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La campagne de pêche aux thons dure
encore quelques mois, mais les provinces
du balcon littoral du Vietnam ont connu
une bonne marée de poissons de haute
mer, avec 5.000 tonnes à Phu Yên,
3.000 tonnes à Binh Dinh, 2.000 tonnes
à Khanh Hoà...
| Les
villages de pêche des provinces
de Binh Dinh, Phu Yên, Khanh Hoà...,
situées entre les latitudes 12-15,
épousent la courbe en S du relief
du Vietnam et sont donc en avancée
sur l'océan. Ici, les grands
fonds se trouvent seulement à
une dizaine de milles marins et, depuis
quelques années, la pêche
pélagique se développe
avec un produit très spécifique
: le thon. À la fin de 1995,
tout le chef-lieu de Tuy Hoà,
province de Phu Yên, totalisait
188 bateaux de pêche hauturière,
d'une puissance globale de 6.762 CV,
capables de prendre chaque année
plus de 4.000 tonnes de produits de
mer, essentiellement des exocets et
des requins lors d'expéditions
à des centaines de milles marins.
C'était avant l'expansion de
la pêche au thon. |
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Avec le programme de pêche pélagique,
les activités ont bien décollé
avec l'appui du ministère des Produits
aquatiques. Les pêcheurs ont obtenu
des prêts bancaires pour construire
des bateaux de pêche hauturière
et acheter des équipements. Le groupe
de zones industrielles de produits aquatiques
de Binh Tân, à Nha Trang (province
de Khanh Hoà), les ports de Khanh
Hoà et Quy Nhon... étaient
en effervescence. En 1996, Tuy Hoà
comptait déjà 87 bateaux de
pêche pélagique, d'une puissance
unitaire de 45-75 CV, dûment équipés.
Maintenant, le chef-lieu totalise plus de
300 bateaux de pêche hauturière
et devient le centre de cette pêche
au Vietnam.
Selon Vo Châu, directeur du service
des produits aquatiques de Phu Yên,
la province a investi en 1996 plus de 1,8
milliard de dôngs pour installer un
port de pêche avec un embarcadère
de 180 m. En coopération avec leurs
confrères d'autres provinces et un
groupe de Vietnamiens d'outre-mer, les commerçants
de Phu Yên ont créé
six points de collecte des produits hauturiers.
Envol du nouveau métier
Suivant l'exemple
de Phu Yên, les pêcheurs de
Dà Nang à Binh Thuân
se sont équipés pour pouvoir
faire de longues expéditions en haute
mer : gros fils de nylon, hameçons
(des dizaines de lignes par bateau, avec
250 hameçons par ligne de 250 m valant
25 millions de dôngs), avec engins
nécessaires... Et le port de Quy
Nhon s'est équipé d'une usine
de traitement de poissons pour devenir le
premier exportateur de thons. Les thons
attrapent par prédilection les exocets
qui servent donc d'appâts pour cette
pêche. Mais quand les exocets font
défaut, les pêcheurs utilisent
comme substitution des calmars. Grâce
à cette innovation, les pêcheurs
peuvent pratiquer la pêche au thon
de janvier à septembre, avec des
cargaisons chargées de prises, dont
certaines font 300-400 kilos. Aux dires
des chercheurs, il existe au large du Vietnam
deux courants maritimes : un froid et un
chaud, dans le sens Sud-Ouest/Nord-Est et
vice-versa. Cette année, les courants
se sont rapprochés des côtes
et les pêcheries englobent donc toute
la mer du Sud-Est.
Les pêcheurs de Phu Yên multiplient
et prolongent leurs expéditions tandis
que ceux de Kiên Giang, au Sud du
pays, envoient aussi leur flottille. Ces
derniers temps, les pêcheurs ont pêché
plus de 5.000 tonnes de thons à Phu
Yên, 3.000 tonnes à Binh Dinh,
2.000 tonnes à Khanh Hoà...
Au séminaire en l'honneur du métier
des pêcheurs, cette année,
Nguyên Viêt Thang, vice-ministre
des Produits aquatiques, a confirmé
le fer de lance des provinces du Centre,
qu'est la pêche au thon. Le ministère
a élaboré un plan d'investissements
simultanés, avec la création
de navires-mères pour la logistique,
les achats et le traitement des thons.
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