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Duong Xuân Uong
pratique depuis toujours la médecine
traditionnelle. À le voir, il est
difficile d'imaginer qu'il a pu guérir
des cas "incurables" pour la médecine
occidentale.
Le Vietnam a su se tailler un renom
international dans la médecine
orientale, surtout dans l'acupuncture,
dont l'illustre professeur Nguyên
Tài Thu est un des représentants
les plus connus. Mais il existe, partout
dans le pays, des praticiens plus humbles,
au talent insoupçonné.
La destinée m'a heureusement
permis de tomber entre les mains d'un
de ces humbles praticiens.
Vers la fin de l'année 2003,
j'ai été terrassé
par une subite attaque cardiaque, suivie
d'une hémorragie crânienne
à multiples foyers. Après
deux semaines de soins, les bons médecins
de l'hôpital Viêt-Xô
m'ont remis sur pied. Mais des séquelles
persistaient, en particulier une déformation
de mon visage suite à la paralysie
du nerf no7. Mon voisin de chambre d'hôpital
m'a parlé de son habituel praticien
qui avait souvent traité de pareils
cas dans son entourage. C'est ainsi
que je suis arrivé entre les
mains expertes du praticien hanoien
Duong Xuân Uong qui a réveillé
le nerf déficient après
une dizaine de séances d'acupuncture,
à raison d'une heure par séance. |
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Un praticien talentueux
et consciencieux
Dans une étroite pièce de
dix mètres carrés de l'ancienne
cité résidentielle de l'hôpital
de médecine traditionnelle de Hanoi,
le praticien a adroitement planté
ses aiguilles sur ma tête, sans avoir
recours ni aux lunettes ni à l'éclairage
électrique, malgré son grand
âge et la pénombre des fins
d'après-midi d'hiver. Le vieux praticien,
grâce à son allure svelte et
la vivacité de ses mouvements, paraît
beaucoup plus jeune que son âge :
73 ans.
Le jeune Duong Xuân Uong est né
dans la ville de Lang Khê, commune
de Tân Lang, district de Luong Tài,
actuelle province de Bac Ninh, à
50 km au nord-est de Hanoi. En 1957, âgé
de 23 ans, il est entré à
l'hôpital du district, en qualité
de praticien, afin de perpétuer le
métier de son père. Puis,
en 1975, il a été admis à
Hanoi à l'hôpital de médecine
traditionnelle du Vietnam, où il
a dispensé son grand savoir jusqu'à
la retraite. Maintenant, le praticien retraité
s'occupe, avec ses deux auxiliaires, dont
son fils cadet Duong Duc Mên, d'une
échoppe de médecine traditionnelle,
relevant de la Compagnie générale
des produits pharmaceutiques (Vifarm). Là,
au no138b rue Giang Vo, le vieil homme palpe,
ausculte, donne tous les matins ses médications
et plante avec dextérité ses
merveilleuses aiguilles dans le corps de
ses malades. À midi, il rentre chez
lui, au cœur de Hanoi, pour continuer
de soigner d'autres malades, souvent des
clients de longue date. Dans l'étroite
pièce, j'ai croisé des policiers
gradés, des officiers de l'Armée,
de hauts fonctionnaires, de simples hommes
de la rue, etc., qui viennent parfois seulement
acheter des médications (herbes médicinales).
Des recettes magiques
de père en fils
L'acupuncture, Duong Xuân Uong l'a
apprise lui-même et l'a perfectionnée
au cours de sa pratique à l'Institut
de la médecine traditionnelle du
Vietnam, à tel point qu'il a guéri
des cas dits " incurables ". Son
père lui a transmis huit recettes
" secrètes " familiales,
d'une valeur inestimable. Grosso modo, celles-ci
peuvent traiter le coeur et le pancréas,
la fertilité et la virilité
masculines, réconforter les vieilles
personnes, rendre fertiles les femmes stériles,
traiter les maladies de l'appareil digestif,
désintoxiquer et guérir les
abcès et les inflammations, traiter
la toux, les problèmes pulmonaires
et de l'appareil respiratoire et, enfin,
relever les personnes frappées d'asthénie.
Bien sûr, en qualité de praticien,
Duong Xuân Uong traite toutes les
maladies de la vie, en dehors de ces fameuses
recettes familiales.
Un nostalgique
de sa terre natale
| Malgré
son logis permanent et ses occupations
à Hanoi, Duong Xuân Uong
rentre chaque week-end dans sa région
natale, au pied de la montagne Thiên
Thai, aux confins de la province de
Bac Ninh. Un retour aux sources qu'il
effectue à vélomoteur,
à travers de célèbres
localités de la culture nationale
: la pagode Dâu (la première
du pays), celle de Keo, très
antique aussi, le village de Dai Bai
où oeuvrent depuis des lustres
des sculpteurs sur bronze, le village
de Hô célèbre pour
ses estampes populaires... |
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Sa maison à étage de quelque
60 m² est située à la
lisière de son village. Il est l'heureux
propriétaire de 2.000 m² de
terrain, occupé par un étang
piscicole et un verger. Sa vaste bâtisse
est en permanence occupée par sa
femme, qu'il a lui-même guérie,
l'année dernière, d'une attaque
cardiaque. Sur ses sept enfants, seuls deux
habitent au village et soignent leur mère
pendant la semaine. Ces retours réguliers
du vieux praticien ont plusieurs raisons
: traiter chez lui des malades des environs,
rapporter à Hanoi des provisions
de légumes pour la semaine prochaine
et revoir sa femme, ses enfants et neveux
(treize au total).
Souvent, il rentre à Hanoi avec sa
besace garnie d'une courge et d'une grosse
botte de sarmentosum (lolots), " bons
pour se garder des courbatures et des lombagos
". C'est plutôt un végétarien
convaincu...
Huu Tâm ( 13/02/04 )
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