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Papeterie : Qui
sauvera le savoir-faire ancestral de la
lignée Lai ?
Il y a 300 ans, la famille des Lai, qui
vivait à Hanoi, fabriquait le papier
destiné aux rescrits royaux. Mais,
ce métier est progressivement tombé
en désuétude. Reste le vieil
artiste Lai Phu Bàn qui rêve
de le voir renaître un jour.
| Depuis le
XIe siècle, le papier vietnamien,
appelé Linh Nam, est qualifié
de produit précieux. Il a été
offert plusieurs fois, comme cadeau
royal, à des ambassadeurs de
la dynastie des Song de Chine. Ainsi,
le métier artisanal de papetier
est vieux d'un millénaire. Pourtant,
la fabrication de papier spécial
pour les rescrits royaux ne date que
de 300 ans. Cet honneur appartenait
à la famille des Lai, qui vivait
dans le quartier de Nghia Dô,
situé actuellement dans l'arrondissement
de Câu Giây à Hanoi. |
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La beauté du papier des Lai se remarque
d'emblée. Une face est décorée
avec l'image du dragon et l'autre avec des
animaux sacrés comme la licorne,
la tortue ou le phénix. Ces dessins
sont lumineux car de l'or et de l'argent
en poudre ont servi de gouache. De bonne
qualité, souple et résistant
à l'humidité, ce papier peut
se conserver durant 200 à 300 ans.
La production de papier des Lai est compliquée
et demande beaucoup d'efforts. Comme pour
d'autres sortes de papiers, la matière
première utilisée est la plante
dó. Elle pousse le long de la rivière
Thao, qui va de la province de Yên
Bai à celle de Phu Tho au nord du
pays. L'écorce de la plante dó
est tout d'abord immergée dans l'eau
froide, puis dans l'eau de chaux. Elle est
ensuite cuite à vapeur; la partie
intérieure blanche est alors détachée
de l'écorce. Puis, elle est égrugée.
La poudre ainsi obtenue est finalement mélangée
avec de l'alun dans un bassin, ce qui donne
la pâte à papier.
Cette pâte est étalée
sur une forme pour en faire une feuille
de papier. Ce procédé demande
une coordination entre trois ouvriers. Mince
ou épais, le produit fini compte
trois ou cinq feuilles. La solidité
du papier résulte du fait que les
ouvriers le frappent de toutes leurs forces.
Le papier est recouvert de gomme faite avec
de la peau de buffle, pour le protéger
des termites. Après avoir été
coloré en jaune, il est ensuite décoré
avec des dessins d'animaux sacrés.
Les espoirs d'un
vieux papetier
Selon Lai
Phu Bàn, dernier descendant de
cette famille d'artistes, 1925, année
du 40e anniversaire du roi Khai Dinh,
a été la plus prospère
pour sa famille. Des dizaines de milliers
de papiers ont été fabriqués
en un temps très court, pour
que le roi adresse des rescrits de récompense
à ses mandarins, une coutume
du régime féodal. Tous
les membres de la famille Lai étaient
ainsi mobilisés.
Mais, au fil du temps, le métier
a disparu. Les vieux artistes talentueux
sont décédés, l'un
après l'autre, sans trouver de
successeurs. |
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"J'ai sept enfants, mais aucun d'eux
ne veut exercer ce métier ancestral",
confie tristement le vieillard. Il se dit
néanmoins indisponible à transmettre
ses secrets professionnels à des
étrangers, qui souhaitaient investir
pour faire revivre le métier. "Des
organisations japonaises s'intéressent
beaucoup à notre méthode de
fabrication traditionnelle, souligne-t-il.
Leurs experts ont convenu que la qualité
de notre papier est supérieure à
celle de certains produits traditionnels
japonais. Mais j'ai refusé leur proposition".
Au fond de lui, Lai Phu Bàn espère
que l'Etat vietnamien interviendra pour
préserver ce savoir-faire. "Et
un jour, les satisfecit accordés
par l'Etat, les manuscrits dans les temples
et les pagodes seraient écrits sur
le papier spécial de notre famille...",
rêve le vieux papetier.
Linh Huong/CVN ( 30/05/04 )
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