enfant gardien de buffles, les eaux du
delta du Mékong...
À l'heure actuelle, Nguyên
Quang Kiêt instruit quelques dizaines
d'élèves. Il leur conseille
toujours de ne pas courir après les
technologies modernes pour préserver
l'art raffiné de ce métier
artisanal traditionnel. Un de ses anciens
élèves, Nguyên Dang,
travaillant à la Compagnie de bijouterie
et de pierres précieuses de Phu Nhuân,
a reconnu que "malgré la machine
et les technologies modernes, l'habileté
et l'ingéniosité des artisans
sont irremplaçables dans la fabrication
des bijoux. C'est le maître Kiêt,
avec sa passion et ses expériences,
qui nous a aidés à valoriser
ce métier".
Lê Hanh/CVN ( 24/09/06 )
Fiche métier
de l' Orfèvre
Emailleur
|